Le Crédit municipale de Nîmes inaugurait, vendredi 13 février, son agence de Béziers, en plein centre-ville, sur l’avenue Clemenceau. Cette banque publique vient en aide aux personnes privées des systèmes financiers classiques. Bénéficiaires des minima sociaux, interdits bancaires ou travailleurs pauvres y sont les bienvenus.
On les surnomme « chez ma tante », « le clou » ou encore « le mont-de-piété ». Les Crédits municipaux viennent en aide aux exclus des banques habituelles : personnes interdites bancaires, bénéficiaires des minima sociaux et travailleurs pauvres. Aujourd’hui, le crédit municipal de Nîmes ouvre une cinquième agence à Béziers, sur l’avenue Clemenceau. Un choix stratégique pour l’une des villes les plus pauvres de France.
Dans cette banque publique, où les salariés sont soit fonctionnaires soit sous contrat de droit public, les clients peuvent obtenir un prêt sur gage et débloquer des microcrédits, sociaux jusqu’à 4 000 euros (5 000 euros pour un véhicule). Un volet de services bancaires et de prêts personnels est également proposé.
Contenus de la page
26 000 objets au clou
« Déposez un objet de valeur et repartez avec de l’argent immédiatement », annonce triomphant un prospectus distribué ce jour d’inauguration. À partir du lundi 16 février, les Biterrois pourront aller déposer des bijoux en or contre une somme d’argent en espèces ou par chèque. Une fois le remboursement effectué, ils pourront récupérer leur bien. « Cela permet de débloquer des situations, sans perdre des objets pour lesquels on a un fort attachement émotionnel, comme une bague de fiançailles », explique Caroline De Santis, directrice commerciale et du développement. Actuellement, 26 000 contrats sont en cours, toutes agences confondues – hors Béziers qui vient d’ouvrir.
Ces dépannages sont souvent un moyen « de finir la fin du mois, de régler une facture énergétique ou de remplacer un appareil électroménager qui tombe en panne », détail Caroline De Santis. 80 % des personnes ayant recours aux prêts sur gage sont des femmes. Un chiffre difficile à expliquer pour les personnes présentes.
Contrairement aux crédits à la consommation proposés par des organismes privés, ici les microcrédits sont soumis à un seulo taux : 4,85 %. Surtout, ces crédits ne sont pas renouvelables. L’objectif est d’éviter que des personnes, déjà en situation de précarité, ne tombent dans une spirale vicieuse et vivent à crédit. « Nous proposons de petits taux, petits crédits et pour une petite durée », résume Audrey Pinquier, directrice générale du crédit municipal de Nîmes.
Des banques uniques
Cette bienveillance repose sur le fonctionnement unique de ces banques publiques : elles ne dépendent d’aucun actionnaire, ne versent, ainsi, aucun dividende et n’ont pas vocation à dégager des bénéfices. Et elles ne dépendent pas des finances publiques non plus : la Caisse municipales de Nîmes fonctionne en autonomie et en circuit fermé. Les profits dégagés financent les futurs prêts.
Caroline de Santis vient du secteur bancaire privé. Elle y a travaillé des années, avant de prendre la tête de l’agence du Crédit municipal de Nîmes durant cinq années et d’être, désormais, au siège de la direction. C’est la fibre sociale et éthique de ces établissements qui l’a convaincue : « Nous sommes un vrai service bancaire public. Au quotidien, c’est d’une richesse incroyable, je me sens très utile. »
.

