Alors que le froid sévit, Robert Ménard, le maire de Béziers et Jacques Lucbereilh, le sous-préfet, ont suivi une maraude et sont allés à la rencontre des sans-abri ce mardi 6 janvier à Béziers.
Attisé par une vive Tramontane, en ce début de soirée, le froid se fait de plus en plus piquant. Il est 19 h à proximité de la médiathèque André-Malraux de Béziers. Les bénévoles de l’association Maraude 34, de l’Association biterroise entraide solidarité (ABES), de l’Ordre de Malte, mais aussi des membres du CCAS de la municipalité biterroise sont sur le pont.
Ils distribuent de quoi se restaurer et des kits « Grand froid » à une vingtaine de SDF venus à leur rencontre. Olivier, 57 ans, en fait partie. Son bonnet vissé sur la tête, il serre dans ses mains un gobelet de soupe chaude : « Un divorce, l’alcool… Cela fait cinq que je suis à la rue, dit-il. J’ai tout perdu. Je suis originaire de Lens. Je suis venu dans le Sud chercher la chaleur. Où je vais dormir ce soir ? Et bien, dans la rue… Ce sont les mois les plus froids. Cela fait du bien de voir tous ces gens. »
« On n’a rien pour se laver et se changer »
Son copain Antoine vient d’être interviewé par des journalistes TV. Il n’en revient pas : « Je vais passer à la télé, tu te rends », compte lance-t-il à Olivier. Il s’arrête soudain de sourire : « Le plus difficile, c’est qu’on n’a rien pour se laver et se changer, regrette-t-il. Il me faut le dire à monsieur Ménard. Il pourra peut-être faire quelque chose pour nous… »
Accompagné de Jacques Lucbereilh, le sous-préfet de Béziers, l’édile s’inquiète justement de savoir où vont dormir ces SDF. Il discute avec Nathalie Clutot, la directrice du CCAS. Elle vient de lui signaler qu’une jeune femme a été repérée à la rue avec son enfant de 5 ans : « Le maire a demandé qu’elle soit logée à l’hôtel, raconte-t-elle. Aujourd’hui, nous avons racheté 26 nouveaux kits pour que les associations les distribuent. Tout cela a un coût. C’est la raison pour laquelle nous demandons aux gens qui ont des affaires chaudes et en très bon état de nous les faire passer afin que nous puissions les remettre aux sans-abri. Il suffit de nous téléphoner. »
Il est l’heure de lever le camp : « Nous partons à la gare », lance Robert Ménard emmitouflé dans son manteau. Il fait encore plus froid. La température ne dépasse pas 2 degrés. Au loin, Olivier et Antoine marchent le long de l’enceinte de l’IUT. Ils vont chercher un endroit pour dormir.
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