Mickaël Idrac, tête de la liste « Perpignan, changez d’air ! » (LFI), affirme que la disposition de ses bulletins de vote ont induit des électeurs en erreur lors du premier tour des municipales 2026. Il accuse son adversaire socialiste, Agnès Langevine, d’un acte de « malveillance », ce que l’intéressée réfute fermement.
Résultats des élections municipales 2026
Le candidat désavoué Mickaël Idrac, qui menait à Perpignan la liste « Perpignan, changez d’air ! » (LFI), a annoncé mercredi 18 mars 2026 avoir déposé un recours au tribunal administratif de Montpellier remettant en cause les résultats du premier tour des municipales.
L’Insoumis déplore que les bulletins de vote de sa liste aient été présentés du mauvais côté en bureau de vote, ce qui aurait empêché certains électeurs de reconnaître sa liste, constituant selon lui une « grave irrégularité » de nature à « fausser la sincérité du scrutin ».
Dans les bureaux de vote de Perpignan, dimanche 15 mars 2026, le bulletin de vote de la liste de Mickaël Idrac a été présenté sur le verso. Y figuraient les mentions légalement attendues sur un bulletin de vote, tel que l’exige l’article R117-4 du code électoral : le nom de la liste, suivie du nom des candidats au conseil municipal, ainsi que ceux qui se présentaient pour le conseil communautaire.
Sur le recto du bulletin de vote, qui n’était donc pas visible, figurait la photo de Mickaël Idrac, son nom, le nom de sa liste ainsi que les partis qui le soutiennent.
Sur le recto du bulletin de vote Mickaël Idrac (en haut), sa photo, son nom et les partis qui le soutiennent. Sur le verso (en bas), le nom des candidats sur sa liste. • © Mickaël Idrac, « Perpignan, changez d’air ! » (LFI)
Cette présentation n’a pas plu au candidat Insoumis : « Certains électeurs ne lisent pas très bien, ils ont cherché ma photo ou le logo de la France Insoumise et ne l’ont pas trouvé, alors ils se sont rabattus sur d’autres listes que la mienne », raconte-t-il.
Le candidat affirme que « des dizaines » de personnes l’ont appelé après le scrutin pour témoigner de leur confusion au bureau de vote. « Il y a eu rupture d’égalité », assène-t-il.
Pour Mickaël Idrac, la présentation des bulletins de vote sur le verso ne relève pas du hasard. Il accuse la liste d’Agnès Langevine, candidate Place Publique investie par le PS, d’avoir exigé de la préfecture que les bulletins soient retournés. « C’est un acte de malveillance de la part de Mme Langevine, qui a multiplié les coups bas et les fake news et qui jusqu’au dernier jour a tenté de fausser les élections », lâche-t-il.
Contactée par France 3 Occitanie, Agnès Langevine confirme avoir « interrogé la commission électorale » à propos de la présentation des bulletins de vote, en amont du premier tour. Les bulletins du candidat LFI « n’étaient pas disposés de la même façon dans tous les bureaux », justifie-t-elle.
La préfecture lui a donné raison. « Les bulletins de vote ont été posés sur les tables de façon à faire apparaître les noms des candidats », détaille le préfet des Pyrénées-Orientales, Pierre Régnault de la Mothe. « Cela me paraît logique et de bon sens dans un scrutin démocratique qui se doit d’être clair et transparent. »
Agnès Langevine balaye du même coup les accusations de malveillance : « C’est du grand n’importe quoi », tacle-t-elle, « ça relève de la pathologie mentale. »
Il revient désormais au tribunal administratif, saisi par le candidat Insoumis, de se prononcer. Le dépôt d’une requête en « annulation de l’élection des conseillers municipaux dans la commune de Perpignan » a bien été enregistré, a indiqué le tribunal dans un document adressé à Mickaël Idrac dont l’AFP a pu consulter une copie.
La liste menée par Mickaël Idrac, représentant les partis LFI, Les Écologistes et Génération-s, n’a obtenu que 9,60 % des suffrages exprimés lors du premier tour des municipales, un score disqualifiant dans le cas d’un éventuel second tour. Mais ce dernier n’a de toute façon pas eu lieu : le maire sortant, Louis Aliot (RN), a été réélu dès le premier scrutin avec 50,61 % des voix, loin devant la candidate Place Publique, (15,94 %).
Selon Mickaël Idrac, la présentation de ses bulletins de vote sur le verso l’ont privé « de centaines de voix qui auraient pu empêcher Louis Aliot d’être réélu sans second tour ». Ce que réfute son opposante socialiste : « ils ont perdu et sont déçus, il faut toujours qu’ils accusent quelqu’un ».
« C’est une demande humble », jure de son côté l’Insoumis, « on ne remet pas en cause le fait que 16 000 personnes ont voté pour Louis Aliot, on veut des informations ».
