Avec quatre joueurs de moins de 19 ans lancés dans le grand bain, Christophe Urios n’hésite pas à rajeunir son groupe depuis le début de saison. Ces jeunes loups, habitués à la gagne, incarnent l’ASM du futur et, déjà, celle du présent.
Clermont fait rouler sa jeunesse. Tout a commencé dès le coup d’envoi du Top 14, avec les premières minutes du fougueux Juan Montilla (ouvreur), avant que Léo Michaux (deuxième ligne), Axel Guillaud (arrière) et Timéo Frier (ailier) suivent les traces du jeune argentin. En à peine sept journées de championnat, Christophe Urios a ainsi lancé quatre bambins de la maison jaune et bleue chez les grands. « On ne pourra plus dire que je ne fais jamais jouer les jeunes » expliquait à raison le manager dont les épaisses lunettes avaient repéré, entre autres, Morgan Parra, Antoine Dupont, Matthieu Jalibert, Louis Bielle-Biarrey, avant de propulser Baptiste Jauneau capitaine des Jaunards. Mais cette saison, une génération dorée pointe le bout de son nez depuis le début de la préparation estivale, en juillet dernier. Les Crabos de la saison passée (nés entre 2006 et 2007) ont en effet déboulé parmi les gros bras auvergnats avec la mâchoire serrée et l’envie de casser les lignes. Invaincus sur toute la saison et champions de France, ces jeunes loups ont été impitoyables et veulent maintenant conquérir l’équipe première.
« On est très satisfait du travail des jeunes, leur potentiel est excellent et ils veulent venir avec nous pour gagner et ne pas juste jouer. Je vois cela tous les jours à l’entraînement, j’ai besoin d’avoir confiance en eux, et ils sont performants. Je ne mets pas des joueurs sur la feuille en fonction de leur carte d’identité. Il y a une vraie dynamique, toutes les équipes de jeunes progressent et gagnent, c’est le plus important. Il y a quelques semaines, les moins de 18 ans ont perdu à Bourgoin, et ce n’est pas possible au vu de l’équipe qu’on a, et on leur a bien fait comprendre ! Cela s’appelle la culture de la gagne. Quand je suis arrivé, j’avais l’impression que les jeunes étaient juste contents d’être là, aujourd’hui, ils ne sont pas contents quand ils ne jouent pas, c’est bien. On est vraiment dans le projet OneASM », explique le manager clermontois.
Derrière, d’autres promesses attendent
Ces six lettres doivent en effet écrire un brillant futur pour le club auvergnat. Pour être « durablement dans le top 6, a minima, et jouer le titre chaque année », selon les mots du président Jean-Claude Pats, Clermont se doit de revenir à la base de ses succès passés. La politique de formation asémiste avait par exemple propulsé les Rougerie, Floch, Malzieu, Fofana, Lapandry, Iturria et autres Cancoriet qui avaient marché sur la France du rugby pendant une décennie. Aujourd’hui, Clermont veut ouvrir son deuxième siècle dans l’Élite avec une cure de jouvence qui doit payer dès les deux à trois prochaines années. « Les Crabos et les Espoirs gagnent pratiquement tous les week-ends. Et au-delà de cet aspect, cela fait de bien aussi d’avoir une énergie différente. Parce que nous, les « plus grands », on se dit parfois qu’on est tranquilles. Mais eux n’arrêtent pas de courir et faire les efforts. En fait, ils ne s’arrêtent pas de travailler et c’est bénéfique pour tout le monde » explique Marcos Kremer, dont le petit frère Mariano, ferraille avec les Espoirs.
Surtout, ces jeunes ne sont pas seulement enthousiastes à l’idée de jouer, ils sont fiers de porter un maillot séculaire et historique qui ne demande qu’à transpirer sur les plus grandes scènes du pays. « Ce sont des amoureux du club, qui viennent en majorité de la région, ils sont très attachés à l’histoire de l’ASM et c’est fondamentalement important. Certains avaient plusieurs clubs avant de venir chez nous, et le fait qu’ils viennent chez nous est un message fort. Le club repartira très haut avec une vraie politique des jeunes, ils doivent être fiers du choix qu’ils ont fait, nous sommes alignés avec le projet » relève Christpohe Urios.
Car derrière les quatre « bizuts », d’autres grandes promesses trépignent d’impatience de prendre la vague des « Jeunards ». Baptiste Veschambre, deuxième tour jumelle du pack des Espoirs (2,03m pour 116kg) a été récemment prolongé jusqu’en 2029 au même titre que Léo Michaux. Capable de jouer dans la cage ou troisième ligne, Veschambre pourrait accrocher quelques feuilles de match cette saison. Toujours devant, Antoine Chalus-Cercy et Baptiste Britz toquent à la porte de l’épaisse troisième ligne auvergnate. Le premier avait d’ailleurs joué au Leinster la saison dernière et son profil de plaqueur-gratteur devrait être bénéfique dans les années à venir. Bref, l’avenir commence ici pour Clermont.
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