Municipales 2026 à Béziers 2/7 : qu’attend-on dans le centre-ville ? La parole aux commerçants et aux riverains

Chaque vendredi, Midi Libre s’immerge dans un quartier de Béziers pour donner la parole aux riverains et acteurs locaux : qu’attendent-ils du prochain maire ? Quels sont les enjeux ? Après les Arènes, notre titre a donné la parole aux habitants et acteurs du centre-ville de Béziers, entre et autour des Allées, de la Madeleine, des halles, de la mairie et de la cathédrale.

En se promenant en centre-ville de Béziers, entre et autour des Allées, de la Madeleine, des halles, de la mairie et de la cathédrale, le visiteur passe d’artères et places charmantes et animées, entièrement rénovées et désormais attractives, en îlots et ruelles glauques et déserts, un peu comme si l’hypercentre de la ville de Riquet souffrait de bipolarité.

Côté sourire, s’érigent de beaux appartements, parfois avec terrasse, des hôtels particuliers et maisons de maîtres magnifiques, où vit une population de classe moyenne et aisée. Ils attirent depuis quelques années une nouvelle population au porte-monnaie garni venue d’ailleurs et des investisseurs. Côté tristesse, de vieux logements délabrés, voire insalubres, obscurs et mal isolées, comme autour de Saint-Aphrodise, des halles, de la cathédrale ou derrière les Allées, notamment la rue Victor-Hugo pour ne citer qu’elle.

Des animations, oui mais…

Aussi, deux populations se côtoient, ou plutôt se croisent, sur la promenade, dans les ruelles et rues commerçantes, notamment celle du 4-Septembre et le long des Allées et la rue de la République, vivant dans des univers parallèles. La très grande majorité des gens interrogés (côté sourire et tristesse) se disent très satisfaits du renouveau du centre-ville. Les projets n’ont cessé de voir le jour : rénovation de la gare routière et son parking silo ouvert en 2023, celle des Allées inaugurées en juin 2023, des halles en novembre 2024…

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Tous apprécient les nombreuses animations mises en place par la Ville et autres : décorations estivales de la place Jean-Jaurès, les “son et lumière” de la Madeleine, les Jeudis du vin sur les Allées l’été, les Caritats, les décorations et animations de Noël, les divers marchés, les braderies, etc.

Mais, les attentes des uns en matière de politique municipale ne sont pas celles des autres. « Selon que vous soyez puissant ou misérable… », écrivait Jean de la Fontaine dans Les animaux malades de la peste.

Monique, retraitée sans difficulté financière, vit dans un appartement avec terrasse donnant sur la Madeleine. Elle dit adorer « la proximité des commerces, les animations, la propreté« . Mais elle compte « sur une municipalité plus rigoureuse en matière de tri sélectif et de hutte contre les fientes et les plumes des pigeons » qui salissent sa terrasse. Jean-Luc, lui, vit dans la rue Mairan. Son problème, ce sont surtout les parkings. « Il en faut plus, et plus de places de stationnement. Je paye à l’année une place à celui de la Madeleine, c’est épouvantable. Impossible de se garer du vendredi midi au dimanche midi ! »

Mais pour Anita, logée avec ses trois enfants par sa mère dans la rue Casimir-Péret, elle « compte sur un maire qui saura écouter ceux qui n’ont rien. Impossible de trouver un travail, d’obtenir un logement social, de faire mes courses dans des commerces qui ont des prix raisonnables. Il faut prendre le bus et aller à Lidl, à la Giniesse ! Ce n’est pas facile avec mes trois petits ! »

Comment faire venir le chaland en centre-ville ?

Pour Marie-Thérèse, qui vit non loin de la mairie et n’a, « pour vivre, qu’une retraite de 1 080 euros », ce sont les bus qui l’exaspèrent. « Je n’y comprends plus rien, les trajets changent tout le temps.« 

Comme les riverains, les commerçants, eux, semblent partagés. Ceux des halles, en général, expriment leur satisfaction de faire partie de la nouvelle aventure. Mais ailleurs, comme dans la rue Mairan, le verbe se fait plus critique. Comme celui de Virginie, qui tient une boutique de vêtements mais veut témoigner anonymement : « Depuis août, c’est la “cata” comparé à l’année dernière. 30 % de clientèle en moins. Je ne sais pas ce que la municipalité pourrait faire. Mais il faudrait l’installation d’enseignes nationales qui attireraient les chalands, comme des produits d’appels. Et puis, trop de braderies tue la braderie… »

Séverine et Michel

Séverine. La quadragénaire vit non loin du lycée Henri-IV, établissement qu’elle a fréquenté durant son adolescence. « J’aime Béziers, c’est ma ville. Et quand il a fallu choisir après mes études à Montpellier de rester là-bas ou de revenir, j’ai décidé de “retourner au pays”. Selon moi, le prochain maire, ou Robert Ménard, s’il est réélu, devra s’occuper du quartier où j’habite, le Capnau, inciter les propriétaires au minimum à refaire les façades, pour que les touristes ne soient plus rebutés par nos ruelles qui ne donnent vraiment pas envie de se promener. »

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Alphonse-Mas, une avenue à dynamiser ?

Michel. « Pour moi, tout est politique, même les choix d’un maire », indique, en préambule cet « habitant de toujours de l’avenue Mas. Oui, j’ai fait partie de ceux qui ont râlé à l’époque où il avait été décidé de démolir le bel immeuble de La Poste. Mais j’avoue qu’aujourd’hui, je suis content de la place du Forum, très animée et agréable. Comme quoi, on peut changer d’avis. » Puis, de râler à propos du bas de l’avenue, « trop morne, qui mériterait plus de commerces et d’animations. Tout est là-haut, aux halles, à la Madeleine, sur les Allées… Mais qui pense à nous ? »

Charlène Lévy, gérante de Culinarion Béziers

Charlène Levy se réjouit du succès de sa boutique d’ustensiles de cuisine moyen et haut de gamme. « Les clients sont ravis, ce type de commerce manquait en ville », souligne-t-elle. Elle indique observer « avec satisfaction que de nombreux habitants des environs reprennent goût à venir en centre-ville, séduits par sa modernisation et ses nombreuses animations, tandis que les touristes reviennent chaque année avec enthousiasme. »
Seul point perfectible, selon la clientèle : « Le stationnement, malgré les efforts engagés ces dernières années, les places de parkings ne sont pas suffisantes. »

Laurence Alloiteau, présidente du groupe biterrois de La Cimade

La présidente de La Cimade, association qui, entre autres, accompagne les demandeurs d’asile, qu’elle accueille au 14 rue de la Rotonde, non loin du bas des allées Paul-Riquet, « il n’y a pas de vie dans ce quartier (le bas des Allées) : pas d’activités sociales ni pour les adultes, ni pour les enfants, pas de salle pour les associations. On demande souvent à la Cimade sa grande salle pour organiser des concerts, des rencontres entre associations : on supplée au manque mais ça ne suffit pas car notre salle n’est pas toujours assez grande. De plus, l’affichage public est inexistant dans ce quartier. Enfin, les habitants n’ont pas la possibilité de trier car rien n’est prévu. Il faudrait au minimum une maison de quartier… »

Sophie Aghopian, salariée de Biltoki

Elle représente les commerçants des halles. « Ça y est, on va célébrer nos un an d’ouverture des nouvelles halles. D’ailleurs, nous donnons rendez-vous aux Biterrois le 15 novembre pour fêter cet anniversaire. Un an plus tard, les clients, surtout les Biterrois, sont au rendez-vous. Les halles sont devenues un lieu de partage, avec de grandes tablées réunissant les clients. De plus, on participe régulièrement aux événements de la ville, tels la fête de la bière ou le trail urbain. Et bien d’autres… Nous sommes aussi le lieu où les riverains se donnent rendez-vous. On se respecte : par exemple, en ne vidant pas nos bouteilles de verre après 20 h. Le bémol, c’est la piétonnisation durant le week-end du pourtour des halles. Il faudrait élargir la zone. De plus, on aurait besoin d’un arrêt minute pour la partie marché. Et aussi plus de places de parking pour la clientèle, notamment lors des événements. »

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Lire le premier volet consacré aux Arènes.

https://www.midilibre.fr/2025/10/24/municipales-2026-a-beziers-27-quattend-on-dans-le-centre-ville-la-parole-aux-commercants-et-aux-riverains-13012149.php

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