Le couple sétois était jugé, en même temps que cinq pêcheurs, mardi 23 septembre 2025, pour travail dissimulé et blanchiment de fraude fiscale notamment. Deux ans d’emprisonnement, de lourdes amendes et la dissolution de leur société ont été requis contre eux.
C’est un vaste réseau présumé de récolte illégale de palourdes puis de vente au marché noir qui était jugé au tribunal correctionnel d’Aix-en-Provence, ce mardi 23 septembre 2025.
Parmi les sept personnes appelées à la barre, cinq pêcheurs âgés de 28 ans à 42 ans, ainsi qu’un couple sétois, dont la société est spécialisée dans l’achat et la vente de palourdes notamment.
Dans les faits, les pêcheurs sont accusés d’avoir récolté illégalement plus de 24 tonnes de palourdes dans l’étang de Berre, près de Marseille, dans l’objectif de les revendre au noir. Ces pêcheurs amateurs, qui ne bénéficient donc d’aucune licence professionnelle, ont récolté et revendu pendant plusieurs mois des centaines de kilos de palourdes à la société Cap Horn, dépassant largement la limite quotidienne de deux kilos fixée pour les pêcheurs de loisirs.
Ils ont également ponctuellement pêché en dehors des périodes autorisées, notamment lorsque la pêche a été interdite à cause d’une pollution à l’E.Coli. Ces palourdes étaient ensuite revendues par un couple de Sétois aux Halles et dans des restaurants.
Des interceptions téléphoniques réalisées dans le cadre de l’enquête ont mis en évidence une forme de « pression », selon les termes du président, exercée par le PDG de l’entreprise héraultaise, sur les pêcheurs pour obtenir toujours plus de palourdes.
« Continuez à travailler, vous êtes des fainéants ça vous apprendra », a dit Jean-Michel Zanon à des pêcheurs avec lesquels il travaillait, selon un enregistrement récupéré par les enquêteurs et lu pendant l’audience. Selon son avocat, il conteste « faire partie d’une organisation structurée ».
Confronté par le président aux effets sur l’environnement de son activité, l’homme a assuré qu’il ne pensait pas que cela puisse avoir des conséquences sur l’écosystème car il n’avait « jamais vu des gisements avec autant de palourdes ».
Sa femme et lui étaient donc poursuivis des chefs de travail dissimulé en bande organisée, blanchiment de ce délit et de fraude fiscale, achat illégal de produits de pêche, abus de biens sociaux et défaut d’agrément et mise sur le marché de denrées préjudiciables à la santé.
La procureure a requis deux ans d’emprisonnement avec sursis probatoire, l’interdiction définitive de gérer et d’exercer toute activité liée à la pêche, la confiscation des fonds saisis et l’affichage de la décision au siège de la société et à la mairie de Châteauneuf les Martigues pendant deux mois. Elle a également la dissolution de la société et la confiscation des fonds saisis (140 000 euros).
La Cour rendra sa décision en délibéré, le 18 novembre 2025 à 14h.
