La collaboration entre l’OTAN et Airbus accélère. Ce jeudi 9 octobre et vendredi 10 octobre, Radmila Shekerinska, secrétaire générale déléguée de l’OTAN est en déplacement à Toulouse dans les locaux d’Airbus. Depuis la visite du secrétaire général de l’OTAN, en juillet dernier, les liens pour développer l’industrie de la Défense européenne se renforcent.
C’est une visite discrète mais hautement symbolique dans le contexte international actuel. La secrétaire générale adjointe de l’OTAN, Radmila Shekerinska est en déplacement à Toulouse ce jeudi 9 octobre et vendredi 10 octobre. Pendant deux jours, elle visitera Airbus et rencontrera ses dirigeants.
La presse n’a pas été conviée lors de cette venue et il est difficile d’en connaître le contenu exact, une chose est sûre Airbus et l’OTAN travaillent à renforcer encore un peu plus leur collaboration dans le domaine de la défense.
Il faut dire que la pression militaire n’a jamais été aussi forte sur les pays de l’OTAN, entre la guerre en Ukraine et les survols de drones inconnus au-dessus de différents pays européens qui se sont multipliés ces dernières semaines.
Le 1er juillet dernier, le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, s’est déjà rendu à Toulouse, où il a rencontré les dirigeants d’Airbus afin d’encourager une collaboration plus étroite avec l’industrie de défense.
Invité au Airbus Top Executive Forum, il a rappelé que l’OTAN et l’avionneur européen partageaient un objectif commun, à savoir garantir la sécurité et la prospérité dans l’ensemble des pays membres de l’Alliance.
« Nous poursuivons le même but : assurer la prospérité et la sécurité de nos économies et de nos sociétés, que ce soit en Europe ou en Amérique du Nord », avait déclaré Mark Rutte, avant d’ajouter qu’il était essentiel, compte tenu de l’évolution rapide de l’environnement de sécurité, que l’OTAN et le secteur privé travaillent main dans la main face à la montée des menaces dans le monde.
Dans son allocution, Mark Rutte avait rappelé le besoin urgent de développer la défense de pointe.
Il ne saurait y avoir de défense forte sans une industrie de défense forte
Mark Rutte, secrétaire général de l’OTAN, 1er juillet Toulouse
Le géant de l’aéronautique européen contribue à ses efforts de défense avec notamment l’A400M et l’A330 MRTT (avion de ravitaillement et de transport). Deux A330 MRTT, avions militaires de pointe, ont en effet été commandés par l’OTAN en juin dernier. Ils devraient être livrés en 2028 et 2029 par Airbus.
Ces achats visent à renforcer l’autonomie stratégique européenne et les capacités de défense collective des pays de l’Alliance.
Des efforts qui vont encore s’accentuer. Cet été, les Alliés ont convenu au sommet de la Haye de porter à 5% la part de leur PIB consacrée aux dépenses de défense.
L’OTAN appelle ainsi, le secteur privé comme Airbus à innover et à monter en capacité afin que les pays de l’Alliance puissent atteindre les objectifs capacitaires ambitieux fixés par l’Alliance et qu’ils soient en mesure de protéger le milliard de personnes vivant sur leur territoire.
Du côté d’Airbus on partage les même inquiètudes et le besoin d’accélerer les programmes militaires. Le 25 mars 2025, le président du conseil de surveillance d’Airbus, René Obermann, lançait un avertissement plus qu’inquiètant et tirait la sonnette d’alarme dans un entretien avec le journal allemand « Handelsblatt ». Selon lui, on sous-estime la possibilité rapide d’un conflit sur l’OTAN.
« Je suis convaincu que les pays de l’Otan sont beaucoup plus proches d’un conflit militaire avec la Russie que ne le pensent actuellement de nombreux responsables », avait déclaré le 25 mars 2025, René Obermann.
Chez les experts de la défense, on estime généralement qu’une attaque russe sur un pays membre de l’Otan pourrait intervenir à partir de 2029. « Cela pourrait être nettement plus rapide », avait estimé René Obermann dans cet entretien publié le 25 mars 2025 dans le journal allemand « Handelsblatt ».
