Les assises occitanes de lutte contre l’antisémitisme se sont tenues à Toulouse du 27 février au 1er mars. Un rassemblement sur fond d’augmentation des actes antisémites et de polarisation du discours politique.
Élections municipales 2026
Plus de 300 personnes ont participé aux assises occitanes sur l’antisémitisme, organisées à Toulouse du vendredi 27 février au dimanche 1er mars 2026. Une initiative du consistoire israélite de la Ville rose. Toutes les communautés juives de la région étaient invitées pour réfléchir ensemble aux réponses à donner face à l’intolérance et partager leurs inquiétudes face au contexte actuel.
La campagne des élections municipales et le meurtre de Quentin Deranque donnent lieu depuis plusieurs semaines à des discours politiques davantage polarisés, voire antisémites. Lors d’un meeting à Lyon, le leader de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon ironisait sur la prononciation de Jeffrey Epstein. Un sous-entendu accusant politiques et médias de complot pour cacher l’origine juive du pédocriminel américain.
« C’est clairement antisémite », analyse Haïm Korsia, Grand Rabbin de France. « Ces codes, ces jeux de mots sont des signaux pour dire leur connivence. Et c’est la pire des choses, c’est-à-dire que l’on perçoit chez l’autre la connivence qu’il y aurait sur l’antisémitisme, il n’y a rien de plus terrifiant que cela. »
Je tremble de voir la république se défaire par la lâcheté de ceux qui ne condamnent pas ceux qui envisagent de s’allier avec qui on ne peut pas s’allier. J’ai le sentiment que ces Municipales sont aussi un moment important dans notre histoire collective.
Haïm Korsia, Grand Rabbin de France
La campagne municipale, mais aussi l’actualité internationale et les guerres d’Israël servent à certains pour justifier un climat antisémite de plus en plus prégnant dans la société. « Ce climat qui crée une attitude terrible, qui n’est pas seulement au niveau des juifs. Parce que nous le savons très bien, on commence par les juifs et on finit par tous les gens qui sont atypiques politiquement ou atypiques dans leur vie et c’est terrible », prédit Thierry Sillam, le président du consistoire israélite de Toulouse. « Aujourd’hui, la communauté doute : quel est notre avenir ? Avons-nous vraiment une place en France ? »
Les assises occitanes de lutte contre l’antisémitisme étaient aussi l’occasion de prôner l’ouverture et la fraternité. L’office de Shabbat du vendredi soir, s’est déroulé en présence de responsables catholiques, protestants et musulmans de la région.
« Ce n’est pas tant la question des juifs, c’est la question des justes, la question de la société », argue Haïm Korsia, le Grand Rabbin de France. « Il faut donc que l’ensemble de la société se sente concerné par cette question et que l’on puisse créer des synergies nouvelles. J’ai été très touchée, par exemple, de la présence de tous les cultes à l’office vendredi soir ici. C’était une façon de dire, votre combat, c’est notre combat. »
En 2025, le ministère de l’intérieur en recensait plus d’un millier d’actes antisémites en l’espace de 10 mois.
Article rédigé à l’aide du reportage télévisé France 3 Occitanie de Geoffrey Berg et Frédéric Desse.
