Remplaçant au coup d’envoi face à Lyon, Antoine Dupont a fait une entrée remarquée lors de la victoire des siens pour cette 12e journée (41-19). Le demi de mêlée a été auteur de gestes de classe et a, en grande partie, permis à Toulouse de rentrer avec le bonus offensif.
On peut mesurer la grandeur d’un bonhomme à l’accueil que lui réserve le public adverse. Quand il est entré sur la pelouse de Gerland (55e), Antoine Dupont a été chaleureusement salué, comme s’il leur avait manqué. Remplaçant un malicieux Graou, le capitaine du XV de France s’est montré décisif en plus d’être classe, dans un match où la pression était forte pour les Toulousains, après la désillusion à Édimbourg le week-end passé et après une semaine extra-sportive sous tension.
D’entrée de jeu, sur son premier ballon (56e), il trouve l’espace dans la défense, s’y engouffre pour servir Ramos à son extérieur, avant d’être percuté illégalement par Dumortier – qui devait bien sentir qu’il ne fallait pas que le numéro 9 retrouve son fauteuil de « ministre de l’Intérieur » sans quoi un nouvel essai pouvait accoucher. Percée, passe propre et pénalité obtenue pour une touche dans les cinq mètres lyonnais. Ça, c’est sa première action. Aussi, sur l’essai de Roumat (72e), il n’est pas facteur déterminant mais fixe tout de même parfaitement son défenseur Iosefa Masi pour créer le décalage. Alors qu’il entre en jeu à un moment où Toulouse vient à peine de repasser devant et aspire à rentrer déjà avec quatre points, il permettra, de par ses inspirations, d’empocher le bonus offensif.
Un arrachage puis une chistera, gestes décisifs
D’abord, on le retrouve sur l’essai de Paul Costes (72e). Situé sur ses 40 mètres, il prend cinq pas de recul pour envoyer une énorme frappe transversale dans l’angle droit complètement découvert, visant un 50/22 ou, a minima, mettant la pression sur le dernier rideau lyonnais. Finalement, le jeune Pouzelgues devance Dumortier et a l’intelligence de lever le ballon pour son ami trois-quarts centre. Essai toulousain, qui n’est plus qu’à un essai du bonus.
À la 78e, une mêlée toulousaine tourne en bras cassé que Dupont joue vite. Panique à bord dans la défense et le Toulousain sert Banos qui s’en ira finalement marquer. Essai refusé. La passe de Dupont est jugée en avant, assez logiquement. « On ne peut plus jouer au rugby », lira-t-on alors sur ses lèvres. Première alerte donc. Cependant désormais, la munition en mêlée est lyonnaise, alors que la sirène approche (79’34 au compteur) et que les espoirs de bonus offensif s’amenuisent.
Le Lou fait circuler la balle, comme dans une volonté de finir sur une note positive et pourquoi pas un essai, anecdotique comptablement cela dit. Après une poignée de séquences, Saginadze fonce sur Dupont. Droit comme un i, le champion olympique ne bouge pas face au troisième ligne géorgien. Lucide, il sait qu’il faut vite inverser la possession pour espérer ce précieux point supplémentaire. Dans ce turnover déterminant, « Toto » arrache le ballon des gros bras de son adversaire et envoie une douce chistera dans les bras de Ramos. Toulouse a désormais son destin entre les mains. C’est finalement quelques minutes plus tard, après plusieurs temps de jeu de passes et d’avancées, que les Rouge et Noir s’offriront l’essai du bonus par Lucas Vignères, bien après la sirène (82e).
Bonifiés en prime donc, les Toulousains ont glané un succès important – pour ne pas laisser Pau seul en tête – et historique, puisque le dernier remontait à 2017 et une titularisation de Florian Fritz en 13. Une anecdote qui ne rajeunit personne !
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