Membre du Parti radical valoisien (centre droit), l’ancien député (2017-2022) et ex-maire d’Adissan (2018-2020), Philippe Huppé a décidé de revenir en politique en se présentant aux Municipales à Pézenas. Spécialiste des métiers d’art, il bat la campagne depuis l’été dernier avec l’ambition d’en faire une ville plus sûre, plus propre et plus prospère sur le plan économique.
Pourquoi revenir à la politique locale et pourquoi à Pézenas ?
Ce sont des habitants qui sont venus me chercher. J’avais décidé de tourner la page, mais plusieurs personnes m’ont convaincu que je pouvais encore être utile. Pézenas, je la connais bien : j’y travaille depuis trente ans, j’y ai été vice-président de l’agglomération Hérault Méditerranée en charge des métiers d’art, président de l’office du tourisme et vice-président du Sictom (syndicat intercommunal de la collecte et du traitement des ordures ménagères). Ce n’est pas un hasard si je me présente ici : c’est une ville que j’aime, que je connais et où j’ai tissé des liens forts. Mon engagement est né de cette relation de longue date avec les Piscénois.
Quelle est la philosophie de votre campagne ?
Notre programme part des besoins des habitants. Nous avons rencontré beaucoup de Piscénois depuis un an, organisé des réunions, écouté leurs attentes. Ce qui m’importe, ce ne sont pas les pierres mais les gens. Une ville, ce sont les hommes et des femmes qui y vivent, qui la font vivre. Mon objectif est de replacer l’humain au centre de l’action municipale. La mairie doit redevenir une maison commune, ouverte à tous. Je veux être un maire présent, accessible, qui reçoit sans rendez-vous au moins une journée par semaine.
Quelle est la couleur politique de votre liste ?
Nous sommes une liste de centre droit, mais ouverte. Il y a des gens de centre gauche aussi. Ce n’est pas une liste d’étiquettes, c’est une liste de Piscénois qui veulent agir pour leur ville. Si on devait nous classer, on serait « divers droite ». Mais au fond, notre projet dépasse les clivages. Ce qui nous unit, c’est Pézenas.
Vous parlez souvent de dialogue et de modération. Est-ce difficile aujourd’hui de faire entendre cette voix ?
Pas si on parle au cœur des gens. Il faut de l’écoute, de la sincérité. Mon équipe s’est construite sur des affinités humaines avant tout. On peut être de droite, de gauche, peu importe : l’essentiel, c’est de vouloir travailler ensemble.
Qu’avez-vous constaté en sillonnant la ville ?
Pézenas est une ville qui perd des habitants, avec une population vieillissante et beaucoup de logements vacants. Le revenu médian est faible, le commerce souffre et il existe un sentiment d’insécurité. Certaines personnes âgées n’osent plus sortir le soir. Il faut redonner confiance, restaurer la propreté, la sécurité et la vitalité économique.
Quelles sont vos propositions concrètes pour la sécurité ?
D’abord, s’assurer que les caméras de surveillance fonctionnent toutes. Ensuite, renforcer la présence de la police municipale, mais dans une logique de tranquillité et de médiation, pas de répression. Je veux aussi développer le sport, car un jeune qui fait du sport est un jeune qui s’intègre. Nous mettrons en place un « Pass’sport » municipal pour aider les familles modestes à inscrire leurs enfants dans les clubs.
Vous insistez aussi sur le patrimoine et le tourisme.
Pézenas est la deuxième ville de l’Hérault en nombre de monuments historiques, après Montpellier. C’est une richesse incroyable. Il faut rouvrir la collégiale Saint-Jean, aujourd’hui fermée, et restaurer le musée Vulliod-Saint-Germain, qui mérite une vraie mise en valeur. Le patrimoine, c’est aussi de l’économie : un touriste qui visite, c’est un client pour les commerçants. Je veux faire de Pézenas une destination à part entière, pas seulement une halte quand il pleut sur le littoral.
Et sur le plan économique ?
Pézenas doit attirer des entreprises, notamment artisanales. Il faut une politique active pour leur offrir des terrains, des formations, des services. Je veux développer la formation continue dans les métiers d’art, en lien avec la Maison des artistes ou d’autres organismes. Cela ferait venir des stagiaires, des formateurs, des familles, et redonnerait vie à la ville. C’est aussi une manière de valoriser nos artisans et de créer des emplois.
La clinique Pasteur aimerait s’agrandir, voire déménager. Quelle est votre position ?
Il faut absolument garder la clinique à Pézenas. C’est vital pour éviter de devenir un désert médical. Je suis favorable à son agrandissement, mais dans le respect des règles d’urbanisme et en concertation avec la cave coopérative. Et il ne faut pas oublier l’hôpital local : public et privé doivent travailler ensemble, pas en concurrence.
La viticulture reste un pilier local. Quelle place lui accordez-vous ?
Pézenas doit rester un pôle viticole fort. L’obtention d’une AOP est essentielle, mais elle suppose de préserver nos caves coopératives. La viticulture change avec le climat, il faut accompagner cette mutation. Je crois beaucoup à la coopération : c’est un modèle social et économique qui soude les viticulteurs.
Quelles seront vos premières mesures si vous êtes élu ?
D’abord, consolider la police municipale et lui donner les moyens de ses missions. Ensuite, relancer le tourisme et le patrimoine, notamment en rénovant le musée et en ouvrant la collégiale. Troisièmement, développer la formation continue dans les métiers d’art. Et enfin, redonner au sport toute sa place, avec des infrastructures rénovées et un soutien financier pour les jeunes. Je veux aussi que Pézenas redevienne une ville languedocienne vivante, fière de ses traditions, pourquoi pas en relançant le tambourin !
Vous parlez souvent de participation citoyenne. Comment l’organiseriez-vous ?
Les habitants doivent être associés aux décisions. Nous organiserons des consultations locales, voire des référendums, sur les grands projets. Chaque année, une réunion publique permettra de débattre du budget et des priorités. Être maire, c’est être au service des citoyens pendant six ans, pas seulement au moment des élections.
Le projet Saint-Christol fait débat. Quelle est votre position ?
Je suis très réservé. Ce projet date de 26 ans et ne correspond plus à notre époque. Il prévoit 24 hectares de construction, dont 50 % de logements sociaux. Cela risque de déséquilibrer la ville, d’augmenter les flux de voitures et de fragiliser le centre historique. Je préfère la qualité de vie au nombre d’habitants. Pézenas doit grandir avec ses habitants, pas contre eux. Si nous sommes élus, nous consulterons les Piscénois pour revoir ce projet de fond en comble.
Vous évoquez souvent les risques d’inondation. Est-ce un frein à l’urbanisation ?
Oui, Pézenas est construite sur une motte entourée d’eau. L’Hérault déborde régulièrement. Ajouter 24 hectares bétonnés à Saint-Christol, c’est prendre un risque. Les bassins de rétention ne suffiront pas toujours. Avec le changement climatique, il faut être prudent. Ce projet est d’un autre temps.
Quelles sont vos relations avec les anciens maires ?
J’ai du respect pour mes prédécesseurs. Alain Vogel est un ami, je lui demande parfois conseil, mais je ne suis pas son dauphin. Je porte un projet nouveau, avec une équipe renouvelée, dans la continuité de ce qui a été bien fait.
En résumé, quelle est votre ambition pour Pézenas ?
Redonner à Pézenas son âme et sa fierté. C’est une ville d’histoire, d’art et de culture, mais aussi une ville de vie. Je veux qu’on y vive bien, qu’on y travaille, qu’on y élève ses enfants, qu’on y vieillisse sereinement. Pézenas doit redevenir une capitale languedocienne, une ville apaisée, solidaire et ouverte sur l’avenir.
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