Les représentants de la filière viticole seront reçus ce lundi soir par Annie Genevard, la ministre de l’Agriculture. Le secteur réclame 200 millions d’euros pour financer une nouvelle campagne d’arrachage de vignes et faire face à la crise du secteur.
La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, reçoit ce lundi soir, à 18h30, les représentants de la filière viticole. Une réunion annoncée le 15 novembre dernier, lors de la manifestation des viticulteurs à Béziers, et dont franceinfo et France Inter ont eu confirmation. Le secteur viticole réclame 200 millions d’euros pour financer une nouvelle campagne d’arrachage de vignes et faire face à la crise du secteur. Une crise liée notamment à la baisse de la consommation, mais aussi à la hausse des aléas climatiques, à la concurrence étrangère et à la multiplication des taxes douanières.
Les parcelles arrachées l’an dernier n’ont pas suffi à sortir de la crise. Les 60.000 exploitations viticoles françaises produisent encore trop de vin. « Il y a déjà eu 27.000 hectares l’an dernier d’arrachage aidé, mais en réalité il y en a eu plus, puisqu’il y en a qui arrachent des vignes sans aucune aide », avance Jérôme Bauer, vigneron en Alsace et président de la Cnaoc, la Confédération nationale des appellations d’origine contrôlées sur franceinfo. Pour stabiliser le secteur, le professionnel estime qu’il faudrait « malheureusement » arracher « au moins encore 30.000 hectares de vignes ». Jean-Marie Fabre, président des Vignerons indépendants de France, évalue à 40.000 hectares la surface de vignes à arracher en 2026, a-t-il indiqué sur France Inter,
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Une crise particulièrement marquée dans les régions qui produisent du vin rouge
Toute la France est concernée, mais la crise est particulièrement marquée dans les zones qui produisent du vin rouge, comme dans le Languedoc, en Aquitaine, dans le Rhône ou encore dans le Bordelais, particulièrement touché par des intempéries et des épisodes de canicule. Les vignerons réclament la même aide que l’an dernier, 4.000 euros à l’hectare pour couvrir les coûts d’arrachage définitif et faciliter la transition. L’enveloppe du ministère était, au total, de 120 millions d’euros l’an dernier.
Le président des Vignerons indépendants de France Jean-Marie Fabre attend beaucoup de cette réunion avec la ministre de l’Agriculture. Selon lui, l’une des solutions pour aider les entreprises viticoles est de mettre en place un plan d’arrache ciblé. « Ce sont des entreprises qui vont redimensionner leur exploitation, qui vont les rendre beaucoup plus viables en diminuant la surface et en la limitant à ce qu’ils sont capables de produire mais surtout de valoriser. Et donc ça va faire baisser leurs charges et surtout ça va libérer une part des stocks », avance-t-il sur France Inter.
« C’est un plan social, clairement », indique le président de la Cnaoc sur franceinfo. « Aujourd’hui, la pyramide des âges fait que beaucoup de vignerons sont proches de la retraite sans trouver de succession. On comprend, étant donné la situation économique. Donc cette aide est là pour avoir des terrains nus pour y produire autre chose », ajoute-t-il. Selon lui, le vignoble français doit continuer de se réduire de 20%. De près de 800.000 hectares aujourd’hui, il doit passer sous les 700.000 hectares dans les cinq ans à venir.
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