Un retraité albigeois de 70 ans pensait avoir trouvé la combine parfaite : faire brûler son SUV de luxe et encaisser l’assurance. Les enquêteurs en ont décidé autrement. Il a été condamné par le tribunal de Castres (Tarn), jeudi 18 février.
C’est une escroquerie qui aurait pu sembler bien huilée. Un véhicule de luxe qui part en fumée, une déclaration de vol, et une indemnisation à la clé. Sauf que le plan d’un retraité albigeois de 70 ans n’a pas résisté longtemps à l’examen des enquêteurs selon le quotidien La Dépêche du Midi.
Ce notable local, ex-directeur de la clinique Toulouse-Lautrec et à la tête d’un important groupe de conseil, a comparu devant le tribunal de Castres (Tarn) pour avoir orchestré la destruction de sa propre Porsche Cayenne hybride. Le véhicule, pratiquement sorti du showroom avec seulement 20.000 kilomètres au compteur, valait plus de 70.000 euros.
Tout commence par un signalement. L’homme déclare à son assureur que son SUV a disparu d’une aire de covoiturage où il l’aurait laissé avant de rejoindre Toulouse (Haute-Garonne) pour la soirée. Le scénario semble simple. Il ne le restera pas longtemps.
Les investigations techniques mettent rapidement à nu les incohérences du récit. La géolocalisation de son téléphone le place à Albi (Tarn) au moment supposé du « vol ». La deuxième clé du véhicule a servi à le déplacer. Et une série d’appels en numéro masqué a été passée en direction de son garagiste.
Le mécanicien, 53 ans, choisit la franchise devant les juges. Sa version est limpide : son client lui aurait demandé de « faire disparaître » le véhicule, lui expliquant que toucher l’assurance serait « plus rentable que de le vendre« . Pour 600 euros, il s’exécute et réduit le SUV en cendres sur un parking de Puylaurens. Le garagiste était convaincu que ce service lui ouvrirait des portes à l’avenir.
Le retraité, lui, campe sur une toute autre lecture des événements. Le mot « disparaître » ? Une simple tournure de langage. Une façon maladroite de dire « vendre« , assure-t-il. Il nie catégoriquement avoir mentionné l’assurance dans ses échanges avec le mécanicien.
Le procureur n’a pas mâché ses mots à l’audience. Il a affirmé ne pas croire « un seul mot » de la version du prévenu, dont le récit selon lui « heurte de plein fouet le bon sens« . Il réclamait un an de prison avec sursis et 10 000 euros d’amende.
Les juges ont prononcé une peine un peu plus légère, mais ont clairement rejeté la thèse de la défense. L’ancien dirigeant est condamné à six mois de prison avec sursis et 5.000 euros d’amende. Son garagiste complice écope exactement de la même sanction. Une Porsche, 600 euros, et deux casiers judiciaires. Le calcul, au final, n’était pas si rentable.
