Réveil difficile ce samedi 10 janvier pour la direction de la Mutuelle sociale agricole à Montauban. Dans la nuit, les locaux du site d’accueil ont été la cible de dégradations importantes. Les locaux sont inutilisables pour une durée indéterminée.
Comment organiser le travail des 130 salariés dans des locaux maculés de lisier ?
C’est la question que se pose ce 10 janvier la direction de la Mutuelle sociale agricole de Montauban. Le site d’accueil et de traitements des dossiers des agriculteurs, comme le site informatique, ont été la cible dans la nuit de vendredi à samedi de dégradations inédites.
Des bureaux envahis par le lisier sont impraticable. Des dégradations massives ont eu lieu dans les locaux de la MSA de Montauban dans la soirée du 9 janvier. • © PMS
« On sait que la MSA est souvent la cible de déversements en tout genre lors de mouvements de colère des agriculteurs. On ne s’y habitue jamais. Mais là on a franchi un pas. Le lisier a été déversé à l’intérieur des bureaux. Il s’est infiltré d’un étage à l’autre. Les salariés travaillent pour le monde agricole. Ici on s’occupe des retraites, des maladies…On ne pourra plus accueillir de public pour une durée indéterminée », se désole le directeur adjoint de la MSA Midi-Pyrénées nord, Pierre-Marie Sennes.
Des bureaux inutilisables. Le lisier s’est infiltré d’un étage à l’autre. Le travail de 130 salariés va devoir être réorganisé. • © PMS
Le site de Montauban ferme donc ses portes. Une cellule de crise est en place pour programmer la poursuite du travail des équipes sans bureau, sans locaux. Il est encore trop tôt pour chiffrer le bilan des dégâts. « Je crains que ce ne soit bien plus que du simple nettoyage. La priorité est de sécuriser le site », explique Pierre-Marie Sennes.
Dans la soirée de ce vendredi 9 janvier plusieurs sites ont été pris pour cible comme l’indique ce communiqué de la préfecture du Tarn-et-Garonne.
Sabine Delbosc, La présidente de la MSA Midi-Pyrénées nord qui regroupe 4 départements, est quant à elle « sidérée ».
« Je suis agricultrice, éleveuse de bovin en Aveyron. La colère agricole je la comprends. Les inquiétudes autour de la gestion de la dermatose, du Mercosur, de l’avenir, je les vis. Mais en tant que représentante de la MSA je ne comprends pas pourquoi la mutuelle sociale agricole est toujours perçue comme un problème. C’est en fait un outil au service des agriculteurs. Au conseil d’administration il y a des agriculteurs, des salariés. Ce n’est pas une administration de l’Etat. Elle n’est perçue, à tort, que comme une institution qui collecte les cotisations et aujourd’hui il y a un rejet de tout ce qui est institutionnel », précise-t-elle.
La présidente espère que rapidement des solutions seront trouvées pour poursuivre le traitement des dossiers et rester au contact des agriculteurs.
La MSA régulièrement confrontée aux déversements en tout genre aux portes des locaux n’a pas pour habitude de porter plainte. Mais ce sera le cas cette fois au regard de l’ampleur des dégâts.
