Noëlle Perna présente son spectacle « Mado fait son cabaret » samedi 15 novembre à Béziers et dimanche 16 à Nîmes.
Mado se sentait seule sur scène ?
Cela fait 20 ans que je fais du seul en scène. Le public a besoin de diversité de propositions. Et pour moi, c’était agréable de partager la scène avec d’autres artistes. Cela met Mado dans des situations nouvelles, c’est intéressant. On retrouve Mado, avec ses fondamentaux, mais en plus, on la découvre d’une autre manière.
Comment est née cette idée du cabaret ?
Le cabaret, c’est festif. Ce sont des numéros, on peut avoir des invités, c’est modulable, c’est intéressant pour faire perdurer le spectacle. Au départ, c’est un spectacle que j’avais créé pour rester à Nice et retrouver mon public. Puis la production a décidé de le faire partir en tournée. Et la chaîne Comédie l’a filmé et le diffusera le 25 décembre. J’ai mis tout l’ADN de Nice. Dans ce spectacle, Mado est Niçoisissime !
C’est une façon de renouer avec l’esprit du Bar des oiseaux où vous avez commencé ?
Totalement. C’est exactement ça. On retrouve Mado avec sa proximité et en même temps, quelque chose de pas conventionnel. C’est un spectacle hybride, assez baroque. Il y a beaucoup de choses très différentes, il n’y a pas une seule couleur parce que le cabaret englobe tellement de choses. Ce sont tous des artistes qui sont des cas barrés. Le public est surpris de numéro en numéro, mais avec Mado au milieu.
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« C’est une histoire d’amitié, une histoire humaine »
Qui est avec vous sur scène ?
Le principe, c’est que Mado a décidé de faire un casting pour monter un cabaret interniçational, c’est-à-dire international mais de Nice. Tous ces gens sont issus du Bar des oiseaux, c’est aussi une histoire d’amitié, une histoire humaine.
Il y a Johanna Piraino qui est accordéoniste, compositrice et qui en même temps joue la comédie. Ensuite, il y a mon beau-frère qui va m’aider à monter le cabaret. Lui, c’est Cédric Tartaglino. Mado l’a déguisé façon XVIIe siècle et lui a donné un rôle de mime, parce qu’il est dans la police municipale, il est en maladie et il ne faut pas qu’on le reconnaisse. Il y a aussi Stéphane Bébert, un musicien avec qui j’ai travaillé depuis des années et qui est devenu comédie par la force des choses, je l’ai obligé. Il y a un danseur de breakdance, Microbe, il a été champion de France de gymnastique acrobatique, il est époustouflant. Et moi bien sûr, qui suis la clé de voûte de l’édifice. Mon mari Albert est dans la salle et mon fils Toinou aux lumières.
C’est important pour vous cette transmission ?
C’est aussi l’objectif. Avec mon expérience nationale, mon parcours atypique, personne dans ma région ne peut transmettre ce que je peux transmettre. C’est ce que je fais, je suis contente de le faire et je pense que c’est mon rôle aujourd’hui.
Mado danse le cancan ?
Bien sûr, mais elle a arrêté le grand écart. Elle le faisait dans le premier spectacle. Je me suis fait hyper mal la dernière fois, parce que je ne me suis pas échauffée. Elle danse, elle chante, elle s’éclate. Elle est tout terrain.
Ce personnage commence à dater…
Mais il ne vieillit pas. Mado est inoxydable, elle est toujours dans l’air du temps. Elle est Facebook, parce que c’est plus son âge que TikTok. Mais elle reste dans le coup, avec un discours très actuel. Les gens me demandent toujours quel âge j’ai. Ils me voient tout le temps pareil, surtout que je fais des efforts pour ne pas grossir et garder ma robe rose moulante. On ne voit pas les années passer.
Comment faites-vous pour la garder dans le coup ?
Moi-même, cela m’oblige à évoluer. Il faut se questionner soi-même, sur le sens de ce que l’on fait, là où on veut aller. Qu’est-ce que je peux apporter à la société. Ce sont des questions que nous nous posons tous, en tout cas, ceux qui ne se les posent pas feraient bien de se les poser. Et puis, il faut dépasser ses peurs, ses limites, ses fragilités. C’est notre boulot.
« Avoir deux personnages dans ma vie, c’est vivre doublement »
Cela suppose aussi de rester en contact avec le monde ?
Oui, avec ici et maintenant. Je parle des codes qui changent dans nos vies. C’est hyperbranché sur ce qui se passe dans les mœurs.
Comment vivez-vous au quotidien avec de personnage ?
Albert Camus a dit : « Créer, c’est vivre deux fois. » C’est mon credo. Avoir deux personnages dans ma vie, c’est vivre doublement. C’est extraordinaire.
Qu’est-ce qui lui met la bouffaïsse en ce moment ?
Elle a beaucoup moins de bouffaïsse qu’avant. Elle s’est calmée. Elle est plus sage, plus subtile. Parfois je me dis qu’il faut que je redise le mot « bouffaïsse ». Mais Mado n’est plus la même, elle est plus généreuse, elle a plus envie d’encourager les gens, elle veut être un booster d’énergie. Tous ces artistes, c’est un grand mesclun. Ils sont tous différents. Dans le mesclun, il y a cinq salades différentes et c’est ce mélange qui en fait la richesse. Dans la vie, c’est pareil.
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