L’entreprise Bulane, située à Fabrègues (Hérault), teste depuis plusieurs mois une technologie pour rendre les chaudières « hybrides », entre gaz classique et hydrogène. Elle permet de limiter les émissions de CO2 et de diminuer la facture, dans des grands espaces comme les cités HLM ou les lycées.
Utiliser l’hydrogène pour chauffer les bâtiments. C’est ce que propose l’entreprise Bulane, basée à Fabrègues à côté de Montpellier. Elle adapte les chaudières actuelles à l’hydrogène, pour économiser du gaz, donc limiter les émissions de CO2, et également diminuer la facture. En test depuis plusieurs mois, cette technologie va obtenir prochainement le marquage CE (respect des normes européennes), ce qui va permettre de la commercialiser.
Le concept est en fait simple : à côté de la chaudière au gaz, l’entreprise installe un électrolyseur, une machine électrique qui créé de l’hydrogène grâce à l’eau. Cet hydrogène va remplacer, par moments, le gaz pour faire fonctionner la chaudière. « C’est comme une voiture hybride, explique Nicolas Jerez, président-fondateur de Bulane. Parfois il n’y a que le moteur thermique qui fonctionne, donc là il n’y aura que le gaz, et parfois c’est un mixte entre le thermique et l’électrique, en l’occurrence un mixte entre le gaz et l’hydrogène. »
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Un modèle adapté aux immeubles ou aux lycées
La technologie permet donc de chauffer indirectement à l’électricité, mais dans des grands espaces où ça n’est pas toujours possible de mettre directement des radiateurs électriques. C’est le cas des cités HLM, mais pas que. « On veut aussi utiliser ces chaudières dans les lycées, assure Carole Delga, présidente de la région Occitanie, qui a aidé l’entreprise Bulane à hauteur de 540.000 euros. On va essayer de mettre en avant cette technologie dans tous les lieux gérés par la région car c’est la meilleure solution de chauffage décarbonée. »
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Cette technologie a effectivement l’avantage de moins polluer, puisque la production d’hydrogène se fait avec l’électricité, énergie décarbonée à 95% en France en 2024, selon RTE, et qu’elle est faîte directement sur place, ne nécessitant donc aucun transport. Ce mix énergétique coûte aussi moins cher que la seule utilisation du gaz.
Le chauffage, après les transports et l’industrie
Ce coût réduit séduit d’ailleurs l’industrie, agroalimentaire mais aussi métallurgique. Bulane développe ainsi ses brûleurs à hydrogène pour ces secteurs d’activités. « Je pense qu’on peut aller très loin avec l’hydrogène, assure Nicolas Jerez. Mais pas trop vite, on ne veut pas un changement immédiat, on veut une transition. » D’autres modèles Bulane sont en cours de développement et espèrent obtenir à leur tour le marquage CE.
« C’est très intéressant car on se rend compte que l’hydrogène peut être utilisé pour l’habitat, le bâtiment, l’industrie, alors que jusque-là on était plutôt sur les transports, se félicite Carole Delga. Et puis en plus c’est ‘Made in Occitanie’, donc ça vaut le coup ! » La présidente de la région dit vouloir participer à « la bataille nationale de l’indépendance énergétique », demandant au gouvernement un plan pour développer l’hydrogène, « en gardant tous les emplois en France, pour ne pas faire les mêmes erreurs qu’avec la filière du photovoltaïque, délocalisée en Chine. »
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