Acheter des produits de qualité n’est pas nécessairement couteux. C’est la conviction partagée par plusieurs restaurateurs et représentants d’Interbio Occitanie. Ils proposent une « balade gourmande bio » dans le cœur de Montpellier le 27 septembre afin de partager cette conviction aux consommateurs.
En partenariat avec plusieurs commerçants, Interbio, l’association de développement de la filière bio régionale, propose une balade bio gourmande dans les rues montpelliéraines, le samedi 27 septembre. Dégustation, promenade, le concept est simple : faire découvrir quelques restaurateurs spécialisés dans le bio au grand public. Alors que l’Occitanie représente à elle seule 24 % de la production d’agriculture biologique de France, cette action, déjà expérimentée à Toulouse, trouve une résonnance particulière à Montpellier.
« Avec près de 15 000 producteurs labellisés hébergés entre les Pyrénées et le Languedoc, nous voulons montrer qu’il existe en restauration une offre bio très diverse et surtout accessible« , assure Aurélia Courbières, chargée de mission restauration commerciale chez Interbio Occitanie. Attablés au restaurant ou debout derrière leurs cadis, les consommateurs sont invités par les acteurs bio de la région à se défaire de leurs idées reçues.
« Le bio a souvent cette image de produits couteux, alors que ça n’est pas vrai. On incite les consommateurs à franchir les portes des commerces bio pour constater que ça n’est pas plus onéreux qu’ailleurs », soutient Marie Largeaud, chargée de mission pour la chambre régionale d’agriculture.
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Faire tomber les préjugés sur les produits bio
Et c’est autour de cette promesse, qu’est construite cette balade gourmande en cœur de ville. Départ au marché des Arceaux à Montpellier pour récupérer fromages et fruits auprès des commerçants partenaires. Ensuite, place à l’apéritif chez le Caviste des Arceaux spécialisé dans les vins biologiques depuis 24 ans. Et pour le plat de résistance c’est chez Bio Burger que les organisateurs ont décidé de faire escale.
Au menu : hamburgers au fromage de brebis du Larzac et frites. Le tout à 95% bio et ce jusqu’à l’huile de friture. Cerise sur le gâteau, la bière locale servie dans des gobelets sponsorisés par le MHR (Montpellier Hérault Rugby). « Au-delà de la considération écologique, manger bio c’est aussi faire tourner l’économie locale, car le bio c’est du circuit court« , argumente Nicolas Grau, gérant de l’enseigne située à Observatoire.
Il partage d’ailleurs cette idée selon laquelle le bio n’est pas aussi cher qu’on le pense. « Ici on propose des prix très raisonnables par rapport aux autres options de restauration rapide dans le centre-ville. On a aussi une offre très agressive de -20% pour les étudiants », se félicite-il. Entre 12 et 15 euros pour un menu complet, c’est effectivement la fourchette moyenne pour se rassasier dans un fast-food conventionnel.
Le prix perçu comme un enjeu secondaire
Pour ces restaurateurs, servir du bio est exigeant, mais ils sont motivés par leurs convictions. « Certes c’est plus couteux de cuisiner avec des ingrédients bio mais c’est encore plus couteux pour la terre de servir autre chose. Donc pour moi le choix est vite fait », ironise Sarah Moroney, co-gérante du restaurant végétarien Hokka.
Un cout écologique à long terme supérieur au cout économique à court terme, c’est un argument irréfutable selon elle, « en tant que restauratrice je ne me verrais pas faire autrement. C’est ma manière de rester honnête envers mes clients et envers moi-même », conclue-t-elle.
Plus qu’un atelier dégustation la balade bio gourmande offre donc une véritable réflexion sur la philosophie de la restauration locale.
Simon Rothé
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