Un arrêté municipal, publié et transmis en préfecture le 24 septembre dernier, interdit la vente à emporter de canettes de bière à l’unité dans le centre-ville de Béziers. Une mesure qui a ensuite été discutée avec la cinquantaine de professionnels concernés, réunis en mairie, et qui devrait connaître des ajustements, selon le maire Robert Ménard.
C’est un arrêté de la Ville de Béziers qui a été publié et transmis en préfecture le 24 septembre dernier. Une mesure médiatisée une semaine plus tard, à la faveur d’une intervention de Robert Ménard sur RMC : le maire de Béziers a ainsi interdit la vente à emporter de canettes de bière à l’unité, sur le périmètre du centre-ville. « Et ce à toute heure, tous les jours de la semaine ». L’arrêté indique qu’il s’agit « de lutter contre la consommation d’alcool sur la voie publique et les troubles à l’ordre public qui en découlent. »
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« Je voulais mettre la pression »
Vendredi 10 octobre, tous les professionnels concernés, c’est-à-dire une cinquantaine de gérants d’épicerie, de moyennes surfaces et de bureaux de tabac, ont pu réagir et s’exprimer, en mairie. Cette rencontre ne s’est déroulée qu’après la prise de l’arrêté. Mais Robert Ménard assume la méthode : « C’était fait exprès, je voulais mettre la pression et qu’on avance là-dessus. C’était pour leur dire « je ne veux plus de ça » », explique-t-il. Résultat : le fameux arrêté va faire l’objet de modifications « d’ici le 10 novembre ». Le périmètre reste celui d’un centre-ville élargi (calqué sur celui de l’obligation pour les épiceries de fermer à 20 h) mais la vente de canettes de bière à l’unité ne sera plus strictement interdite que de 22 h à 11 h du matin. En journée, de 11 h à 22 h, la vente sera possible sous trois conditions : l’achat d’un repas, l’achat d’un autre produit dont le prix est équivalent à celui de la canette et si le prix de la bière n’est pas inférieur à 5 € le litre.
« En une semaine, on ramasse pas moins de 1 200 canettes de bière sur l’espace public »
Un cadre qui reste restrictif. « À dessein », répond Robert Ménard qui a tenu les comptes : « En une semaine, on ramasse pas moins de 1 200 canettes de bière sur l’espace public (pas dans les poubelles), sur la zone définie », souligne-t-il. En résumé, le premier magistrat s’attaque aux commerçants pour leur signifier qu’ils ne peuvent pas vendre ces bières et se plaindre des nuisances qu’elles causent ensuite devant leur porte.
« On avance avec eux et on a trouvé une solution », se félicite l’élu. Mais un tel arrêté, qui fixe notamment un plafond de prix, est-il légal ? « Il est innovant », répond le maire. « Et il n’a pas été contesté ». Le Code du commerce stipule toutefois que les prix sont librement déterminés par le jeu de la concurrence.
Mais Robert Ménard est déterminé : « Je ne vais passer ma vie à me plaindre des choses sans essayer de les changer. » Et de pointer clairement, « les gens qui picolent, les chiens pas sympas ».
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