Dell engage une nouvelle réorganisation de ses effectifs en France. Le groupe informatique envisagerait la suppression d’environ 280 postes à Boulogne-Billancourt et Montpellier. Une annonce qui suscite l’inquiétude des syndicats, qui y voient un plan social déguisé.
Le géant américain de l’informatique Dell a annoncé, le 18 septembre 2025, l’ouverture d’une GEPP (Gestion prévisionnelle des emplois et Parcours Professionnels). Ce dispositif vise à anticiper les conséquences des évolutions internes et externes de l’entreprise ainsi que de ses orientations stratégiques. Il permet aussi de mettre en place la RCC (Rupture conventionnelle collective).
Depuis le Covid, l’action en bourse n’a fait que croître. L’entreprise va très bien et pourtant, les effectifs diminuent chaque année.
Aurélie TavernierDéléguée syndicale de FO
Présentée d’abord aux syndicats, puis dans la foulée à l’ensemble des salariés, cette nouvelle stratégie pourrait se traduire par la suppression d’au moins 280 postes, répartis entre Boulogne-Billancourt et Montpellier. Il s’agit d’une réduction de plus de 20 % des effectifs de Dell en France.
Quand cela va s’arrêter ? À Montpellier, nous sommes 750 aujourd’hui. Nous étions 1 100 en 2021.
Aurélie TavernierDéléguée syndicale de FO
Pour les représentants du personnel, cette annonce n’a rien d’une surprise. « Depuis deux ans, Dell mène une véritable politique de casse sociale« , dénonce le syndicat FO.
En 2024, déjà, 273 salariés avaient quitté l’entreprise via une précédente RCC (Rupture conventionnelle collective). Les syndicats pointent une contradiction entre la bonne santé financière du groupe et cette nouvelle vague de suppressions d’emplois.
Depuis le Covid, l’action en bourse n’a fait que croître. L’entreprise va très bien et pourtant, les effectifs diminuent chaque année.
Aurélie TavernierDéléguée syndicale de FO
Cette politique de réduction des effectifs, selon le syndicat FO, servirait avant tout à optimiser les coûts pour continuer à satisfaire les actionnaires. D’après Fortuneo, le groupe Dell a prolongé son engagement à augmenter les dividendes trimestriels de 10% ou plus par an jusqu’à l’exercice 2030.
Dell a récemment déployé ses premiers outils d’intelligence artificielle interne. « Le calendrier est trop proche pour que l’IA soit un prétexte. C’est surtout une logique d’économies« , nous confie la déléguée FO de Montpellier. Le syndicat CFDT estime que l’impact de l’IA conduit à réduire la masse salariale par anticipation et s’inquiète sur la surcharge de travail pour les employés qui resteront après les départs car la « charge de travail est déjà enorme ».
L’entreprise anticipe les évolutions de l’intelligence artificielle alors même que celle-ci est encore en cours de déploiement. Que va-t-il se passer après la réduction des effectifs, alors que les salariés sont déjà en surcharge de travail ?
Frédéric RuhDélégué syndical CFDT
En toile de fond, un autre sujet de tension : le télétravail. Dell a dénoncé l’accord existant il y a dix-huit mois. À partir du 3 novembre 2025, tous les salariés devront revenir sur site cinq jours sur cinq et d’après les syndicats cela ne convient pas à tout le personnel habitué à travailler en distentiel. Pour les syndicats, cette mesure pourrait inciter certains salariés à accepter les départs proposés dans le cadre de la RCC.
Montpellier – le site de Dell Europe au Millénaire – archives • © maxppp
Sollicitée, la direction de Dell France indique : « Nous ne sommes pas en mesure de faire de commentaires à ce stade. » Le plan pourrait être mis en place d’ici la fin de l’année, sous réserve de sa signature par les organisations syndicales.
