Depuis lundi 2 février 2026, la Cour d’assises des Pyrénées-Orientales jugeait une affaire de meurtre sur fond de vengeance familiale dans la communauté gitane. La compagne vient d’être acquittée. Son frère et son père, reconnus coupables, sont condamnés respectivement à 23 et 15 ans de prison pour assassinat et complicité.
Après un procès sous haute tension, le verdict de la cour d’assises des Pyrénées-Orientales est tombé jeudi 5 février 2026 dans le procès de la mort d’Anthony Caragol. L’homme avait été abattu dans la douche de sa maison du Haut-Vernet à Perpignan, le 2 février 2022.
Je n’avais jamais vu autant de gens dans la salle d’assises.
Lise Peltier, avocate de Maria Santiago, veuve de la victimeFrance 3 Occitanie
Si tout dossier d’assise est compliqué, on peut dire que l’implication humaine a été très importante dans l’affaire Santiago/Caragol.
Ce dossier de meurtre sur fond de vengeance familiale dans le milieu gitan a eu des retentissements forts dans la communauté.
« Je n’avais jamais vu autant de gens dans la salle d’assises. C’est un dossier qui, manifestement, a remué une partie de la population perpignanaise » commente Maître Lise Peltier, avocate de Maria Santiago, la veuve de la victime.
Vincent Santiago, 28 ans, beau-frère de la victime et tireur présumé, a été reconnu coupable de meurtre jeudi 5 février 2026 et condamné par la cour d’assises des Pyrénées-Orientales à 23 ans de prison.
Gabriel, le père âgé de 51 ans, jugé pour complicité d’assassinat, écope d’une peine de 15 ans. Tous deux encouraient la réclusion criminelle à perpétuité.
Quant à Maria Santiago, 31 ans, la compagne de la victime et qui était soupçonnée d’avoir joué un rôle central dans cet assassinat, elle vient de se voir acquittée à la majorité. Un verdict que son avocate estime « tout à fait adapté ».
Il est apparu de manière flagrante à l’audience que Maria Santiago était beaucoup plus une victime qu’un auteur dans ce dossier.
Maître Lise Peltier, Avocate de Maria SantiagoFrance 3 Occitanie
Selon l’avocate, les éléments qui étaient à charge contre Maria Santiago, la veuve de la victime, « n’étaient pas véritablement probants ». « Elle vivait ce drame » poursuit Maître Peltier « où elle était écartelée entre la fidélité qu’elle devait avoir à l’encontre de sa famille originelle et de sa famille choisie, c’est à dire celle de son conjoint. »
Un déchirement qui s’est encore manifesté hier à l’annonce du verdict. « Elle a du gérer la joie d’être enfin innocentée et en même temps affronter la difficulté et la peine de voir les peines prononcées à l’encontre de son père et de son frère » explique Maître Peltier qui souligne également que les deux accusés ont exprimé leur joie et leur soulagement que Maria ne soit pas condamnée.
« Leur choix a été d’appliquer la peine de mort et de l’exécuter sous sa douche« , a estimé l’avocate générale. Le principal accusé, en détention provisoire depuis son arrestation deux mois après les faits, a toujours reconnu avoir voulu attenter à la vie de son beau-frère. Mais sa sœur, elle, n’a jamais cessé de nier toute implication dans le drame.
Le père a, lui, fini par reconnaître devant la Cour qu’il avait bien accompagné son fils sur les lieux du meurtre. Mais pas pour tuer Anthony Caragol, seulement pour intimider son gendre.
À la barre, le principal accusé, Vincent Santiago, a donc à nouveau reconnu avoir prémédité son geste. L’élément déclencheur selon lui : le viol supposé de sa jeune sœur de 14 ans – au moment des faits – par la victime. Des soupçons formés dans un contexte très compliqué. Maria accuse son compagnon de violences et de tromperies. « Il y avait une femme qui était maltraitée par son compagnon et les familles ont voulu régler cette situation d’une manière effectivement illégale« , commentait Me Adrien Gabeaud, avocat de Gabriel Santiago, au premier jour d’audience.
Alors, le soir du 2 février 2022, Vincent Santiago et son père Gabriel se rendent en voiture au domicile de Maria et Anthony Caragol, dans le quartier du Haut-Vernet à Perpignan. Vincent tire sur son beau-frère à plusieurs reprises alors que celui-ci se trouvait dans sa douche. La victime meurt sur le coup.
Restent deux petites filles, âgées de 4 et 6 ans, privées de leur père mais qui retrouvent les bras de leur maman disculpée de toute accusation.
