Des agriculteurs de l’Hérault demandent à pouvoir traiter leurs vignes avec des drones, notamment contre le mildiou. La FDSEA 34 a demandé, mardi 10 mars, à la préfecture l’autorisation de pulvériser des produits phytosanitaires sur des cultures inondées et donc inaccessibles.
Depuis octobre dernier, il est tombé près de 800 mm de pluie sur l’Hérault, soit ce qui tombe théoriquement en une année entière. Des photos postées sur les réseaux sociaux montrent « pléthore de tracteurs enfoncés jusqu’à la cabine dans les vignes » relève Céline Michelon, vigneronne à Villeveyrac, dans le bassin de Thau, et trésorière-adjointe de la FDSEA 34. « J’ai un de mes collègues de l’Aude qui, avec beaucoup d’humour, est allé finir de tailler ses vignes en canoë-kayak, et même à pied, on s’enfonce jusqu’aux genoux ».
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Résultat : des vignes sont inaccessibles et sont menacées par des maladies, en particulier le mildiou, champignon « que tout le monde craint » et qu’il faut traiter préventivement. « Si là, on rate le coche alors qu’il y des flaques et que la végétation commence à sortir, on n’arrivera jamais à rattraper les dégâts qui sont faits maintenant » prévient la vigneronne.
La loi est publiée depuis un an mais pas le décret d’application
D’où la demande faite par la FDSEA 34 auprès de la préfecture, mardi 10 mars, afin de pouvoir traiter les vignes avec des drones. L’épandage de produits phytos par drone est autorisé pour certaines cultures inaccessibles, comme celles qui sont situées sur des pentes à plus de 20%. La loi a été publiée le 24 avril 2025 au Journal officiel mais il manque toujours le décret d’application.
« Il y a une liste de produits autorisés, plus que restrictive » dénonce Céline Michelon, « or nous, on demande à pouvoir utiliser les mêmes produits que l’on utilise en tracteur ». La pratique a été étudiée, testée, avant d’être autorisée, fait valoir Céline Michelon, « et on a pu constater qu’il n’y a pas plus de dispersion qu’avec des solutions au sol donc il faut aller vite ».
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