Un temps menacé par un décret, le remboursement des cures thermales pour les personnes atteintes d’affection longue durée ne devrait, finalement, pas être remis en cause. Un soulagement pour les thermes des hauts cantons biterrois, qui restent tout de même vigilants.
Le soulagement est bientôt au bout du tunnel pour de nombreux patients et acteurs du thermalisme en France, et particulièrement dans le nord-ouest de l’Hérault où deux établissements soignent des milliers de personnes chaque année. Depuis mi-septembre, les stations thermales de Lamalou-les-Bains et Avène craignaient, comme toutes les autres, la signature d’un décret qui aurait diminué la prise en charge totale des cures thermales pour les patients souffrant d’affection longue durée.
Après un long combat de tous les acteurs concernés, le gouvernement s’est finalement engagé à ne pas passer en force (voir ci-dessous) et aucun déremboursement n’est prévu dans le Projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), adopté par l’Assemblée nationale, ce mardi 16 décembre.
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« On imagine les patients rassurés »
« Cela a été une négociation assez poussée avec une forte mobilisation de la filière et de certains parlementaires, explique Guillaume Dalery, maire de Lamalou-les-Bains et trésorier à l’association nationale des maires de communes thermales. Les communes et les centres thermaux, aussi, ont tenu à expliquer les conséquences des baisses de remboursement. »
Comme le fait que certains patients à la situation financière précaire auraient dû renoncer à ces soins thermaux, pourtant efficaces pour atténuer certains effets secondaires de maladies chroniques et incurables. « Les patients qui souffrent de maladies dermatologiques ont aussi besoin de nous », abonde la directrice des thermes d’Avène, Sophie Mery.
« Il y a un bienfait qui dure pendant des mois après la cure, ça permet de baisser les traitements, diminuer le nombre d’arrêts maladie ou d’hospitalisations, poursuit-elle. Au contraire, ça aurait pu aggraver les pathologies et peser plus lourd sur les finances. On imagine les patients rassurés. »
« La tranquillité, on l’aura une fois que les cures thermales seront sanctuarisées »
Pour autant, tous restent encore prudents face à la menace de cette année, qui n’a pas été la première et ne sera pas la dernière, et qui a eu un impact sur l’activité. « Dans certaines stations thermales, il y a eu des baisses significatives des réservations à cause de cette actualité, indique Guillaume Dalery. On est plutôt confiant mais on reste mobilisé car ça peut encore évoluer. Quand ce sera consolidé, on communiquera avec nos curistes. »
« Oui on est rassuré, abonde Sophie Mery. Mais on souhaite que ce remboursement des cures thermales soit pérenne. C’est toujours une piste d’économie qui revient sur le devant de la scène. Mais c’est une fausse bonne idée. La tranquillité, on l’aura une fois que les cures thermales seront sanctuarisées. »
La menace d’un décret plane toujours selon un sénateur de l’Hérault
Parmi les 25 parlementaires ayant pointé du doigt ce décret de déremboursement partiel des cures thermales pour les patients souffrant d’affection longue durée, le sénateur de l’Hérault, Hussein Bourgi, appelle tout de même à la prudence.
« Il faut rester extrêmement vigilant, alerte-t-il. Ce n’est pas parce qu’il n’y a plus de risque avec l’adoption du PLFSS qu’il n’y aura pas de décret pris par le gouvernement. Ce ne serait pas la première fois que la ministre tente de passer par le trou de la serrure alors que la fenêtre et la porte ont déjà été fermées à double tours. Un décret pourra être pris n’importe quand par l’exécutif, ce qui serait peu respectueux du travail parlementaire. »
Dans la juste lignée de son refus d’utiliser l’article 49 alinéa 3 de la Constitution, le cabinet du Premier ministre, Sébastien Lecornu, se serait tout de même engagé à ne pas utiliser de décret, selon les informations de Midi Libre. Affaire à suivre.
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