Depuis le début de la campagne, Toulon joue avec le trident arrière le moins grand de la compétition. À l’heure où la lutte aérienne n’a jamais eu une place aussi importante dans le jeu, les Varois misent aussi sur d’autres qualités.
Qui a dit que les rugbymen font tous, peu ou prou, 185 centimètres de haut ? Sur la rade, Pierre Mignoni, avec ses 170 centimètres au compteur, a tordu le cou aux idées reçues des standards du rugby professionnel. Ces dernières saisons, il n’a pas hésité à apporter une confiance totale au minot Marius Domon (1,83 m), à recruter le canonnier Melvyn Jaminet (1,80 m), le doué Mathis Ferté (1,72 m) et le funambule Setariki Tuicuvu (1,79 m), et à s’appuyer sur le supersonique Gaël Dréan (1,84 m), ou encore le précieux Gabin Villière (1,80 m). Dans l’effectif professionnel, il n’y a que le longiligne et champion olympique à 7 Rayan Rebbadj (1,90 m), pas encore apparu sur la scène continentale cette année, qui détonne au milieu de ses partenaires.
En comparaison avec les autres formations, sur les deux premières journées de Champions Cup, le club du muguet a titularisé, de loin, le trident arrière le plus petit (1,78 m de moyenne). Bien loin du podium composé par Leicester (1,88 m), Bristol (1,88 m) ou encore Édimbourg (187,6 m), où les Varois avaient perdu en ouverture de campagne (33-20), le RCT rend en moyenne un peu moins de huit centimètres à ses rivaux continentaux (184,4 m). Les Sale Sharks (179,3 m) et les Bulls (180,5 m) sont les seules écuries à jouer, dans ce secteur, vers les mêmes hauteurs que les Rouge et Noir : « Cette tendance me plaît, tranche l’ex-ailier de poche Marc Andreu. J’aime voir des mecs avec des physiques différents sur le terrain. La période des physiques monstrueux disparaît un peu, et on privilégie, avant tout, l’émergence des talents. Des gars comme Dréan, Ferté compensent avec beaucoup de vitesse, de technique, et par le fait de sentir le jeu. Ils sont souvent bien placés. Ça prouve que le rugby est encore accessible pour tous les morphotypes. »
Une marge de progression dans les airs
Dangereux au sol avec la vitesse de ses ailiers et arrières – Dréan (8 réalisations) et Ferté (6 réalisations) sont d’ailleurs les meilleurs marqueurs du club -, Toulon n’en est-il pas plus friable dans le domaine aérien, avec, de surcroît, l’interdiction des escortes ? « Pour moi, ils ne sont pas en déficit par rapport à d’autres clubs, a jugé le cofondateur de la société DROPCLEAN. Ils peuvent progresser. Quand on a un déficit de taille, il faut compenser par énormément d’énergie. À Toulon, il y a toujours eu ce type de joueurs (rires). La taille ne fait pas tout dans ce domaine. »
Après avoir donné en exemple des garçons comme Arnold, Palisson et Dulin, l’ex-Toulonnais a insisté concernant un aspect bien spécifique de ce secteur clé : « Il y a de la technique, bien évidemment, avec cette nouvelle volonté de volleyer les ballons notamment en phase offensive, et d’aller toujours au saut même quand il y a un peu de retard. Mais, les joueurs brillants dans le jeu aérien le sont grâce à l’aspect mental et la confiance accumulée. Les meilleurs sont ceux qui ne doutent pas et qui sont toujours positifs. »
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