Depuis 1994, cette association œuvre auprès des familles de personnes incarcérées à la prison de Béziers. Elle recherche toujours des bénévoles, notamment des personnes qui peuvent assurer des animations pour les enfants le mercredi.
Il est dix heures du matin au centre pénitentiaire du Gasquinoy à Béziers. Dans le bâtiment extérieur dévolu à l’accueil des visiteurs, une petite foule comprenant majoritairement des femmes, des enfants et des personnes âgées, est rassemblée par les gardiens. C’est le dernier appel au parloir de la matinée. Ces visites ont lieu toute la semaine, sur dix demi-journées, du mardi au samedi. Les locaux se désemplissent progressivement tandis que les familles se dirigent vers le centre de détention, pour aller retrouver leur proche incarcéré.
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« Être là, disponible, pour toutes les personnes qui transitent dans cette maison d’accueil »
Une fois la salle vide, les bénévoles d’Un Autre Toit peuvent se poser un peu. Françoise
Mébarki, la présidente actuelle, définit leurs missions ainsi : « Être là, disponible pour toutes les personnes qui transitent par cette maison d’accueil. Il s’agit de créer un climat convivial, en proposant des boissons, en essayant de s’occuper des enfants quand on en a la possibilité, et puis écouter, orienter vers les services correspondant à leur besoin, donner des explications pratiques, réexpliquer certaines choses pour les personnes qui viennent pour la première fois. On est là, sans jugement, avec bienveillance et discrétion ».
C’est en 1994 que le SPIP (Service Pénitentiaire d’Insertion et de Probation), la Croix-Rouge, le Secours Catholique et un groupe d’aumôniers prennent l’initiative de fonder cette association, lorsqu’ils constatent la détresse des familles de détenus. À cette époque, la maison d’arrêt est encore en plein centre-ville, près de la cathédrale, dans ces mêmes murs qui constituent l’actuel Hôtel la Prison. Un Autre Toit fut, peu de temps après sa création, hébergée à proximité, dans un local appartenant à l’évêché. « Cependant, nous étions totalement indépendants, précise Françoise. À l’époque il n’y avait que quatre demi-journées de parloir par semaine. Les bénévoles allaient régulièrement à l’entrée de la prison pour prévenir les familles qu’il y avait ce local avec des boissons, où elles pouvaient s’installer en attendant l’ouverture du parloir ».
« Nous avons toujours besoin de monde »
En novembre 2009, le centre pénitentiaire du Gasquinoy remplace l’ancienne maison d’arrêt. Les architectes ont prévu un espace dédié aux visiteurs, avec casiers de consigne et jeux pour enfants. L’association s’y est installée et partage les lieux avec la société sous-traitante de l’accueil administratif. Désormais ancrés au sein de l’établissement, les bénévoles sont soumis aux réglementations pénitentiaires. Ils sont à présent une vingtaine à se relayer sur les créneaux horaires des visites. Si les membres de l’équipe doivent se faire discrets et n’imposent pas leur présence, il arrive souvent que des liens se créent avec les personnes qu’ils retrouvent d’une semaine à l’autre, en partageant leurs joies et leurs peines. « Nous avons toujours besoin de monde, cela permet de faire des roulements. En ce moment, nous recherchons des gens qui pourraient assurer des animations pour les enfants les mercredis après-midi », poursuit Françoise Mébarki.
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