Six vigiles ont été jugés pour des violences, trois ont été condamnés à de la prison, deux ont reçu des amendes et un a été totalement blanchi des poursuites. Ils ne feront pas appel de la décision des juges.
Six vigiles étaient poursuivis devant le tribunal de Béziers pour des violences commises l’été dernier sur deux jeunes clients de la boîte de nuit L’Amnésia au Cap d’Agde. Ce jeudi 4 décembre, le tribunal de Béziers a rendu son délibéré. Trois d’entre eux ont été condamnés pour des violences sur une des victimes. Leurs peines vont de 6 mois avec sursis à 18 mois dont six mois avec sursis. Ils n’ont plus le droit d’exercer leur fonction d’agent de sécurité pour une période de trois à cinq ans. Ce qui ne devrait pas leur poser de problème puisque la société qui les emplois paye leur service en tant qu’agent d’accueil.
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Trois personnes relaxées pour les violences
Un a été condamné à trois mois de prison pour le vol du téléphone qu’il a rendu à la victime au moment des faits. Un autre a été condamné à une amende de 500 € pour tentative de suppression des données du fameux téléphone et enfin le dernier a été relaxé de l’ensemble des poursuites. Un délibéré amer pour les avocats de la défense qui ne feront pas appel de la décision rendue ce jeudi à Béziers.
Le jour de l’audience, le 12 novembre, Me Cyril Malgras avait plaidé : « Qui connaît quelqu’un qui va au chevet de son frère qui s’est fait tirer dessus et qui est blessé par balles ? Moi non. En plus, cette victime… Elle n’est même pas présente aujourd’hui pour défendre ses intérêts. Si, le jour des faits, les policiers étaient allés au domicile de ces deux jeunes qui hurlaient “On va te faire un Bataclan” aux vigiles de L’Amnésia et qu’ils avaient trouvé des armes, ceux-là (il montrait les six prévenus), ce seraient des héros. Non, rien n’a été fait ».
Des avocats déçus
Me Annabelle Soyer était très déçue après les délibérés. « J’ai le sentiment de ne pas avoir été entendue. Que la version de mon client n’a pas été retenue. Bien entendu que c’est un délibéré qui ne nous convient pas. Mais mon client a décidé de ne pas faire appel. Il baisse les bras. Il paye cher un coup de pied aux fesses. C’est pour cela que j’ai demandé à la présidente si, dans ses motivations, l’ensemble des peines avaient bien été détaillées. Un coup de pied aux fesses ce n’est pas ce qui a causé 45 jours d’ITT. »
Me Emmanuel Le Coz pour le prévenu qui a écopé d’une amende de 500 € pour tentative de destruction de fichier confirme que son client arrête là. « Mon client ne fait pas appel. Avant l’audience, il était en souffrance psychologique et se trouvait dans les mailles d’un filet judiciaire qui ne le concernait pas. On le voit donner le téléphone de la victime à un de ses collègues pour faire effacer une vidéo et personne n’y parvient. Ce qui est énorme, c’est que cette vidéo, ils n’avaient pas à la prendre pour la diffuser sur les réseaux. »
Me Marc Gallix, l’avocat de la victime qui a été gravement blessé à la jambe et qui s’est vu ordonner une ITT de 45 jours a trouvé que la décision rendue par le tribunal « avait pris en compte le comportement des victimes qui étaient très provocatrices, et n’a pas suivi les réquisitions tout en prenant en compte des actes de violence démesurés des vigiles en rapport aux risques encourus. Cette réponse met en lumière les deux facettes de ce dossier. »
Désormais, c’est vers le gérant de L’Amnésia et son épouse, qui gère la société employant les agents de sécurité, que la justice a promis de se tourner.
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