Tournoi des 6 Nations – « Attention les Écossais » : Murrayfield, une « finale » inattendue mais loin d’être simple pour le XV de France

Comme l’an dernier, c’est face à l’Écosse que les Bleus ont pour mission de remporter le Tournoi des 6 nations, avant de rêver à un grand chelem, face à l’Angleterre (14 mars). Un match décisif dans un cadre aussi solennel qu’hostile, où les Bleus de Galthié se sont déjà pris les pieds dans le tapis…

« epreuve d’un championnat, d’une coupe, qui désigne par élimination le vainqueur.  » Voilà comment le Larousse définit une finale, si bien qu’on peut l’affirmer sans détour : oui, le XV de France disputera bien sa finale du Tournoi samedi sur la pelouse de Murrayfield. Le Crunch de Saint-Denis, prévu le 14 mars en prime-time face à l’Angleterre ? Ce sera bon pour les paillettes, la frime, la cerise sur le gâteau du grand chelem. Mais la gagne dans le Tournoi, la seule vérité qui compte, elle se jouera en Écosse, au son des cornemuses, dans cette atmosphère à nulle autre pareille, entre solennité et hostilité. Le genre de décorum si propice au « chaos » du rugby international cher à Fabien Galthié, dans lequel le XV de France a, de par sa longue histoire, parfois perdu pied bien plus que de raison, si l’on s’en réfère aux dernières années (lire en page 3)« Connaissant cette équipe et en se rappelant l’expérience qu’on a vécue en 2020, où on avait été très bien reçus après trois victoires (défaite 28-17), il faudra bien se préparer, soulignait le sélectionneur tricolore après la victoire contre l’Italie (33-8), à Lille. Nos joueurs vont être ambitieux sur leur semaine de repos et je pense qu’ils le seront encore plus sur la semaine de préparation. Attention les Écossais… Je ne vais pas vous faire un dessin. »

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Pas besoin, en effet. Parce que, pour corser le contexte par rapport à 2020, l’équipe d’Écosse jouera elle aussi ni plus ni moins que la victoire dans le Tournoi : une victoire sur les Bleus pourrait lui permettre de disputer un match d’anthologie à Dublin, afin de décrocher sa première victoire dans le Tournoi depuis le passage aux 6 Nations. Pas mal pour une nation que tout le rugby européen imaginait en crise après son revers inaugural en Italie, sous le déluge de Rome (18-15)…

Finn Russell et les Écossais, rois des embûches 

Comme l’an dernier, les Bleus joueront une finale contre l’Écosse, donc. Et tout ce que l’on subodorait depuis le début de la compétition va enfin se matérialiser : le pinacle de ce Tournoi, son plus haut niveau d’adversité, ne se situera ni en entame de la compétition face à l’Irlande, ni contre l’Angleterre en clôture. Mais bien à l’avant-dernier round, à cet équivalent symbolique de la 60e minute de jeu qui fait s’envoler les espoirs ou concrétise les rêves. Une embûche, une vraie, tendue par l’aussi génial qu’imprévisible Finn Russell et ses coéquipiers, dans laquelle les Bleus n’ont aucune autre alternative que refuser de se vautrer.

Parce qu’après deux ans à panser les plaies d’une Coupe du monde 2023 traversée comme un acte manqué, il ne reste plus au XV de France de Fabien Galthié qu’à définitivement exorciser ses maux, en remportant pour la deuxième fois de suite ce Tournoi, une première depuis presque vingt ans et les cuvées 2006-2007. À l’époque, c’était grâce à un essai d’Elvis Vermeulen inscrit après d’interminables arrêts de jeu contre… L’Écosse, encore, que les Bleus étaient parvenus à remporter le Tournoi au point-average. Comme une passe symbolique en direction du futur, et la preuve qu’il faudra s’employer jusqu’au bout pour franchir le mur d’Hadrien et faire tomber les guerriers des Highlands, quand bien même ceux-ci sont désormais interdits de proférer leur grossièreté préférée (« Bas-tard », nul besoin de traduction…) entre deux couplets du Flower of Scotland. Reste que ces Écossais sont capables de tout. Et de bien plus encore…

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2022, le mini-scandale du vestiaire

On se rappelle ainsi que, lors de la dernière visite des Bleus à Murrayfield, ces derniers avaient même supprimé une partie du vestiaire visiteurs pour contrarier les Bleus lors de leur avant-match, obligeant le staff tricolore à se changer dans un vulgaire cagibi. Le genre d’anecdote qui fait le sel du rugby international, mais qui appelle aussi au devoir de mémoire… Alors, hardi petits ! Parce que, malgré le soutien attendu d’une dizaine de milliers de supporters français, c’est bien en terrain hostile que les coéquipiers d’Antoine Dupont évolueront, sitôt leurs bagages déposés au pied de la citadelle d’Édimbourg, quelque part entre la statue de l’ours-soldat Wojtek et celle de Greyfriars Bobby, ce chien rendu célèbre pour avoir passé quatorze ans à garder la tombe de son maître. Comme un avant-goût du combat animal qui attend les Bleus sur le pré de ce bon vieux « Murray », où il ne s’agira plus de parader ni de réciter son jeu, mais simplement de continuer à garnir l’armoire à trophées que le talent de cette génération bleue mérite. à condition d’en être digne dans les comportements.

https://www.rugbyrama.fr/2026/03/02/tournoi-des-6-nations-attention-les-ecossais-murrayfield-une-finale-inattendue-mais-loin-detre-simple-pour-le-xv-de-france-13250918.php

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