Jorge Martins Correia, 51 ans, psychothérapeute autoproclamé adepte du polyamour et fondateur de la secte l’Athanor, comparaît devant a cour criminelle de l’Hérault. Il est accusé de viols aggravés, notamment sur mineures et abus de faiblesse. Il risque jusqu’à 20 ans de réclusion. Le verdict est attendu mardi 30 septembre 2025.
De la souffrance. Beaucoup de souffrance et des torrents de larmes. Les victimes présumées de Jorge Martins Correia se sont succédé à la barre pour raconter à tour de rôle comment « elles avaient tout perdu » après le « bourrage de crâne » au contact de l’accusé.
L’homme de 51 ans est jugé à Montpellier, devant cour criminelle de l’Hérault, depuis le 23 septembre 2025, notamment pour viols et abus de faiblesse. Sur les réseaux sociaux, il se présentait comme psychologue et psychothérapeute. Il n’a aucun diplôme.
À la tête d’une microsecte appelée l’Athanor, il organisait des stages, « stages de libération émotionnelle », basés sur le polyamour et sur la prise de drogues (LSD, MDMA, champignons hallucinogènes).
Il savait y faire et repérer ses victimes, j’ai servi de cobaye.
Une jeune femme, partie civile
Décrit comme charismatique, il s’entourait de personnes à peine adultes, les éloignant de leur cercle familial et amical, selon un ancien adepte ayant dénoncé ses agissements, notamment d’avoir entretenu un rapport sexuel avec une jeune femme pour que son petit ami « travaille sur la notion de jalousie ».
Plusieurs de ses « patientes » ont fini par porter plainte, expliquant avoir été sous emprise et que certaines relations sexuelles leur avaient été imposées en raison de leur fragilité ou par la prise de stupéfiants.
L’homme avait aussi fini par attirer l’attention du préfet de l’Hérault, de l’agence régionale de santé Occitanie et de la Miviludes, la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires. Il a été interpellé en janvier 2021.
Après trois ans d’enquête, il a été renvoyé devant la cour criminelle pour « abus de faiblesse », « usurpation de diplôme », « viols », « détention et cession de stupéfiants ».
Il est également accusé de violences sur une ex-compagne, de viols et agressions sexuelles sur deux belles-filles mineures à l’époque des faits et de corruption de mineure sur sa propre fille. Il conteste tous les faits reprochés.
« Je conteste toujours les viols sur mineures », a-t-il d’emblée déclaré à l’ouverture de son procès.
Jorge Martins Correa comparaît détenu.
« J’étais parti du principe que j’avais assez de compétences pour aider, mais c’est devenu n’importe quoi », a-t-il ensuite concédé.
« On faisait quelques séances, on devenait amis, il y a des moments où c’est venu », a-t-il ajouté à propos des relations sexuelles au sein du groupe, « J’ai toujours laissé les gens disposer de leur propre volonté ».
Les réquisitions pourraient intervenir ce lundi après-midi et le verdict est attendu le 30 septembre.
Jorge Martins Correa risque jusqu’à 20 ans de réclusion criminelle.
