Focus sur le début de saison de Matthieu Jalibert, impressionnant en attaque et plus que jamais détonateur du jeu girondin. Défenseurs battus, franchissements : le demi d’ouverture de l’UBB brille offensivement, mais pas seulement…
Après sept journées de championnat, l’Union Bordeaux-Bègles est en dehors du top 6. Le finaliste de l’édition passée a déjà perdu à trois reprises cette saison, deux fois sans son maître à jouer Matthieu Jalibert. Au vu de l’importance de l’ouvreur dans le plan de jeu girondin, et de sa forme actuelle – nous y reviendrons –, son absence au Racing (44-22) et à Toulouse (56-13) explique en partie les lourdes déconvenues des hommes de Yannick Bru. Car si l’UBB alterne le chaud et le froid en ce début de saison, son métronome, lui, continue d’orchestrer le jeu avec une précision chirurgicale. Sur la lancée de 2024-2025, Matthieu Jalibert est plus que jamais le meilleur numéro 10 de ce premier bloc de Top 14 : statistiques à l’appui, avec notre partenaire AIA Rugby.
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Au-dessus des autres offensivement
Personne ne sera surpris en découvrant les statistiques offensives de Matthieu Jalibert. Connu pour son panache et son flair, l’ouvreur girondin incarne ce rugby d’instinct qui fait se lever les foules. En témoigne, d’ailleurs, sa passe décisive en finale de Champions Cup contre Northampton pour son compère Damian Penaud, symbole de son sens du timing et de la vista. Depuis la reprise, fin août, il transforme les défenseurs en quilles, enchaînant crochets et accélérations fulgurantes. Il compte 21 défenseurs battus, devant deux ailiers supersoniques, Gaël Dréan (19) et Jiuta Wainiqolo (18).
C’est le seul demi d’ouverture présent dans le top 15, même chose en termes de mètres parcourus (550), où il n’est devancé que par l’arrière du MHR Tom Banks (651). Lors de ses sept matchs disputés, Jalibert a franchi le rideau défensif à sept reprises : là aussi, il prend la première place du classement, à égalité avec son pote Louis Bielle-Biarrey et le Néo-Zélandais Harry Plummer, qui réalise également de très bons débuts sous le maillot de l’ASM.
« Bordeaux-Bègles a sûrement la meilleure ligne de trois-quarts d’Europe. Matthieu a bien évidemment un rôle central, il est la clé majeure de la réussite de Bordeaux-Bègles », confiait Paolo Garbisi avant de l’affronter en demi-finale de Top 14. Évidemment, le 10 de l’UBB tente beaucoup dans un match ; il connaît donc un peu plus de déchets que ses vis-à-vis. En cinq matchs disputés, il a perdu 11 ballons, un de plus que Garbisi (Toulon, Carbonel (Paris) ou Desperes (Pau), et deux de plus que Berdeu (Lyon), Ntamack (Toulouse) et Le Brun (Castres).
Matthieu Jalibert n’est pas seulement un attaquant
L’une des intérêts à cet article tient à ses statistiques au pied. Loin de sa caricature de simple diamant offensif, le Bordelais-Béglais se distingue aussi dans l’utilisation du jeu au pied. Il exploite beaucoup cette arme stratégique (69 coups de pied en cinq matchs), juste derrière Joris Segonds (Bayonne, 73) et Baptiste Serin (55). Et il le fait très bien, étant le deuxième joueur à gagner le plus de mètres (2 702 m, derrière Segonds – 3 178 m – mais devant Bosviel – 2 255 m).
En défense, l’une de ses fragilités traditionnelles, Jalibert semble en progrès depuis la première journée. Premier constat : il ne fuit pas le combat (37 plaquages tentés), soit onze de plus que Romain Ntamack (26), pourtant référence du poste en défense. Certes, « Jali » a encore du déchet (29/37), mais il tente davantage de plaquages seul (75,8 % contre 66,5 % en 2024-2025). « C’est loin d’être parfait, mais je donne mon maximum pour augmenter mes stats et ma qualité de défense, expliquait-il à L’Équipe. L’important est que je sois un peu plus dense dans ma zone et que j’apporte plus de confiance à mes coéquipiers. » C’est notamment ce qu’il a fait à Perpignan lorsque le solide Tavite Veredamu est allé le défier à l’entrée des 22 mètres. Jalibert est tombé à la renverse, mais est parvenu à déséquilibrer l’Usapiste. Résultat : un plaquage manqué dans les statistiques, mais une occasion d’essai ratée pour l’Usap.
Loin de l’image d’un joueur désintéressé par les tâches défensives (dans la moyenne des ouvreurs au niveau des contests et des contre-rucks où Domingo Miotti domine les débats), Jalibert affiche aujourd’hui un profil complet, avec une importance qui atteint son paroxysme durant l’absence du capitaine Maxime Lucu et du premier centre Yoram Moefana. Aura-t-il l’occasion de s’exprimer en Bleu ? Depuis la défaite en Angleterre lors du Tournoi 2025, le Tricolore n’a plus porté le maillot du XV de France. « Sur 63 test-matchs possibles, je lui ai donné 34 sélections : ça veut dire quoi selon vous ?« , lâchait Galthié dans un entretien à Sud-Ouest au début du mois d’octobre. « Qu’il rentre dans vos plans ? », demandait notre confrère : « C’est déjà pas mal, répondait le sélectionneur. Ensuite, il y a de l’émulation et de la concurrence. Nous prenons des décisions qui sont très claires et cohérentes pour nous. »
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