Affaire Dupont-Jelonch – « Le salary cap manager en est informé » : Toulouse contre-attaque

Alors qu’il était resté silencieux jusqu’ici, se refusant à commenter les affaires de la justice sportive, le Stade toulousain s’exprime pour la première fois par l’intermédiaire de son avocat et de celui de ses joueurs qui ont reçu Midi Olympique. L’occasion d’aborder les contrats « 3S » (pour Dupont et Jelonch) ou « Fiducial » (pour Dupont), l’affaire Jaminet-Pacific Heart, sans oublier certains éléments du salary cap qu’ils entendent contester et le droit à l’image qu’ils jugent indispensable à l’économie du sport professionnel. par Jérémy Fadat et Emmanuel Massicard

C’est LE sujet qui agite les coulisses du rugby français, autant que le café du commerce et les réseaux sociaux. Le Stade toulousain a-t-il enfreint les règlements du salary cap, en utilisant le dispositif du droit à l’image individuel pour rémunérer certains de ses joueurs par l’intermédiaire de ses partenaires.

Plus encore, le triple champion de France en titre est-il récidiviste ? Après les affaires Kolbe et Jaminet ou Pacific Heart, ce sont désormais deux autres de ses joueurs majeurs qui sont pointés du doigt en même temps que le club haut-garonnais : Antoine Dupont et Anthony Jelonch. Selon le journal L’Équipe, les internationaux n’auraient pas effectué de prestations à même de justifier les sommes versées par la société 3S, qui figure parmi les partenaires du Stade toulousain et doit donc rentrer dans le calcul de l’assiette du salary cap ; par ailleurs, le droit à l’image versé par Fiducial, actionnaire du club, à Antoine Dupont n’auraient pas été déclarées à Samuel Gauthier, le salary cap manager, et à la LNR.

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Coupable, Toulouse ? Pour ses détracteurs, cela ne fait pas de doute : le champion de France a même creusé un fossé trop profond avec la concurrence grâce à de tels contournements. Pour ses défenseurs, rien ne tient : l’escroquerie est une affabulation ; cette histoire est une cabale destinée à diminuer le pouvoir sportif du club de Didier Lacroix. Enfin, c’est tout le traitement que le Salary Cap réservé au droit à l’image qui déraille et qu’il faut changer…

Les Avocats dénoncent

Pour la première fois, le Stade toulousain prend aujourd’hui la parole de manière officielle. Pour se défendre et répondre aux attaques sur le fond autant que sur la forme. Pour livrer ses arguments. Il le fait par l’intermédiaire de son avocat, Me Bruno Cavalié, et Me Jean Iglesis qui défend les intérêts d’Antoine Dupont (il ne parle pas officiellement au nom d’Anthony Jelonch, qu’il n’a pas encore pu joindre en direct, mais il devrait bientôt le représenter). Tous les deux ont reçu Midi Olympique, vendredi en fin de journée, en présence de l’agent sportif, Thierry Cazedevals. Les avocats ont méthodiquement posé la lumière toulousaine sur les faits, comme Me Cavalié qui affirme : « Le Salary cap manager en est informé ». Il parle du fameux contrat « 3S ». Pour lui, depuis que ladite société est redevenue partenaire du club en 2023, tous les montants des contrats d’image en question sont déclarés dans le salary cap. Et l’avocat du club d’ajouter : « Je m’étonne de constater que les seules investigations concernent les joueurs du Stade toulousain. Je ne dis pas du tout qu’il y aurait des griefs à faire à d’autres clubs ou à d’autres joueurs. Mais il est assez surprenant de constater que les enquêtes ne visent que le Stade toulousain, ce qui conduit certains observateurs à parler d’acharnement. Ce n’est pas un mot que je reprends à mon compte, ce n’est pas un mot que le Stade toulousain reprend à son compte. Je ne fais que lire, dire, répéter ce que des internautes écrivent et ressentent. Le Stade toulousain semble ciblé. »

L’avenir en question

Au-delà de leurs commentaires et de leur lecture de l’histoire telle que présentée dans les médias, les avocats pointent directement le dispositif du salary cap et ces méandres. Extraits : « Il est infiniment légitime que des sportifs de haut niveau, en particulier des rugbymen parce que leur carrière est brève, puissent compléter leurs revenus de sportifs par des revenus de sponsoring liés à des annonceurs ou à des prestataires pouvant exploiter leur image. Il est tout à fait aberrant -et d’ailleurs à notre avis illégal- que ces revenus soient inclus dans le salary cap, qu’ils soient assimilés automatiquement aux salaires que les clubs versent à leurs joueurs au titre de leur activité sportive. » Et Me Cavalié de terminer : « Ce qui est inquiétant, c’est pour l’avenir. On a le meilleur championnat du monde et on espère tous le conserver. Nous le conserverons à partir du moment où il sera à même de procurer aux meilleurs joueurs du monde les meilleurs revenus. Le salary cap plafonne les salaires que les clubs peuvent verser aux joueurs. C’est légitime et le Stade toulousain approuve ce principe […] Mais si vous bridez en plus la capacité des joueurs à obtenir des revenus de l’exploitation de leur image, vous limitez leur capacité à être correctement rémunérés et, dans cinq à sept ans, voire avant, ils partiront. C’est ça qui est en jeu. Certains disent qu’il faut un nivellement par le bas pour que la compétition reste attractive, donc qu’il ne faut pas que le Stade toulousain gagne toujours. En soi, c’est un sophisme que les chiffres démentent. Quelle est en effet l’évolution des audiences du rugby en France depuis que Toulouse gagne soi-disant trop ? »

https://www.rugbyrama.fr/2026/02/16/affaire-dupont-jelonch-le-salary-cap-manager-en-est-informe-toulouse-contre-attaque-13227581.php

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