Les agriculteurs arrêtent les camions au portail du port de Sète (Hérault), ce jeudi 15 janvier depuis 7h. Ils contrôlent l’origine de la cargaison des poids-lourds pour mettre en lumière la « concurrence déloyale intenable » avec les pays étrangers.
« Stop, arrêtez-vous ! », lance un agriculteur au chauffeur d’un poids-lourds. Dès 7h, ce jeudi 15 janvier, les agriculteurs ont mené une nouvelle action pour dénoncer une « concurrence déloyale intenable » avec les pays étrangers. Une soixantaine de manifestants arrêtent et contrôlent l’origine des produits transportés par les chauffeurs routiers à l’appel de la FDSEA34 et des Jeunes agriculteurs de l’Hérault. Ils ont été rejoints par des membres de ces syndicats dans le Gard et la Lozère.
Plusieurs poids-lourds viennent au port de Sète pour récupérer du soja d’Inde. « Ça part dans la Drôme pour être transformé en engrais », indique Thierry, un chauffeur arrêté par les agriculteurs. D’autres camions viennent pour de l’huile de colza.
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Des vaches transportées alors que les règles sont toujours en vigueur pour éviter la propagation de la DNC
Au cours de la matinée, les agriculteurs ont compté une dizaine de poids-lourds avec des bovins à bord, ce qui représente près de 300 bêtes. Ces vaches sont transportées du Danemark au Maroc pour être engraissées. « On est un peu surpris », lâche un viticulteur.
Depuis mi-décembre et la découverte de cas de dermatose nodulaire contagieuse dans la région, 18 communes héraultaises font partie de la zone réglementée. Les éleveurs bovins de ces communes ont interdiction de déplacer leur troupeau. Dans ce cas précis, les transports sont autorisés dans la mesure où les vaches ne s’arrêtent pas et qu’elles traversent un territoire où la campagne vaccinale est mise en place selon Fanny Tamisier, vice-présidente de la FDSEA du Gard.
À travers cette action, les agriculteurs entendent démontrer la « concurrence déloyale intenable » dont ils se disent victimes. « Par exemple, en Italie, vous avez des hectares et des hectares de bâtiments d’engraissement parce qu’il n’y a pas les mêmes normes qu’en France qu’en Italie : on n’impose pas le même nombre d’animaux au mètre carré. Ensuite, il y a des coûts qui sont beaucoup moindre que chez nous : les intrants, la main d’œuvre » décrit Fanny Tamisier, vice-présidente de la FDSEA du Gard.
« Action symbolique »
À la mi-journée, le président des Jeunes agriculteurs de l’Hérault, Rémi Dumas indique que l’opération continuera une bonne partie de la journée. Les manifestants laissent sortir du port tous les camions, sauf ceux transportant du colza qui « peut être produit en France ». Il a reçu, avec d’autres agriculteurs, par le directeur du port, le directeur de la partie commerce, celui en charge des fruits et légumes et celui de la coopérative qui se charge du transport de bovins pour discuter du fonctionnement du site.
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