Chaque dimanche, Midi Libre Béziers vous propose sa rubrique « Un café avec… » : une conversation informelle avec une personnalité de la vie biterroise. Ce dimanche 27 septembre, rencontre avec le père Hervé Dussel, l’archiprêtre de la ville.
Le rendez-vous est pris aux halles Biltoki, à Béziers, avec l’archiprêtre de Béziers, Hervé Dussel, 55 ans, pour un café en toute convivialité. Ça tombe bien : « Avec le tennis, être à une table dans un café est un de mes plaisirs, pour papoter ou lire », indique l’homme d’Église, dans un verbe calme et serein. Pourtant, depuis début juillet, l’abbé, à Béziers depuis trois ans, a du pain sur la planche.
L’ancien étudiant en pharmacie à Montpellier, qui a laissé tomber ses études pour entrer au séminaire d’Avignon en 1993, ordonné en 2001 à Pézenas, organise et coordonne toutes les célébrations des 1 050 ans de la consécration de la cathédrale Saint-Nazaire Saint-Celse.
Messes, concerts, pièces de théâtre, visite de la cathédrale en nocturne cet été, une exposition au cloître… Et ce week-end, la fermeture des célébrations avec deux grands concerts, vendredi et samedi, la bénédiction de la nouvelle cloche Marie Espérance et la grande messe de ce dimanche 28 septembre, toujours à la cathédrale, officiée par Mgr Norbert Turini, l’archevêque de Montpellier.
Contenus de la page
« On va commencer à préparer le temps de l’Avent »
Le curé des trois paroisses biterroises (sur quatre paroisses, pour onze clochers) – centre-ville, Mère Thérésa et Notre-Dame de la Réconciliation (Devèze) – indique tout de même : « C’est la dernière ligne droite et c’est bien que ça se termine aussi ». Dès la semaine prochaine, le Père Dussel retrouvera « l’équilibre hivernal ».
« On va commencer à préparer le temps de l’Avent et ses quatre messes roratées à l’Immaculée-Conception, et Noël. Ça va très vite ! », sourit-il. D’autant plus qu’il a de quoi être satisfait : il dit constater, dans ses paroisses, une augmentation du nombre de fidèles. « Il y a un retour de fidèles dans les églises. Surtout beaucoup de jeunes adultes, à la cathédrale, à l’Immaculée-Conception, à la Sainte-Famille, qui viennent ou qui reviennent. »
« Depuis un an, un an et demi… Ce qui est impressionnant, c’est qu’il y a, sur Béziers, 40 adultes qui se préparent au baptême, à la première communion ou à la confirmation, cette année, explique-t-il encore. L’année dernière, il y en avait environ 25. Quant aux enfants, Béziers a une spécificité : il y a beaucoup d’enseignement catholique avec les sacrements qui vont avec. Pour les inscriptions au catéchisme en paroisse, on a triplé les effectifs en un an, passant de 4 à 17, par exemple, sur le centre-ville. »
De la difficulté de recruter des prêtres
A contrario, son visage se durcit un peu au moment de parler de la vocation de prêtre en berne : « C’est toujours compliqué et difficile de trouver des hommes pour être prêtres, et aussi des femmes pour être religieuses. Le problème majeur, c’est la crise de l’engagement dans la société. Partout, même dans les associations… C’est sociétal. »
Alors l’Église recrute à l’étranger. Dans le Biterrois, face à ce manque, des recrutements ont lieu régulièrement, surtout des prêtres venant d’Afrique, de Pologne et du Vietnam, « des pays avec beaucoup de jeunesse, où peut-être la société de consommation n’est pas aussi présente et où on peut plus facilement rencontrer l’appel du Seigneur ».
Au-delà de l’actu…
Votre définition de la foi ?
La foi, c’est d’abord pour moi la foi chrétienne. C’est croire en ce Dieu d’amour qui a tellement aimé les hommes qu’il est venu à notre rencontre en nous donnant son propre fils pour partager notre humanité.
Quelle place ont Les athées dans la religion chrétienne ?
L’Église les appelle les hommes et les femmes de bonne volonté, qui peuvent aussi être juifs, musulmans, bouddhistes. Si, dans leur vie, ils ont le souci du plus pauvre, du plus démuni, de l’autre… C’est reconnu très positivement par l’Église.
L’IA est-elle compatible avec la religion chrétienne ?
Oui, l’IA n’obéit qu’à ce qu’on lui demande. Ce qui m’effraie surtout, ce sont les utilisations que l’on peut en faire. Je me pose la question : est-ce que les jeunes vont être capables de réfléchir sans l’IA… Je l’utilise parfois pour préparer les homélies.
Êtes-vous sur les réseaux ?
Oui, j’ai un compte Facebook personnel, on a aussi un Instagram, une page Fabebook et le site de la paroisse. Et je communique régulièrement sur le site du diocèse de Montpellier.
Un livre qui vous a marqué ?
”L’ami retrouvé”, de Fred Uhlma. Ça commence avant la Seconde guerre mondiale. Un jeune aristocrate allemand est ami avec un jeune juif allemand. Hitler prend le pouvoir. L’aristocrate rentre dans les jeunesses hitlériennes et devient un haut gradé militaire. Et il s’éloigne de son ami juif qui part aux USA avant la guerre. Or l’aristocrate a été celui qui a mis la bombe sous la table d’Hitler. Le juif a ainsi compris qu’il avait retrouvé son ami.
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