Qui est Picot de Lapeyrouse, le scientifique qui va donner son nom à un grand parc toulousain

Lors du conseil municipal du 26 septembre, la ville de Toulouse a décidé de donner le nom de « Parc Picot de Lapeyrouse » au grand projet de parc Garonne sur l’île du Ramier. Mais qui est donc ce grand entomologiste de renom que les Toulousains connaissent à peine ?

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C’est en référence à l’un de ses illustres prédécesseurs que Jean-Luc Moudenc et son conseil municipal ont attribué le nom de « Parc Picot de Lapeyrouse » au futur grand parc Garonne sur l’île du Ramier à Toulouse.

Philippe-Isidore Picot de Lapeyrouse est un naturaliste français, né le 20 octobre 1744 à Toulouse et mort le 18 octobre 1818 au château de Lapeyrouse (Lapeyrouse-Fossat dans la Haute-Garonne). Il faut donc remonter un peu en arrière pour se pencher sur la vie et l’œuvre de ce scientifique.

Aîné de 9 enfants, il commence ses études au collège de l’Esquile où il se passionne pour l’Histoire naturelle. Il explore alors les Pyrénées dont il devient rapidement un spécialiste mondialement reconnu.

Il sera le premier scientifique à s’intéresser aux rudistes, du latin « rudis », (rude) groupe de mollusques marins fossiles du Mésozoïque, ère géologique d’une durée de 185 millions d’années, intermédiaire entre le paléozoïque et le cénozoïque. On ne savait pas trop ce que c’était et les paysans qui trouvaient ces rudistes pensaient que c’était des cornes d’animaux. Voilà pour la petite leçon.

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Le jeune Picot de Lapeyrouse a publié un traité des mines et des forges du comté de Foix qui a reçu une consécration internationale. Il a notamment été traduit en allemand, la langue des minéralogistes du monde entier. Il a fait partie de nombreuses académies de savants.

Il devient inspecteur des mines, puis professeur d’histoire naturelle à l’école centrale de Toulouse, à l’école des mines de Paris, et en 1811 à la faculté des sciences de Toulouse. 

Toulouse où il va laisser son empreinte en étant le fondateur du Museum d’histoire naturelle. C’est dans l’ancien couvent des Carmes déchaussés, devenu propriété de l’État pendant la Révolution de 1789, que le Muséum a déployé ses collections. Les locaux seront donnés en 1808 par Napoléon à la ville pour fonder le Museum qui ouvrira au public en 1865.

Membre de l’académie des Jeux Floraux de Toulouse dès 1806, il publie de nombreux articles dans différentes revues, et des ouvrages dans tous ces domaines : botanique, zoologie, minéralogie et ce qui deviendra plus tard la paléontologie.

Je sens bien que je n’ai ni tout vu ni tout dit. Mais il fallait commencer.

Philippe Picot de Lapeyrouse, naturaliste Toulousain

Il joue un rôle clé dans la promotion des sciences et dans l’encouragement des jeunes chercheurs. Il est reconnu pour ses études approfondies sur la flore des Pyrénées. 

Dans une période assez mouvementée sur un plan politique, Picot de Lapeyrouse est capitoul de Toulouse et avocat aux requêtes près le Parlement de Toulouse. Il quitte provisoirement la politique en 1792 mais il est arrêté et passe dix-huit mois en prison comme « partisan du fédéralisme ».

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En 1800, il est nommé maire de Toulouse. Il sera le premier magistrat de la ville jusqu’en 1806. Il devient également le premier président du conseil général de Haute-Garonne lors de la création des départements par l’assemblée constituante en 1790.

Il sera également élu à la chambre des représentants durant les Cent jours du 16 mai 1815 au 13 juillet 1815. En reconnaissance de ses services, il est fait baron d’Empire en 1808 et chevalier de la Légion d’honneur, une reconnaissance qui marque son influence et son engagement envers son pays.

On peut voir sa statue au Museum d’histoire naturelle de Toulouse où se trouvent également de nombreux fonds. Sa collection de minéralogie est la plus ancienne des collections naturalistes de l’Université Toulouse III-Paul Sabatier.

Une rue du centre-ville près du Capitole porte son nom : rue Lapeyrouse, carrièra Picòt de Lapeirosa dans sa traduction occitane. Une rue et un rond-point lui rendent hommage également à Lapeyrouse-Fossat (31).

Désormais, le parc de l’île du Ramier (3 000 hectares) portera donc son nom.

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Il s’inscrit dans le projet urbain Grand Parc Garonne de dix hectares, le « Central Parc » comme l’appellent modestement certains Toulousains ! En tout cas, ce grand naturaliste français méritait bien cette reconnaissance. 

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