Réclamant « Justice pour Quentin », des militants d’extrême droite se sont rassemblés mardi 17 février à Toulouse dans la soirée. Après avoir manifesté, ils s’en seraient pris à des clients d’un bar qui avait scandé des slogans antifascistes.
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Malgré l’interdiction par la préfecture de Haute-Garonne, mardi 17 février, de tout rassemblement en hommage à Quentin Deranque, ce militant identitaire battu à mort lors d’une rixe à Lyon la semaine dernière, des groupuscules d’extrême droite ont tout de même bravé l’arrêté préfectoral en fin de soirée, près de la station de métro Saint-Michel. Sur des images diffusées sur les réseaux sociaux, on peut y voir un groupe brandir des fumigènes.
On aperçoit ensuite l’un de ses membres asséner un coup de poing à un ou une passante. La scène semble avoir ensuite conduit à une bagarre devant un bar de ce quartier, quand des passants ont scandé le slogan « Siamo tutti antifascisti« . (Nous sommes tous antifascistes NDLR)
15 militants d’extrême droite à Toulouse, qui réclament « Justice pour Quentin » avant d’agresser des passants devant l’Évasion Bar. Ils sont prêts, ils ont leur martyr, ils passent à l’action. pic.twitter.com/3XSUMdoRjR
— Yassine Benyettou (@Yassine_Benyett) February 17, 2026
C’est ainsi devant le bar l’Evasion, situé juste en face de la scène, que trois personnes auraient été blessées dans des échauffourées. Selon des témoins sur place, la quinzaine de militants d’extrême droite s’en seraient alors pris à des clients de l’établissement, connu pour être marqué à gauche. Les agresseurs auraient utilisé des barres de fer, des chaînes de vélo. Des menaces auraient également été proférées avec un couteau. Arrivées sur place, les forces de l’ordre ont ensuite dispersé l’attroupement.
Pour le contexte, dès lors qu’on a commencé à scander « siamo tutti antifascisti » ils nous ont couru dessus et taper certains avec des chaîne de vélo, bar de fer et ceinture, même menacer au couteau, dieu merci personne n’est blessé grièvement mais certains ont des séquelles
— yep (@WGlass682435) February 17, 2026
Sur des images partagées sur TikTok par un compte de supporters ultras, on aperçoit ainsi une quinzaine de silhouettes vêtues de noires, la plupart avec le visage dissimulé. La scène se déroule plus loin dans la Grande rue Saint-Michel, non loin de la station de métro Palais de Justice. La légende de la vidéo laisse peu de doute quant à la nature de ce groupe. « Toulouse. 17/02/2026. Mob natio Youth Tolosa & Camside Tolosa en marge des manifestations pour demander justice pour Quentin« .
Les deux groupes cités dans la publication sont bien connus dans la Ville rose, notamment pour s’être affiché en faisant des saluts nazis .
Le rassemblement en hommage à Quentin Deranque était à l’initiative d’un autre groupe d’extrême droite radicale, Furie Tolosa, fondé à la suite de la dissolution de Générations Identitaires.
Le week-end dernier, ce groupe nationaliste avait revendiqué sur les réseaux sociaux, le jet de peinture rouge sur les murs du bâtiment abritant la permanence du député LFI Hadrien Clouet.
Contacté, le député indique ne pas encore avoir porté plainte et a également réagi suite aux agressions d’hier soir : « Je suis scandalisé par cette extrême droite qui passe à l’action violente. Or, aucune des violences n’est acceptable. Nous appelons à la paix civile« .
Jeudi, le candidat LFI aux municipales François Piquemal, doit tenir un meeting dans le centre de Toulouse. « Nous aurons un service d’ordre, comme d’habitude. Et qui sera là, comme d’habitude, pour empêcher d’éventuels affrontements et que l’événement se passe le mieux possible« , conclut Hadrien Clouet.
