Le match de l’année, entre Français et Springboks, a suscité de vives réactions aux quatre coins de la planète. Des hommages à Siya Kolisi à l’analyse de la défaite française en passant par le « bomb squad » sud-africain, la presse mondiale s’est épanchée sur ce choc.
Même Rassie Erasmus ne l’avait pas prédit. L’un des plus grands scientifiques de notre sport expliquait après le succès autoritaire de ses Boks être « agréablement surpris qu’on les ait battus avec 15 points d’avance. On pensait que ça se jouerait sur un drop ou une pénalité en fin de match. Mais je pense que c’est peut-être juste une équipe qui n’a pas joué ensemble depuis très longtemps ». Au lendemain de cette claque reçue par le XV de France face à des doubles champions du monde qui semblent invincibles, la presse sud-africaine a d’abord loué la centième sélection de Siya Kolisi. Capitaine iconique des Springboks, l’ancien flanker du Racing traverse les années en gardant une aura immaculée. « La grandeur de Kolisi a été construite sur le rugby, pas sur la romance » titre Times Live South Africa pour celui qui fut élevé dans un bidonville puis nommé premier capitaine noir de l’Afrique du Sud en 2018. « Quand Kolisi joue pour les Springboks, il ajoute un avantage supplémentaire à leur menace. Son histoire est peut-être romantique, mais son jeu est une substance pure » écrit Mark Keohane.
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La tempête française balayée
Mais derrière le guide, les soldats sud-africains ont une nouvelle fois été impitoyables. Des chambrages de Malcolm Marx aux sorties de mêlée en passant par la volonté exacerbée de marquer les Bleus au fer rouge en allant systématiquement en touche, les Springboks ont réussi leur plan. « La tempête française balayée » titre à son tour Super Sport. « Il ne semblait pas que ce serait le résultat lorsque la France est passée à 14-6 après 27 minutes après le deuxième essai de Penaud et alors que la défense des Boks était dépassée. Mais les Sud-Africains ont confirmé leur droit d’être considérés comme la meilleure équipe du monde alors qu’ils affrontaient les vainqueurs du Tournoi des 6 Nations dans leur propre jardin ».
News24 évoque de son côté « une revanche française qui fait un flop » face à des « Sud-Africains rouges de rage » après l’exclusion de Lood de Jager peu avant la mi-temps pour un plaquage à l’épaule sur Thomas Ramos. Ce carton rouge a d’ailleurs fait beaucoup parler au-delà de nos frontières. Outre-Manche, le très réputé Telegraph parle d’un « thriller controversé » entre Bleus et Boks. « Qu’en est-il de ce match et de cette controverse ? Deux ans après que ces équipes se sont rencontrées pour la dernière fois lors de l’un des matchs les plus captivants de la Coupe du monde, d’où l’Afrique du Sud est sortie victorieuse, les projecteurs se sont une fois de plus tournés vers les officiels » écrit Charles Richardson.
L’Afrique du Sud est le Mohamed Ali du rugby
Un carton rouge qui aurait pu (ou dû ?) permettre aux Français de dominer les Springboks dans le deuxième acte pour s’offrir un succès de prestige face à leur bête noire. Mais une fois encore, le génie tactique de Rassie Erasmus a fait la différence dans les momets qui comptent. Au milieu de leur carnet de notes des Springboks, Planet Rugby a vanté les performances des remplaçants sud-africains en attribuant un 10/10 à ces glorieux finisseurs. « Erasmus avait besoin de son bomb squad pour l’emporter, et il a répondu présent. Ruan Nortje a été excellent en remplaçant Kolisi, et nous sommes sûrs qu’il a recouvert chaque brin d’herbe. Gerhard Steenekamp était dominant dans les mêlées, tout comme Wilco Louw, tandis que RG Snyman était extrêmement percutant une fois qu’il a remplacé Eben Etzebeth. Le Bomb Squad a vraiment explosé et fait sauter la France avec Andre Esterhuizen se révélant être l’hybride ultime, passant du poste de centre à celui de flanker tout au long de son match. Sa sélection sur le banc était un coup de maître d’Erasmus. Grant Williams et Manie Libbok ont ajouté du flair et du rythme pour ouvrir la défense française. Tout comme le légendaire Mohamed Ali, les Springboks possèdent une capacité innée d’absorber la pression, de recalibrer leur approche et de rester sur le ring, quelle que soit la circonstance. À la suite du carton rouge à De Jager, l’Afrique du Sud a reconfiguré son paquet d’avants, et ajusté sa défense avec un incroyable QI rugby ».
Les Français ont une nouvelle fois été battus sur le coaching et après cette grande explication, les hommes de Fabien Galthié doivent déjà se remobiliser. Car la « finale » de cette tournée d’automne est arrivée en premier et devait propulser les Tricolores vers une suite plus tranquille, mais le Telegraph ne s’y trompe pas. « Les Bleus ont reçu une leçon de dureté. Les hôtes ont laissé échapper les occasions diverses et à la fin, la France semblait sans but, avec une fin de match déjà écrite, laissant à Fabien Galthié beaucoup de choses à réfléchir avant de nouveaux tests contre les Fidji et l’Australie ».
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