Ce mercredi, des parents d’élèves et enseignants se sont rassemblés devant le collège La Dullague de Béziers. Ils réitèrent leur demande au ministère de classer l’établissement en REP +, car les moyens sont insuffisants pour faire face aux difficultés sociales et scolaires des élèves.
Une trentaine de personnes étaient réunies devant le collège La Dullague de Béziers, ce mercredi 5 novembre. Un rassemblement à l’initiative des parents d’élèves, rejoints par des enseignants, élèves et élus. L’objectif : enfin faire avancer leur demande de classement du collège en REP +, réseau d’éducation prioritaire renforcé.
Contenus de la page
« Pour certains élèves, on va trop vite »
Intégrer le réseau d’éducation prioritaire apporterait « des moyens financiers et humains, des profs qui seraient plus disponibles, qui auraient le temps de former des équipes pour travailler plus par niveaux », affirme Karen Anicet, représentante des parents d’élèves. Car les enseignants n’ont pas les moyens de faire face aux difficultés dans leurs classes.
« Il est très compliqué de se dédoubler en permanence, tout en faisant progresser les autres élèves, témoigne Florian Georges, professeur d’histoire-géographie. C’est difficile d’essayer d’avancer tous ensemble sans laisser des élèves sur le bord de la route, tout en sachant que pour certains, on va trop vite. »
Tous les critères pourtant remplis
En général, les établissements classés REP+ cochent plusieurs critères, parmi lesquels un indice de positionnement social (IPS) faible, et un taux d’élèves boursiers élevé. C’est le cas de La Dullague : son IPS, calculé en fonction de la profession des parents d’élèves, est de 76 – le maximum étant de 180 -, alors que la moyenne de l’Hérault est de 108. Et les boursiers représentent 84% des effectifs.
Autre élément important : le taux de réussite à l’examen du brevet. Seulement 57% de réussite en 2025, soit quasiment un élève sur deux qui n’a pas son brevet à la sortie. En 2024, ce taux était de 69%.
Une demande de longue date
« En 2014, on n’a pas fait partie du premier wagon d’établissement classés REP+ », rappelle Karen Anicet. Elle affirme que la carte scolaire devait être revue tous les quatre ans par le ministère de l’Éducation nationale. « Mais en 2018, ils n’ont rien fait. Et encore aujourd’hui rien n’est fait, ça fait sept ans qu’on nous mène en bateau. »
Il faut savoir que le classement en REP+ n’est pas automatique. C’est au ministère d’en décider, et les choses ne semblent pas avancer. Après une réunion en visio-conférence avec les personnels du collège ce mercredi 5 novembre, le ministère a annoncé une « éventuelle » révision de la carte scolaire en 2027.
.
