Après le meurtre de Maëva Torrès, une jeune mère de famille de 28 ans tuée de plusieurs coups de couteau le 22 août 2023 à la Paillade à Montpellier, un mineur de 16 au moment des faits sera jugé devant la cour d’assises des mineurs du 15 au 17 septembre 2026.
Au terme d’une enquête semée d’embûches, une seule personne devra répondre de l’effroyable meurtre de Maëva Torrès, une mère de famille de 28 ans, sauvagement tuée à Montpellier le 22 août 2023.
La jeune femme qui avait été lardée de coups de couteau était morte lors de son transfert à l’hôpital. Elle avait eu le temps de prononcer un prénom avant son décès. Celui du jeune homme qui s’était acharné sur elle, et porté 17 coups de couteau. Le meurtre s’était noué dans une voiture sur le parking de la chambre des Métiers de l’Hérault près des archives départementales de Pierres vives, dans le quartier sensible de la Paillade à Montpellier.
Un témoin avait assisté à la scène. Alerté par les cris de la victime, il avait vu son agresseur la frapper puis la pousser à l’extérieur de sa voiture avant de lui asséner une salve de coups de couteau. Touchée à la jugulaire, la jeune femme victime d’une hémorragie était morte quelques minutes plus tard. Elle était mère de quatre enfants âgés de 2 à 12 ans.
Un suspect, un mineur âgé de 16 ans était arrêté le lendemain du drame. L’enquête révèlera qu’il avait rendez-vous avec la victime à laquelle il aurait volé de l’argent provenant de la vente de cigarettes de contrebande d’un ex-compagnon de la victime. Le jeune homme s’est acharné sur la victime mais le mobile du crime reste flou.
« C’est un jeune homme au parcours terriblement chaotique, marqué par la violence d’un père trafiquant de drogue et d’une mère en prison pour vols.Il a multiplié les fugues et les placements en foyer tout au long de sa vie. Il a reconnu les faits et les assume », précise Me Marc Gallix, son avocat, contacté par France 3 Occitanie.
J’espère que tu m’en veux pas pour ce que j’ai fait mais je regrette pas.
Le suspect, écrivant à sa mère.
La famille de la jeune femme est convaincue qu’il s’agit d’un « féminicide par procuration ». C’est ce qu’a plaidé un de ses avocats, Me Jacques Martin. Pour lui le jeune homme aurait agi sur ordre de son cousin, ancien compagnon de la victime et contre lequel elle avait porté plainte pour viols et violences quelques mois auparavant. Un homme qui n’aurait pas accepté la séparation. L’enquête n’a pas permis d’établir sa responsabilité.
La vérité a été confisquée.
Me Guillaume Raymond, partie civileFrance 3 Occitanie
Le jeune homme comparaîtra seul pour meurtre devant les assises des mineurs du 15 au 17 septembre 2026. Le procès permettra-t-il de comprendre les raisons de son passage à l’acte ? La famille de la victime est sceptique. « La vérité a été confisquée, des éléments d’enquête difficiles à obtenir, dont le téléphone portable de la victime qui n’a pas été retrouvé, les pressions sur les témoins, la disparition d’éléments n’ont pas aidé à la manifestation de la vérité », ajoute Me Guillaume Raymond, avocat de la famille de la victime, contacté par France 3 Occitanie.
Et ce d’autant plus que deux jeunes filles vivant en foyer avaient aussi été interpellées. « Un temps poursuivies pour assassinat et complicité, elles seront finalement jugées à part en correctionnelle pour non assistance à personne en danger », regrette Me Raymond. Elles seront toutefois citées comme témoins.

