Exclusif. « La défaite la plus dure de ma carrière » : on a revu le quart France – Afrique du Sud de la Coupe du Monde 2023 avec Laurent Labit

Deux ans après la défaite cruelle des Bleus face aux Springboks, Midi Olympique a revu le quart de finale de Saint-Denis en compagnie de Laurent Labit, adjoint de Galthié au moment de cette funeste rencontre. Entre analyse technique, confidences et émotions intactes, il revient sur les quatre-vingts minutes qui ont marqué à jamais le rugby français.

Il y avait un vrai paradoxe à voir débarquer, vendredi vers 13 heures, Laurent Labit dans notre rédaction. Lui qui faisait l’actualité du jour honorait pourtant sa promesse, faite plusieurs semaines auparavant, de revoir avec nous le fameux quart de finale de la Coupe du monde 2023, France – Afrique du Sud, perdu d’un point (28-29).

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Dans le même temps, son téléphone scintillait de messages tel un sapin de Noël : toute la presse rugbystique cherchait à vérifier l’information de sa prise de fonction à l’Usap. Et lui, tout sourire – cela ne durera pas – saluait un à un les membres de la rédaction, son traditionnel cahier de notes sous le bras. Depuis le début de la saison, Laurent Labit était chroniqueur pour le Top 14 à Midi Olympique. Une mission qu’il a prise avec le plus grand sérieux, préparant chaque intervention en amont avec le journaliste chargé de travailler le papier technique avec lui. Il arrivait toujours en avance, le dimanche en milieu d’après-midi, vidéos, notes et datas des matchs de la veille soigneusement classées. Indéniablement, il nous a apporté une véritable plus-value. Les échanges furent riches, éclairés, passionnés.

C’est pour cela que nous voulions, ensemble, revisiter ce cauchemar devenu réalité, le dimanche 15 octobre à Saint-Denis.

Pendant trois heures, il a disséqué les quatre-vingts minutes qui ont vu s’envoler le rêve d’un sacre mondial. Laurent Labit nous a raconté les coulisses de la préparation, les débats autour de la composition d’équipe, et ces minutes passées en tribunes où il a compris que le match leur échappait. Il n’a presque pas pesté contre l’arbitrage de Ben O’Keeffe. Pourtant, il avouait ne « pas avoir encore complètement digéré la défaite. La plus dure de ma carrière d’entraîneur. Avec le recul, je pensais que basculer directement dans l’aventure avec le Stade français était une bonne chose, mais c’était une erreur », glisse-t-il.

Deux ans après, l’émotion restait intacte. À l’évocation du coup de sifflet final, les larmes lui montaient à nouveau aux yeux. Un long silence a parcouru la pièce avant que la discussion ne reprenne. Une preuve supplémentaire, s’il en fallait, que cette rencontre est entrée dans l’histoire de notre sport – et dans la mémoire collective du rugby français.

Ce que les Bleus avaient prévu…

  • LA COMPOSITION : « LA PRÉSENCE D’AN- TOINE ÉTAIT UN NON-SUJET »

« Pour nous, la composition était quand même assez claire. Après quatre ans de travail, on avançait avec un maximum de certitudes, et on savait qu’on aurait des blessés. On ne savait pas sur qui cela tomberait, mais on avait préparé toutes les éventualités. Il y a eu le cas d’Antoine (Dupont, NDLR) en cours de compétition. Mais pour nous, à partir du moment où Antoine était opérationnel, il était sûr qu’il serait sur le terrain. In fine, on a perdu le match d’un point et après on nous a demandé s’il était vraiment apte… Mais si on ne l’avait pas mis et qu’on avait perdu aussi d’un point, on nous aurait dit qu’il fallait qu’il joue… Donc pour nous, la présence d’Antoine était un non-sujet. Le vrai sujet, c’était la constitution du banc. On voulait faire un 6-2 mais il y a eu un débat sur l’identité du sixième avant entre Paul Boudehent ou Sekou Macalou, les habituels. Mais encore une fois, on a choisi de rester dans la continuité de ce qu’on avait fait à Marseille. »

  • UNE STRATÉGIE OFFENSIVE ADAPTÉE À LA DÉFENSE SUD-AFRICAINE

« On avait choisi de posséder le ballon parce qu’on savait qu’ils allaient nous attendre sur les phases de combat, ainsi que le jeu de transition à partir du jeu au pied de pression. On voulait jouer sur les deux-tiers de la largeur du terrain, pour éviter leur défense inversée. Donc on tapait fort avec Jo Danty au milieu avant de réattaquer les côtés fermés. On avait imaginé une touche avec deux centres aussi, qui a fonctionné puisqu’elle amène le premier essai de Cyril Baille. On misait beaucoup sur les deuxièmes ballons, comme au football. Le premier ballon c’est celui que tu mets au pied, et le deuxième est celui que tu récupères sur une situation de 50-50, pour trouver du jeu à partir de ce duel aérien. En clair, on a adopté une forme de jeu qu’ils ont l’habitude d’utiliser. De la même façon, on s’est servi d’une combinaison qu’ils avaient utilisée à la Coupe du monde 2019 au Japon, avec une touche déviée du sol pour ralentir leur montée défensive, suivie d’un point de fixation du centre au milieu du terrain, suivi d’un avant, Greg Alldritt, qui se proposait dans le sens. Mais au lieu d’aller dans ce sens, on revenait à l’intérieur et on faisait un maul avec les sept autres avants disponibles. Cela a marché peu avant la demi-heure de jeu, avant le deuxième essai de Cyril Baille. Enfin, on avait aussi identifié qu’ils n’avaient pas de deuxième rideau défensif, avec leur demi de mêlée qui met la pression dans le premier rideau donc on a parfois utilisé le petit jeu au pied par-dessus. Encore aujourd’hui, je pense que nous avions le bon plan de jeu car nous terminons la rencontre avec 13 franchissements et 43 défenseurs battus, quand les Sud-Africains n’ont eu que 13 défenseurs battus. »

  • « LA MEILLEURE MÊLÉE DE TOUTES »
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« Avant le match, nous étions confiants. C’était une finale avant l’heure, entre les deux meilleures nations du monde. Après un cycle de quatre ans, le pourcentage de victoire qu’on avait, les joueurs qu’on avait réussi à caper, les contenus, les secteurs de jeu qui étaient performants à l’image de notre mêlée puisqu’on est arrivé sur le tournoi avec la meilleure mêlée de toutes les équipes. D’ailleurs on a voulu les obliger à faire des mêlées de huit secondes en première mi-temps, où ils ont laissé de l’énergie. Ajoutez à cela notre touche et notre défense… On avait beaucoup de garanties quand même. »

  • UNE APPROCHE MENTALE BIEN GÉRÉE : « ON S’EST SERVI DE CETTE PRESSION »

« On avait bien géré l’approche de la compétition : l’engouement, la passion, tout ça on le sentait derrière nous. On sentait que tout le monde attendait ce titre et ce sacre. Et nous, ça nous portait, je crois qu’on l’a bien utilisé, on s’est servi de cette pression pour se donner encore plus de confiance. Et l’entame de match l’a prouvé parce qu’on a fait un très bon début de match et une très bonne première mi-temps. On voulait les mettre sous pression d’entrée, et passer devant au score pour ne pas avoir à prendre des risques pour repasser devant, car on savait que c’est ce qu’ils attendaient. »

Ce que les Springboks leur ont opposé…

  • DES CHOIX DE COMPOSITION QUI INTERROGENT : « ILS TE TRITURENT L’ESPRIT »

« On avait logiquement imaginé un banc sud-africain en 6-2 ou en 7-1 car cette équipe gagnait souvent les matchs avec son banc et sa stratégie d’amener les équipes au bras de fer avant de les broyer à la fin. Et quand on a vu le 5-3… On se doutait qu’ils préparaient un truc, comme à chaque fois. Mais on avait du mal à identifier comme ils allaient jouer. En plus, ils laissaient Faf de Klerk et Handré Pollard sur le banc… C’est là où cette équipe gagne déjà la bataille mentale, avant même que le match commence. C’est l’une des rares équipes face à qui tu es en réaction. Quand tu joues les All Blacks ou l’Angleterre, je ne vais pas dire qu’on ne s’occupait pas d’eux, mais tu te concentres sur toi. Eux, ils te triturent l’esprit parce que tu sais qu’il va se passer un truc. Il y a des tas de clés, de détails et de faits de jeu mais ce match, on le perd aussi sur le coaching, l’apport du banc et la fin du match. »

  • LES BLEUS SAVAMMENT BOMBARDÉS

« À Marseille, les Sud-Africains avaient usé du jeu au pied de pression, mxais pas de façon directe. Avant de taper, ils faisaient un ou deux rucks puis posaient les ballons au fond du terrain dans les angles. On avait donc travaillé ces ballons hauts dans les couloirs mais on ne savait pas s’ils allaient les utiliser directement ou indirectement. Mais c’est grâce à ces temps de jeu préliminaires qu’ils parviennent à isoler tes ailiers. S’ils tapent tout de suite, tu peux décrocher des joueurs qui vont venir aider dans les couloirs. Mais là, ils ont provoqué de vrais un contre un où l’on a une chance sur deux de récupérer le ballon.

  • UNE DÉFENSE « KAMIKAZE », DES MONTÉES ULTRA AGRESSIVES MAIS TOUJOURS CIBLÉES

« Ils ont une défense très agressive, très haute et dans le sens et qui rend le jeu dans le sens quasiment impossible. C’est une défense kamikaze mais en laquelle ils ont une croyance incroyable. Ils ont l’habitude de jouer ensemble comme ça, et il n’y a pas un mec qui ne respecte pas ce système. Même l’infériorité numérique ne les a pas détournés de leur stratégie défensive. À chaque fois, De Allende ou Kriel sortaient de leur ligne pour monter en pointe sur un français adroit des mains pour le « polluer » dans ses choix.

  • UN COACHING DÉSTABILISANT ET UN BANC PLUS PERFORMANT
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« On en revient à la composition mais les Sud-africains ont fait entrer la charnière que l’on aurait pensé titulaire à la 44e minute. Avec Faf de Klerk et Handré Pollard, ils ont fini la rencontre avec un maximum d’expérience. Deux minutes plus tard, ils ont commencé leur coaching surprenant où Deon Fourie, le talonneur remplaçant ne rentre pas à son poste mais à celui d’un troisième ligne, en l’occurence Siya Kolisi. Là, on comprend donc que Bongi Mbonambi va devoir faire les 80 minutes, et on comprend qu’ils vont changer autre chose. Mbonambi finira finalement par sortir à six minutes de la fin, remplacé par Pieter-Steph du Toit, que l’on pensait sorti sur protocole commotion. Bref, au-delà de leur roublardise, il faut tout de même leur reconnaître leur ingéniosité en matière de coaching. Et in fine, leur banc a tout de même été très performant par rapport au notre avec les apports de Kwagga Smith, Deon Fourie, RG Snyman, la première ligne avec Vincent Koch et Ox Nché, la charnière…

Les tournants du match

  • L’en-avant d’Etzebeth puis essai d’Arendse : « Il y a minimum en-avant, et derrière on passe d’une situation de 14 – 0 à 7 – 7 »

« Avant l’en-avant d’Etzebeth, Pieter-Steph du Toit est en position de hors-jeu. Et sur la situation d’Etzebeth, c’est simple : soit c’est un en-avant volontaire et ça fait pénalité-carton jaune, soit c’est au minimum en-avant mais l’arbitre ne choisit aucune de ces options. C’est impossible que l’arbitre vidéo ne revienne pas sur cette séquence. Et derrière, on prend un essai par Kurt-Lee Arendse après un jeu au pied « merdique » où Thomas Ramos est en retard sur son placement dans l’axe du point de chute du ballon. La conséquence de cette non-décision arbitrale est lourde, car on passe d’une situation où l’on aurait pu mener 14 – 0 avec une supériorité numérique à un 7 – 7 sans carton jaune. Cela montre aussi aute chose : cette équipe se nourrit d’un rien, alors que nous, on doit monter une usine à gaz pour marquer un essai. »

Eben Etzebeth décisif dans tous les sens du terme. Icon Sport – FEP
  • Transformation de Ramos contrée par Kolbe : « À ce moment là, pour nous, c’est anecdotique »

« À ce moment-là, en tribunes on ne se dit rien. Il n’y a que 23 minutes de match alors on n’y prête pas plus d’attention que cela, c’est anecdotique. L’équipe est dans le match et depuis toujours, tu es formaté sur le fait qu’une transformation en coin n’est jamais assurée, ce n’est que du bonus. On s’est juste dit que Kolbe a été mariole, parce qu’il a joué avec Thomas Ramos et qu’il connaît sa routine de frappe par cœur. On n’a jamais décortiqué la séquence pour voir s’il est parti avant ou non car de toute façon, c’était trop tard. »

Cheslin Kolbe face à Damian Penaud. Icon Sport – FEP
  • Essai de Kolbe parti de deux mauvaises passes des Bleus, alors sous pression

« Encore un essai à presque zéro passe. Le ballon sort du ruck alors qu’on est bien sur la séquence, Antoine (Dupont) prend la pression d’Etzebeth et fait une mauvaise passe à Cyril (Baille) qui en rajoute avec une autre mauvaise passe. Turnover, jeu de transition, chasse, et essai. Cela fait trois essais sur des jeux au pied. Avec le recul, c’est l’action qui me laisse le plus de regrets parce qu’on encaisse un essai alors qu’il ne devrait pas y avoir de danger. Sauf qu’on se met en difficulté avec deux mauvaises passes. »

  • Arrêt de volée de Damian Willemse, qui demande la mêlée à la surprise générale

« À ce moment-là, notre mêlée commence à montrer quelques signes de faiblesse. Et là, Damian Willemse, qui n’est même pas le capitaine, fait un arrêt de volée et demande tout de suite la mêlée alors qu’il est dans ses 22 mètres. On n’avait jamais vu cela. Tu ne peux pas imaginer un truc pareil quand tu prépares le match. On se doutait bien qu’ils cherchaient à fatiguer nos piliers, et notamment Uini Atonio. D’ailleurs, on s’était posé la question de faire démarrer Uini ou de le faire finir, car, au niveau international, le ballon est déplacé à une vitesse de 130 ou 135 mètres par minute pendant presque 50 minutes. C’est un rythme très élevé, qui finit par tomber à 110 mètres par minute en fin de rencontre. J’imagine que les Sud-Africains avaient identifié que notre jeu demandait beaucoup de déplacement à nos joueurs, et que nos piliers commenceraient à fatiguer après la demi-heure de jeu, ce qui expliquerait ce choix pour le moins surprenant de la mêlée alors qu’ils sont dans leurs 22 mètres. C’est ce genre d’évènement qui montre encore à quel point cette équipe te livre une guerre psychologique pour entrer dans la tête du staff adverse, des joueurs, mais aussi de l’arbitre. À ce moment-là, ils veulent envoyer un message à l’arbitre pour montrer qu’ils possèdent une mêlée forte. C’est de la stratégie de haut niveau. »

  • Supériorité numérique mal gérée « C’est là où l’on doit être meilleurs, à 15 contre 14. On cherche trop la passe décisive, on surjoue »
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« À la mi-temps, notre discours est plutôt positif. Eben Etzebeth vient de prendre un carton jaune et, comme toujours, chaque entraîneur débriefe son secteur avec les joueurs. On revient sur ces trois essais encaissés trop facilement à partir de ballons hauts ou de ballons perdus. Il fallait faire un effort supérieur sur le jeu de transition. William (Servat, NDLR) a fait un retour sur la mêlée qui, comme on l’a dit, commençait à faiblir. Mais globalement on était dans le positif. Le problème, c’est que derrière on va faire quarante minutes moins bonnes que les premières. Notamment sur le fait qu’on ne va pas profiter de cette supériorité numérique, on n’est pas tueurs. Malgré leur infériorité numérique, les Sud-Africains maintiennent leur défense kamikaze et nous mettent sous pression. De notre côté, on commence un peu à jouer à l’envers: au lieu de jouer simple en utilisant les avants pour consommer des défenseurs et profiter de la supériorité numérique, on cherche trop la passe décisive, on commence à surjouer et on ne sert plus les avants pour jouer dans le dos. Résultat, on recule. »

Antoine Dupont casqué. Abaca – Icon Sport
  • Coup de pied dévissé par Jalibert, touche non trouvée par Dupont : « On était sur le point de marquer et on se retrouve sous pression »

« À ce moment, on est sur nos 22 mètres et Peato Mauvaka vient de gagner une pénalité au sol. On doit sortir de notre camp et trouver une touche sur les 50 mètres mais malheureusement Matthieu (Jalibert, NDLR) dévisse. On se retrouve donc avec une touche sur nos 22 mètres. On la capte, on refait travailler nos avants, on mobilise six avants qui sont au sol pour permettre à Antoine (Dupont, NDLR) de dégager mais derrière il ne trouve pas la touche. Cela offre un ballon de relance aux Springboks sur lequel Kurt-Lee Arendse franchit, imité par Kwagga Smith dans le couloir. On est sous pression mais heureusement, Mbonambi commet un en-avant. On ne perd pas là-dessus mais tout de même: plutôt que d’arriver au 50 mètres, on se retrouve à disputer une nouvelle mêlée dans nos 22 mètres. Et le problème, c’est qu’on est pénalisé sur la mêlée qui suit, donc on redonne de l’énergie à l’adverse et on envoie un mauvais signal à l’arbitre. Mine de rien, ce sont trois erreurs de notre fait qui nous remettent sous pression à ce moment. »

  • Dupont mis sous pression, essai d’Eben Etzebeth

« À la 64e minute, Les Boks ont une mêlée sur leurs 22 mètres. Encore une fois ils la dominent, franchissent avec Jesse Kriel qui trouve un soutien. Derrière, De Allende est servi et tape très vite au fond du terrain, où Antoine (Dupont) doit se replier à la hâte. Malgré le retour rapide de Louis Bielle-Biarrey sur Antoine, il a rapidement deux Sud-Africains sur le dos et l’arbitre siffle pénalité contre nous. Là, les Sud-Africains jouent la pénalité à la main et tentent par deux fois de faire un maul sur Duane Vermeulen qui vient d’entrer en jeu à la place de Pieter-Steph du Toit. Ils échouent, mais Etzebeth finit par trouver la faille au pied des poteaux. On ne le plaque pas en bas, et il s’écroule dans l’en-but. Là, on arrive exactement là où les Sud-Africains voulaient nous mener : dans un bras de fer, celui qu’ils imposent à tous leurs adversaires. Les deux matchs suivants vont le prouver puisqu’à chaque fois, ils se sont imposés d’un point. »

  • Grattage litigieux de Kwagga Smith

« Sur le coup d’envoi suivant, on est bien placés mais on ne capte pas le ballon. Encore une fois, on est bousculé par leurs montées défensives alors on recule le ballon plusieurs fois de suite plutôt que trouver de l’avancée avec une solution proche. Sur le ruck suivant, Kwagga Smith vient le contester et gagne une pénalité sauf que les images montrent clairement qu’il est sur quatre appuis, donc en faute. Cette décision a fait polémique et nous a fait très mal sur le moment, car on vient de prendre un essai. Derrière, Pollard passe la pénalité de 55 mètres et les Sud-Africains passent devant au score, 25-29. »

G Snyman et Kwagga Smith, le gratteur, dont l’apport fut tout aussi déterminant. Icon Sport – Hugo Pfeiffer
  • Dernier ballon perdu : « Reda se coupe de ses soutiens

« Malgré toutes ces mésaventures, on arrive tout de même à revenir dans le camp des Springboks et on bénéficie d’une dernière munition pour gagner le match. On enchaîne les temps de jeu, les joueurs sont exténués, la sirène a déjà retenti depuis quarante secondes et Reda Wardi hérite du ballon à l’entrée de leurs 40 mètres. Il charge, mais commet l’erreur de revenir vers l’intérieur plutôt que d’aller vers l’extérieur. Ce faisant, il se coupe de ses soutiens et expose son ballon qu’il porte sous le bras droit. Faf de Klerk lui arrache le ballon, Arendse l’expédie en dehors du terrain et c’est terminé. »

https://www.rugbyrama.fr/2025/11/03/exclusif-la-defaite-la-plus-dure-de-ma-carriere-on-a-revu-le-quart-france-afrique-du-sud-de-la-coupe-du-monde-2023-avec-laurent-labit-13029526.php

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