Des retraités demandait réparations après avoir vendu 150 euros un masque africain à un brocanteur qu’il l’a ensuite revendu 4 millions d’euros. Les retraités avaient porté l’affaire en justice. Le jugement de la première instance est confirmé en appel, les octogénaires sont déboutés, tandis que le Gabon demande son retour au pays.
En 2021, des retraités cèdent un masque Africain à un brocanteur pour 150 euros. Six mois plus tard, ce dernier le revend aux enchères pour une somme pharaonique : 4 millions d’euros. Car après estimation, il s’agit d’un masque Fang du Gabon, un objet extrêmement rare. S’estimant lésés et trompés, les octogénaires avaient réclamé l’annulation de la vente.
Jeudi 20 novembre 2025 , la Cour d’appel de Nîmes a confirmé le jugement rendu en première instance et débouté les plaignants une deuxième fois. « Mes clients veulent que soit reconnu qu’ils ont été floués et que bien évidemment la vente n’aurait pas eu lieu s’ils avaient su. Le droit, c’est du bon sens. Et là, le bon sens ne ressort pas de la décision, c’est la raison pour laquelle, nous allons former un pourvoi en cassation« , explique Maître Frédéric Mansat-Jaffre, Avocat des octogénaires.
La communauté gabonaise demande la restitution du masque Fang. • © FTV
Mais l’affaire pose aussi la question de la restitution des objets d’art africains, acquis ou volés à l’ère coloniale. Des Franco-Gabonais déplorent la vente de ce masque, relique sacrée du peuple Fang, qui sert à rendre justice. Pour eux, ce seul argument justifierait le retour de cet objet au Gabon. « Là, nous sommes en train de parler d’Africains qui ne peuvent pas se reconnecter à leur foi, à leur culte, parce que les reliquaires sont hors de chez eux. On ne peut pas prendre ça avec une certaine légèreté, en se disant : oui c’est une œuvre d’art et c’était dans la cave de mon papy. Non, si on retrouve un reliquaire des rois de France dans la cave d’un individu, je pense qu’il restitue cela illico presto », déclare Yannick Meyo, un Franco-Gabonais.
Le Gabon a porté plainte demandant la restitution du masque. Le sujet pourrait être évoqué lors de la visite d’Emmanuel Macron à Libreville ce week-end. « L’important est de signifier à Emmanuel Macron que le masque est un objet culturel. Une urne funéraire, elle ne se vend pas, elle ne s’échange pas« , exprime à son tour Rodney Ekorezok, Franco-Gabonais joint par téléphone à Libreville par France 3 Occitanie.
Une chose est sûre : cette affaire est loin d’être terminée.
Écrit avec Julianne Paul.
