Champions Cup – « C’est pour l’instant un titre que je n’ai pas connu sur le terrain », clame Ange Capuozzo avant d’affronter les Sharks avec Toulouse

Avant la première journée de Champions Cup, qui verra le Stade toulousain recevoir les Sharks de Durban dimanche, l’ailier Ange Capuozzo revient sur sa relation avec cette compétition et les ambitions qui le guident. Il pose aussi un regard lucide sur son début de saisons, qui l’a vu inscrire sept essais en huit matchs.

Le week-end dernier a été chargé en émotions avec le dernier match de Pita Ahki, comme l’avait été la semaine de préparation. Comment l’avez-vous vécu ?

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C’est bien de parler de la semaine aussi, parce qu’elle a effectivement été riche en émotions. Je pense que c’est important de savoir aller un peu au-delà du sportif à des moments, de se rendre compte du chemin que certains ont parcouru dans ce club. C’est ce qui nous fait prendre conscience individuellement de l’endroit où on est.

En quel sens ?

C’est le propre de nos parcours. On ne parle pas que de rugby, mais de tous les domaines de notre vie. Je pense qu’on se rend mieux compte de l’endroit où on est et du chemin parcouru lors d’événements un peu particuliers comme celui-là. Cet événement marque d’une pierre blanche les raisons pour lesquelles nous sommes là, et pour lesquelles on a fait le choix d’être sportif de haut niveau, de vivre cette aventure avec tous ces mecs. C’est un point de repère dans nos carrières. Et c’est bien de pouvoir reconnaître ce genre de personnes, une légende comme Pita. C’est ainsi que le club se construit. J’ai vraiment ressenti de la gratitude de pouvoir partager les derniers moments de Pita au club.

En tant que partenaire, quelle image garderez-vous de lui ?

Un roc. Voilà l’image que j’ai de lui. On sait trop bien la difficulté de ce championnat, d’être constant mois après mois, et encore plus année après année. Je le répète, c’est un roc. C’est ce qu’il m’inspire en tout cas quand on fait le bilan de ce qu’il a fait. Il a su durer dans un sport et un championnat qui repoussent un peu les limites de nos corps. Grand coup de chapeau à lui.

Revenons à l’actualité sportive. Est-ce toujours aussi singulier de basculer sur une autre compétition cette semaine, à savoir la Champions Cup ?

Bien sûr. On en a l’habitude mais ça ne veut pas dire que ce n’est plus spécial. C’est toujours un moment particulier. De la même sorte, quand on repasse au championnat derrière, ou quand on part en sélection, il existe une forme de transition qui reste très spécifique à gérer.

Alors, que ressentez-vous avant d’affronter les Sharks de Durban ?

Beaucoup d’excitation. Disons que ça change encore un peu de ce qu’on a l’habitude de préparer depuis quelques semaines entre la sélection, le championnat, les doublons, etc. Je sens de la motivation chez tout le monde. Et ça fait plaisir de retrouver un groupe à nouveau unifié pour préparer ce genre de rencontre. Cela fait quelques longues semaines que ce n’avait pas été le cas.

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Effectivement, beaucoup d’internationaux étaient en sélection en novembre et certains étaient en congés la semaine dernière. Les repères collectifs reviennent-ils rapidement ?

Oui, ça revient très vite, mais ça reste quand même toujours un peu en mouvement. Ici, on essaie de ne pas être statique dans notre rugby. Donc, même si les repères reviennent vite, il ne faut pas traîner dans ce genre de semaine.

L’an passé, à la même période et alors que vous aviez réalisé un excellent début de saison, vous disiez avoir fait de cette compétition un grand objectif personnel…

Oui, c’est vrai. Pour moi, ça avait été un peu un rendez-vous manqué lors des deux saisons précédentes. Je n’avais pas réussi à enchaîner les matchs de poule tout d’abord, ni ceux de phase finale ensuite. L’année dernière, ça a quand même été mieux. Mais…

Mais quoi ?

Il y a toujours chez moi, comme chez les autres, cette envie de pouvoir continuer de gagner. La Champions Cup, c’est pour l’instant un titre que je n’ai pas connu sur le terrain. Donc, ça reste encore un objectif très important pour moi.

Et ça commence dimanche…

Oui, c’est un gros morceau de la saison, encore plus dans cette période chargée entre décembre et janvier. En Champions Cup, il va y avoir quatre grands matchs et l’ambition est encore très importante. C’est vrai pour l’équipe et pour moi. Ma relation avec cette compétition n’est pas linéaire, mais j’espère qu’elle sera belle cette année.

Ange Capuozzo n’a joué que huit matchs de Champions Cup dans sa carrière Icon Sport – Hugo Pfeiffer

L’ambition pour le club est-elle à l’assaut de ce trophée ?

On doit s’inspirer de ce qui a été fait la saison dernière (défaite en demi-finale à Bordeaux, NDLR). Je parle individuellement, mais aussi collectivement, pour ce qui a été bon et ce qui l’a moins été. On a souffert de petits détails qu’on a un peu traînés comme un caillou dans la chaussure sur la fin de saison. On apprend. Moi aussi, et j’espère être au rendez-vous pour l’équipe dans les moments qui vont vraiment compter. Il y a un trophée à aller chercher au bout. C’est tôt pour en parler, mais il faut avoir cette ambition-là.

Vous parliez des enseignements de l’an passé. Vous avez constaté que le moindre point de bonus laissé en route en phase de poule peut coûter cher…

C’est exactement ça. Cette compétition ne nous laisse pas le temps. On doit très vite être performant, très vite répondre aux exigences, très vite marquer des points, et ne pas en laisser passer. La Champions Cup ne nous attend pas. Je l’ai dit, cette période de décembre et janvier est très dense, mais fin janvier, on verra comment le tableau s’ouvre ou pas pour la suite. C’est un sprint, on emploie souvent ce mot pour définir cette compétition, et il va falloir être prêt dès ce week-end.

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Peut-on assumer le fait de viser un 20 sur 20 en phase de poule, à savoir quatre victoires bonifiées ?

Ce n’est pas tellement viser le 20 sur 20, c’est surtout de viser le maximum de nos capacités sur chaque match au moment M. Le maximum, déjà, c’est de gagner, c’est de mettre le plus d’essais possibles. Dans cette compétition, il faut de toute façon marquer pour avoir un point de bonus. Il n’y a pas de points d’écart à aller chercher. Donc, plus que viser le 20 sur 20, il faut faire quatre prestations abouties et pousser notre machine au maximum de ce qu’elle peut faire actuellement.

Justement, cette compétition oblige à être ambitieux dans le jeu et sur le plan offensif. Connaissant votre profil, on se dit que ça vous correspond plutôt bien…

On ne sait que trop bien, en voyant certaines grandes équipes qui gagnent et sont devant sur la scène mondiale aujourd’hui, qu’être dominant dans tous les secteurs ne passe pas que par le fait de jouer tous les ballons. C’est un ensemble. Oui, ça me plaît d’avoir cet appétit offensif et c’est aussi pour ça que je suis ici. Mais je suis surtout dans ce club pour gagner, peu importe la manière. Si on doit mettre un maximum d’essais en prenant le minimum de risques, ça m’ira très bien aussi.

Mentalement, est-ce plus simple de passer sur la Champions Cup avec le sentiment du travail accompli en Top 14, puisque vous êtes leaders ?

Bien sûr. On va dire que ça nous déleste d’un poids au moment d’arriver sur cette compétition. C’est quelque chose qui a été fait, qui est derrière. On n’a pas à s’attarder ou à faire trop d’introspection sur le championnat. Maintenant, on peut avoir la tête à 100 % sur la Champions Cup.

À titre personnel, même si vous avez raté les premières semaines de compétition car vous reveniez de blessure, votre début de saison est très positif. Entre le Top 14 et la sélection italienne, il n’y a qu’un seul de vos huit matchs lors duquel vous n’avez pas marqué d’essai…

Oui, ça monte crescendo. Très honnêtement, je ne vais pas rentrer dans les détails techniques et tactiques de toutes mes prestations, mais je ne suis pas satisfait à 100 % de ce qui a été fait jusqu’à présent.

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Vous êtes pourtant très efficace…

Mon rôle numéro un, c’est de finaliser les actions et de marquer. C’est très bien que ce soit le cas, mais j’en attends encore plus physiquement, techniquement et tactiquement. La saison avance, on est au mois de décembre maintenant et j’ai raté presque un mois et demi en début de saison. Je compte bien continuer à progresser parce qu’il y a des choses sur lesquelles je pense pouvoir monter le curseur d’ici les matchs qui vont compter.

Cela traduit-il votre exigence personnelle ?

C’est de l’exigence personnelle et de l’exigence de groupe aussi. On est dans un effectif qui, comme je l’ai déjà dit, ne nous attend pas. Les compétitions et le calendrier font que tout va très vite et qu’on a aussi un devoir vis-à-vis des autres, pour constamment progresser et être à la hauteur des ambitions.

Mais en quoi votre efficacité actuelle apporte de la confiance à l’ailier que vous êtes ?

À chaque poste, on a nos points références, qui nous mettent en confiance. Le buteur, ça va être les points mis au pied. Les avants, ça va être une mêlée ou une touche. Pour un ailier, marquer, c’est toujours très important et ça nous maintient à un niveau de confiance élevé. Je suis quand même très content de cela. Mais, ce que je veux dire, c’est qu’il y a encore pas mal de choses à bosser et à faire évoluer si je veux pouvoir apporter ma pierre à l’édifice dans les mois à venir.

Quel regard portez-vous sur votre dernière période internationale avec l’Italie, qui a vu votre équipe monter en puissance ?

Elle a été très positive. Comme lors de chaque tournée d’automne, ce fut un plaisir de rencontrer les supporters italiens dans d’autres lieux qu’à Rome. Et ça s’est très bien passé, avec beaucoup de choses encourageantes, sur le plan collectif mais aussi individuel. Cela m’a permis, encore une fois, de me confronter à ce qui se fait de mieux actuellement, notamment l’Afrique du Sud. Ce sont des matchs où on apprend énormément et je pense pouvoir m’en servir en club aujourd’hui, à commencer par ce week-end face à des Sud-Africains (sourire).

Vous disiez, ces dernières années, que la bascule entre le club et l’équipe nationale n’a pas toujours été facile à gérer. Avez-vous l’impression de l’appréhender de mieux en mieux ?

Oui, complètement. Je pense que ça vient avec le temps, avec le nombre d’allers-retours, de sélections et l’expérience de gérer tous ces voyages. Aujourd’hui, je me connais mieux et j’essaie de mettre encore plus de sens dans tout ce que je fais, d’optimiser chaque chose au maximum, notamment les voyages qui prennent une part très importante lors de ces périodes-là. Sur ce plan, tout s’est très bien passé.

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