Les préfets du Tarn et du Tarn-et-Garonne ont annoncé mercredi 31 décembre 2025 qu’ils allaient déposer plainte en raison de dégradations occasionnées par des agriculteurs mobilisés contre la gestion de la crise de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC).
La colère des agriculteurs a été chiffrée par les deux préfets des départements les plus touchés par les manifestations. Dans le Tarn et le Tarn-et-Garonne, les préfecture ont annoncé mercredi 31 décembre porter plainte contre les agriculteurs pour les dégradations occasionnées lors de leurs différentes actions.
Dans le Tarn, les manifestants ont occupé la route nationale 88 pendant plus de dix jours, du 12 au 24 décembre. Deux jours après leur départ, la préfecture a entamé le déblayage de l’axe pour permettre une remise en service.
Les agriculteurs auraient laissé sur place « des volumes considérables de déchets » nécessitant une opération de désamiantage coûtant 38.000 euros.
Le préfet du Tarn-et-Garonne, quant à lui, porte plainte après des dégradations à l’entrée de Castelsarrasin : un portail en bois aurait été enfoncé par des tracteurs.
Le déblayage des déchets, déposés par des agriculteurs lors des manifestations de décembre 2025, est estimé à près de 200 000 euros par les deux préfectures. • © LAURENT ESTREBOOU / Hans Lucas
Le coût de l’ensemble des manifestations dans le département ces dernières semaines est évalué à 185.000 euros (déversements, nettoyage, traitement, avec notamment du glyphosate et de l’amiante dans les déchets), d’après cette préfecture.
Selon l’AFP, le quotidien La Dépêche du Midi entend aussi déposer plainte après qu’une de ses agences locales a été prise pour cible dans le Gers.
Pas de trêve pendant les fêtes de fin d’année pour les agriculteurs en colère, notamment pour Les Ultras de l’A64, postés à Carbonne en Haute-Garonne. L’A75 en Lozère reste également partiellement bloquée.
Parallèlement, la campagne de vaccination se poursuit dans l’ensemble de la zone particulièrement touchée par la DNC. Dans les dix départements du Sud-Ouest, 67,7% du cheptel, soit 481.967 bovins, ont été vaccinés contre cette maladie, selon un bilan du ministère de l’Agriculture. L’activité des éleveurs reste néanmoins très affectée, une bête ne pouvant se déplacer hors de l’étable ou être vendue que 45 jours après sa vaccination.
Les agriculteurs maintiennent le blocage sur l’A64 pour le Nouvel An du 1er janvier 2026. • © Francetélévisions
Dans les secteurs un peu plus épargnés par l’épidémie, le dispositif de sécurité sanitaire, qui avait été renforcé, sera allégé à partir de vendredi : les « rassemblements festifs » de bovins, comme les foires agricoles, seront à nouveau autorisés, ainsi que les déplacements de vaches.
Mais les manifestations ne cessent pas pour autant. L’intersyndicale agricole compte bien « maintenir la pression » sur le gouvernement jusqu’à ce que ses revendications soient entendues.
