Dans un hameau de la commune de Lacaune-les-Bains dans le Tarn, des restrictions des usages de l’eau sont en vigueur depuis le 14 août 2025. Et dans le même temps, une étude serait lancée pour un point de prélèvement supplémentaire au profit de l’entreprise d’embouteillage Mont Roucous, qui dément.
Les Monts de Lacaune, dans le Tarn, ne sont pas épargnés par la sécheresse et les cours d’eau sont mis à rude épreuve. Dans ce secteur, les usages sont multiples. Il y a la consommation d’eau potable des particuliers, mais il y a aussi les besoins pour l’élevage, l’agriculture, la filière bois et des entreprises qui mettent l’eau en bouteille.
Or, un nouveau point de prélèvement serait à l’étude sur un ruisseau du hameau de Sagnens, sur la commune de Lacaune-les-Bains (Tarn), selon des associations de défense de l’environnement qui trouvent la situation alarmante.
Dans un communiqué publié vendredi 5 septembre 2025 sur son site internet, France Nature Environnement et deux associations locales s’inquiètent de la préservation de la ressource et de la gestion de l’eau dans le secteur de Lacaune où des restrictions sont en vigueur depuis la mi-août.
Une pression supplémentaire pourrait bien y être exercée sur un cours d’eau. « Une nouvelle étude d’impact est en cours sur un ruisseau du hameau de Sagnens, concernant un projet de prélèvement supplémentaire au profit d’une entreprise d’embouteillage Mont Roucous« , écrivent les associations dans leur communiqué commun.
« À l’heure où chaque litre compte, et où l’équilibre entre besoins vitaux, activités économiques et préservation de la ressource devient crucial, ce projet semble déconnecté de la réalité et de l’intérêt général à protéger la ressource quantitativement et qualitativement« , écrivent encore les associations qui en appellent à une gestion concertée et transparente.
Contactée, Mont Roucous dément formellement vouloir capter l’eau de ce ruisseau. « Il n’y a pas de prélèvement prévu au dessus du hameau de Sagnens, assure Didier Ramos, le directeur général. Nous réalisons des études d’impact en permanence, nous mesurons le niveau d’eau des ruisseaux qui sont autour de nous, mais ça ne veut pas dire que l’on va y faire des prélèvements. »
Très prisée par les parents pour leurs bébés car peu minéralisée, l’eau Mont Roucous manque parfois à l’appel dans les rayons. Si vous en êtes consommateur, vous avez peut-être remarqué sa faible présence récemment. Produite à un peu moins de 193 millions de bouteilles en 2024, son volume de prélèvement de la ressource est soumis à une limite préfectorale annuelle de 180 000 mètres cubes.
Face à la forte demande, l’entreprise doit donc espacer ses livraisons pour ne pas dépasser les autorisations. « ll y a moins d’approvisionnement mais je peux vous assurer qu’il y a des camions qui partent chaque jour livrer des grandes surfaces« , ajoute Didier Ramos.
Un problème récurrent pour l’entreprise tarnaise : les années précédentes, elle avait également dû limiter ses livraisons. En ocotbre 2022, elle avait même dû réduire ses capacités d’embouteillage à cause de la sécheresse. Obtenir des capacités de prélèvement supplémentaires serait-elle une solution ?
Didier Ramos affirme que Mont Roucous ne cherche pas à capter plus d’eau. « À l’heure actuelle, il n’y a aucun dossier déposé auprès de la préfecture concernant une demande d’autorisation de prélèvement supplémentaire, indique le directeur général de l’embouteilleur. Je ne dis pas que ça n’arrivera jamais, mais pour le moment il n’y a aucune demande. C’est un dossier très long à monter auprès des différents services : la préfecture, l’ARS, la DDT… ça ne se fait pas du jour au lendemain.«
