Afin de sauver financièrement Betarra, société gestionnaire des arènes de Béziers, qui avait été placé en redressement judiciaire, le torero biterrois Sébastien Castella a injecté des capitaux et en est devenu l’actionnaire majoritaire. Il fait le point sur sa fonction, la manière dont il gère l’entreprise et revient sur la présentation et l’organisation de la Feria 2026.
Lors de la présentation de la Feria, on a senti la volonté de franchir un cap, non ?
Totalement. Personnellement, je veux que Béziers ait sa propre identité. C’est le plus important. C’est ce que je veux pour les arènes de Béziers.
Vous êtes actionnaire majoritaire de Betarra, la société qui gère les arènes. Allez-vous être plus présent et actif au niveau de la gestion des arènes ?
Bien sûr. Ma contribution financière personnelle fait partie intégrante de mon engagement envers Béziers. Il ne faut pas oublier que Béziers, ce sont mes arènes, c’est ma maison, c’est toute ma vie en tant que figura de la tauromachie. Aujourd’hui, comme entrepreneur, c’est ma responsabilité. Cela correspond à un engagement total, à la fois professionnel et personnel. Je suis ici pour travailler pour la ville, sachant que ma carrière de matador se poursuit. Je n’ai pas encore fait une tienta au campo. Je me suis entraîné à la maison pour pouvoir être proche de mon bureau, préparer, définir et finaliser la Feria de Béziers. C’est un engagement total. Être physiquement présent en permanence, à Béziers, m’est difficile. Mais je serai là dès que mon agenda me le permettra.
Qu’allez-vous vous attacher à faire ?
Lorsque nous avons repris la gestion des arènes, nous avons trouvé une situation complexe. L’essentiel est qu’aujourd’hui, nous avons remis de l’ordre et engagé un processus de restructuration sérieux et responsable. Avec Olivier Margé, ce qui nous importe le plus, c’est le futur de Betarra. Être entrepreneur, c’est nouveau pour moi, mais j’endosse mes responsabilités et vais essayer d’être à la hauteur.
Faut-il organiser, dans les arènes, plus d’événements hors tauromachie ?
Oui, bien entendu. C’est pour cela qu’il y a le salon de l’agriculture, que nous organiserons l’Amérique aux arènes, le concert de Roberto Alagna. Tout se fait, d’ailleurs, d’un commun accord avec l’équipe avec qui je suis en contact constant. Il est important de faire vivre les arènes toute l’année.
Quelle sera la patte Castella ?
Au niveau de la Feria, un grand pas a été fait dans l’organisation des cartels. J’ai aussi beaucoup d’idées. Certaines seront réalisables, d’autres non. C’est pour cela que je me repose sur une équipe à qui j’expose mes idées.
Peut-on dire que Sébastien Castella est le boss ?
Non. Il ne faut pas dire ça. Quand je mets le costume de lumière, j’ai un ego immense. J’en ai besoin pour être torero. Mais Betarra, c’est une équipe, il n’y a pas de boss. Le boss, c’est Olivier et moi-même.
Pour revenir à la tauromachie, êtes-vous satisfait de la présentation de la Feria et de l’annonce des cartels ?
On est très heureux car c’est le fruit du travail effectué depuis des mois dans la préparation de la programmation et de cette soirée. On voulait un dialogue avec l’art, la culture et la société pour faire de chaque cartel un véritable évènement. Avec les stars du toreo et les nouveaux talents. J’ai pris les rênes de ce nouveau projet avec une équipe et nous avons franchi un cap avec la volonté de donner une identité à la Feria de Béziers.
Pourquoi densifier la Feria off ?
L’essence même de mon idée réside dans ma volonté de renouveler l’aficion en mettant en avant les jeunes toreros tricolores. L’objectif de la Feria off est d’offrir un éclairage à la jeunesse pour lui donner de la visibilité. Olivier Margé m’a donné son accord pour que j’organise tous les cartels. L’idée du challenge entre toreros est toute récente. Nous avons deux galas en mai et un dernier pour la journée taurine et je voulais offrir une opportunité aux jeunes matadors français de faire le paseo pour la Feria 2027. Ce deuxième festival est un pari et on verra si l’aficion répond présente pour le maintenir, voire développer encore cette Feria off. Avec ces huit toreros français, on espère que le public des autres régions se déplacera. Il faut être ambitieux mais rester raisonnable.
Les cartels ont été salués mais il y a deux absences de marque, Borja Jimenez et Clemente. Pourquoi ?
La commission taurine m’a interrogé sur Borja Jimenez qui a réalisé la meilleure faena en 2025. Je voulais conclure la Feria avec un dernier cartel de prestige. J’ai appelé son apoderado en lui expliquant que j’avais besoin de lui sur cette clôture. Ils ont refusé ma proposition. Il voulait toréer une autre corrida. Je respecte ce choix même si je le regrette car c’est le premier torero que j’ai appelé après Roca Rey. J’ai fait la même proposition à Clemente qui avait gracié un Margé pour son dernier paseo à Béziers en 2024. Nous avons eu des discussions mais il voulait toréer une des deux premières corridas. Ces deux négociations n’ont pas abouti mais ils étaient au cartel que j’avais imaginé pour cette clôture. C’était logique car je voulais respecter leurs triomphes récents à Béziers.
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