Trois demeures construites dans un parc, chemin de la Gardie à Vias, ont été détruites par le feu, dans la nuit de samedi à dimanche. Une enquête a été ouverte par les militaires de la compagnie de gendarmerie de Pézenas.
Que s’est-il passé, dans la nuit de samedi à dimanche, à Vias, chemin de la Gardie ? Les gendarmes de la brigade de Marseillan enquêtent pour comprendre. En effet, trois maisons appartenant au même propriétaire ont été détruites par le feu. Un sinistre qui pose question alors qu’un bras de fer a été engagé dernièrement entre le nouveau et l’ancien propriétaire des lieux. Le domaine, vendu pour la modique somme de 3 M€ au début de l’année 2024, « cache de nombreuses malfaçons », selon Jean-Paul Paturel qui vient d’acheter le bien, face au cimetière.
Contenus de la page
Trois départs de feu au moins
Il était aux alentours de 3 h du matin, dimanche matin, quand l’alerte a été donnée. Trois bâtiments du domaine d’un hectare étaient la proie des flammes. Très vite les pompiers ont été dépêchés sur place et force de constater que le sinistre présente toutes les caractéristiques d’un incendie criminel. Aucune chance en effet pour que les flammes soient passées seules et naturellement d’un bâtiment à l’autre. Sur le terrain, une bâtisse qui devait être louée aux environs de 5 000 € par mois éloignée des deux autres d’une centaine de mètres est la proie des flammes. Un peu plus loin, en bordure de clôture, un « appartement de deux pièces » est totalement ravagé. Enfin, jouxtant l’entrée du domaine, un ensemble de pièces contiguës à un petit pavillon de chasse ont été ravagées par le feu. Il ne reste plus que des pans de murs. Les toitures ont été rongées par les flammes. Les pompiers n’ont rien pu faire.
« Tout est perdu »
Jean-Paul Paturel, le propriétaire du domaine qui habite dans les Pyrénées Atlantiques a été prévenu dans la nuit. Il s’est rendu sur place dans la matinée de dimanche. « Tout a été détruit. Il y a eu trois feux, la maison, mais aussi toutes les dépendances ont été détruites. Rien, il ne reste rien. Je n’ai pas pu rentrer sur mon domaine car c’est dangereux. Les gendarmes m’ont dit que ce n’était pas un accident. J’ai déposé plainte contre X, tout est perdu. »
Des défauts préjudiciables
Cet ancien pilote de ligne avait prévu, avec son épouse, qui a été juriste auprès de l’ONU, de créer sur place un petit refuge pour leurs animaux. Après de nombreuses recherches, ils avaient découvert, auprès d’une agence spécialisée dans la vente de biens de standing, le domaine de la Gardie sur lequel ils avaient jeté leur dévolu. « Nous sommes tombés sous le charme de ce domaine, insiste le couple que Midi Libre avait rencontré quelques jours avant le sinistre. Il cochait toutes les cases. C’était magnifique. Malheureusement, quelque temps après être entrés en possession des lieux de nombreuses malfaçons sont apparues. De quoi nous empêcher de vivre correctement dans ce bien. Les toits prenaient l’eau, les planchers se gondolaient sous l’effet de l’humidité, l’électricité ne fonctionnait pas… »
Des constructions qui ne seraient pas conformes
Un premier versement de 1,8 M€ avait été effectué le jour de la vente. Le restant, 1,2 M€, devait être apporté au mois d’avril dernier. Ce versement n’a pas été effectué face à tous les « défauts » relevés par les époux Paturel. Une procédure judiciaire a été engagée entre ceux-là et l’ancien propriétaire. Des expertises ont été diligentées et elles montreraient non seulement que les bâtiments n’étaient pas conformes au Code de l’urbanisme, mais aussi qu’ils n’étaient pas de la qualité attendue. « Nous avons découvert que le garage a été transformé en studio d’habitation, qu’il n’y avait pas de permis de construire pour certaines pièces de la maison et bien d’autres défauts encore. Nous avions signé la vente. C’était un peu tard. Alors nous avons dénoncé cet achat. » Avec l’incendie qui a quasiment tout détruit, il sera très difficile d’avancer dans ce dossier. La mairie de Vias a déposé un arrêté de péril. Tout le domaine est menacé d’effondrement. Aucun bâtiment n’a été épargné.
.
