Crise des conchyliculteurs : Les huitres de la lagune de Thau sont de retour après deux mois d’interdiction de vente

Après deux mois d’interdiction de vente en raison de la présence d’un norovirus dans la lagune de Thau (34), les conchyliculteurs de l’Hérault ont enfin pu reprendre leur activité le 17 févier dernier. Une reprise attendue par les professionnels, mais les consommateurs sont-ils au rendez-vous ?

« Progressive » : voilà comment Mathieu Rouzières, conchyliculteur à Loupian (34) qualifie la reprise depuis une dizaine de jours. « On est autour de 80% du chiffre que l’on devrait faire à cette période » estime-t-il, agréablement surpris par le retour des consommateurs. Certains, comme Pascale, n’ont aucun réticence à venir acheter leur douzaine d’huitre : « A partir du moment où les autorités sanitaires donnent le feu vert, je ne me pose pas plus de question » balaye cette cliente en soulevant sa caisse de coquillages. D’autres sont un peu plus frileux admet Mathieu Rouzières : « On va devoir faire un peu de pédagogie sur les marchés, expliquer pourquoi cette bactérie s’est retrouvée dans l’étang ». Lui-même comprend la frilosité des clients : « Si je tombe malade à cause d’un coquillage, il va me falloir un certain temps avant d’y revenir ! »

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Une trésorerie en difficulté

En l’espace de deux mois, depuis le 30 décembre, Mathieu Rouzières a perdu environ 20 000€. Pourtant « les charges continuent à courir, il faut payer le loyer, les crédits, les employés » liste-t-il, dépité. Les conchyliculteurs de la lagune de Thau vont recevoir une compensation de l’Etat, à hauteur de 750 par table, mais « certains ne vont pas se remettre » de cette période sans activité estime Alicia Roques, productrice de coquillages à Bouzigues (34). Il y a quelques semaines, elle a pris de l’avance sur la réouverture en transférant ses huitres dans des bassins de filtration en intérieur : « on les a laissé 21 jours » explique-t-elle, « mais on était même prêts à les laisser 28 jours si les autorités sanitaires l’avaient exigé ». Sécurité maximale conclut celle qui continue tout de même à vendre des huitres de Bretagne et de Vendée, « le temps que les clients reprennent entièrement confiance ».

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Alicia Roques vend ses huitres, mais aussi des coquillages venus de Bretagne ou de Vendée. © Radio France – Mathilde Cariou

https://www.francebleu.fr/occitanie/herault-34/crise-des-conchyliculteurs-les-huitres-de-l-etang-de-thau-sont-de-retour-apres-deux-mois-d-interdiction-de-vente-1704800#xtor=RSS-124

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