Top 14 – « Antoine Dupont ? Ce mec est terrible hein ? » Ali Price se livre sur son arrivée à Montpellier

Du haut de ses 68 capes avec l’Écosse et de ses sélections avec les Lions britanniques, Ali Price est l’un gros coup du recrutement de Montpellier. Personnage truculent, il a évoqué en toute décontraction ce nouveau défi, ses racines anglaises, ses tatouages et son désir d’apprendre le français au plus vite.

Cela fait presque deux mois que vous vivez à Montpellier, quelles ont été vos premières impressions ?

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J’aurais forcément préféré que l’on débute mieux la saison que par une défaite à domicile (contre Toulon samedi dernier, 17-27 ndlr.). C’est vraiment dommage. En dehors de cela, j’adore la vie ici. Le climat est incroyable, et assez différent de celui de l’Écosse je dois reconnaître ! La ville est incroyable. On a l’a explorée avec ma famille. Jusqu’ici, ça a été génial. Les garçons forment un bon groupe. L’entraînement de présaison a été dur, comme on l’attendait mais la façon dont tout le monde a accueilli les joueurs étrangers comme moi, Adam Beard, Ricky Riccittelli a été incroyable. Je suis vraiment excité pour la saison à venir.

Comment avez-vous décidé de quitter l’Écosse ?

J’ai joué en pendant les dix ou onze dernières années en Écosse, et pour moi, c’était le bon moment d’essayer quelque chose de nouveau. Je pense que tout le monde peut voir que le Top 14 est au-dessus de tous les autres championnats. Le rugby est incroyable, les supporters, les stades pleins, les clubs… Quand l’opportunité de venir ici s’est présentée, j’ai vraiment voulu la saisir et me challenger. Je pense que, d’un point de vue familial, ma petite fille a désormais 17 mois et pour ma partenaire Annie et moi, c’était le bon moment pour démarrer une nouvelle aventure. Essayer quelque chose d’excitant, quelque chose de nouveau. Et aussi pour me tester, me challenger.

Pourquoi avoir choisi Montpellier ? Car vous savez ici on est capable du pire comme du meilleur…

Je n’ai pas choisi le confort c’est vrai, mais peu importe ma destination. Du moment que je venais en France, la simple barrière de la langue allait être un défi. Je voulais aussi un challenge sur le terrain, rejoindre une équipe où je pourrais vraiment apporter un plus avec mon expérience. Et puis quand on regarde bien, Montpellier est la dernière équipe à avoir remporté le championnat hormis Toulouse… Cela veut dire qu’il y a un potentiel ici. Je les ai suivis la saison dernière également, et j’ai bien vu qu’ils étaient déçus de terminer à la neuvième place. Alors qu’ils revenaient de l’enfer et que ce classement n’était pas si mal ! J’ai vraiment le sentiment que cette équipe possède un gros potentiel. Et enfin j’ai vraiment hâte de jouer un autre rugby, de découvrir un autre championnat.

Vous savez que les saisons ici sont bien plus longues, stressantes et éprouvantes qu’en URC ?

Je le sais oui ! En plus j’ai 32 ans, je ne suis plus jeune mais je connais mon corps et je sais ce qui fonctionne pour moi, et comment je peux m’occuper de moi-même. Je sais que ce sera dur, mais j’avais vraiment envie de vivre l’expérience à fond, et de m’immerger dans cette nouvelle vie, de tout découvrir. J’ai hâte d’aller jouer à Bordeaux, à la Rochelle, au Stade Français, de m’imprégner de l’atmosphère de chaque stade et de voir comment le public réagit quand deux équipes françaises s’affrontent. Je sais que je serai fatigué si j’enchaîne 20 matchs mais je sais qu’il y aura quelque chose de nouveau chaque semaine, comme aller à Clermont ou Montauban.

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Vous êtes un demi de mêlée très vif, qui accélère le jeu. Est-ce que c’est ce que vous allez essayer d’apporter à l’équipe ?

J’espère, oui. Ici, il y a un pack vraiment costaud, avec des avants habiles balle en main. Cette équipe a des facilités pour trouver de l’avancée autour des rucks et il faut avouer que cela facilite grandement le travail du demi de mêlée. Je pense que le projet de jeu convient parfaitement à mes qualités, qui visent à créer des espaces pour les autres et à saisir les opportunités de franchir quand elles se présentent.

Dans son projet de jeu, le MHR essaye de donner plusieurs options au demi de mêlée…

Comme je le disais, ma mission première et de mettre mes partenaires dans les espaces libres. Mais il est vrai qu’on essaye d’avoir toujours deux, trois voire quatre options disponibles autour du neuf.

Ali Price arrivant au stade avant de défier Toulon. Icon Sport

Avez-vous appelé Stuart Hogg avant de vous engager ici ?

On s’est appelé quelques fois oui, et « Stu » m’a donné un coup de main pour trouver une maison, des choses comme ça. Il m’a montré la ville, m’a présenté l’équipe… C’est bien de pouvoir compter sur quelqu’un que l’on connaît bien. En plus, Stuart joue de temps en temps en 10 ici, donc cela pourrait faire une charnière 100 % écossaise ! Mais j’ai aussi bien bossé avec Hugo (Reus, NDLR.) et Thomas (Vincent) pour me connecter avec eux et comprendre comment ils fonctionnent. Ce sont des chics types, et on sent vraiment qu’ils ont soif d’apprendre. Il faut qu’on soit tous sur la même page.

Vous remplacez un double champion du monde dans l’équipe, Cobus Reinach. Est-ce que cela vous ajoute de la pression ?

Pas plus que cela, non. J’ai affronté Cobus à quelques reprises, et j’ai même échangé avec lui sur ma venue ici. Il m’a dit que j’allais me régaler. Mais j’ai toujours été moi-même sur le terrain, je n’ai jamais essayé de ressembler à quelqu’un ou à me comparer à lui. Je suis là pour une raison, les coachs m’ont voulu pour une raison et c’est de jouer mon jeu. Tu ne veux pas te mettre de la pression par rapport à quelqu’un qui est ou a été là, il faut vivre dans le présent.

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Vous comptez 68 sélections avec l’Écosse, vous avez affronté à maintes reprises le XV de France donc vous connaissez bien les demis de mêlée tricolores comme Antoine Dupont, Maxime Lucu ou Baptiste Couilloud. Avez-vous gardé quelques souvenirs de ces duels ?

J’ai affronté Maxime Machenaud également, et Baptiste Serin. Après le match, ce sont tous des bons mecs, même si l’on ne se fait pas de cadeau pendant 80 minutes. Mais j’adore la liberté de jeu avec laquelle ils évoluent. C’est aussi une des raisons qui m’ont convaincu de venir ici, car on est beaucoup moins libre en Écosse. Ce sera un sera challenge de se mesurer à eux tous les week-ends. La France a toujours eu une grande tradition de grands demis de mêlée. Et cela est encore le cas quand on voit Jauneau, Le Garrec… Il y en a partout ! Je peux tous les nommer et j’ai hâte de les affronter. Et chacun possède son style de jeu, j’adore ça.

Antoine Dupont devrait faire son retour en cours de saison…

Ce mec… ce mec ! Il est terrible hein ! (rires) Je l’ai affronté trois ou quatre fois avec l’Écosse et pfffff… Il a été incroyable sur les quatre ou cinq dernières saisons. C’est vraiment le meilleur neuf et le meilleur joueur de la planète, point. Je suis sûr qu’il retrouvera son niveau. Et son retour ajoute à mon excitation. Il a joué à VII, il a décroché l’or olympique… Il est une locomotive de ce championnat. En plus, il évolue au sein d’une équipe qui ne joue pas trop mal, n’est-ce pas ? (rires)

Vous n’êtes pas aussi libre en Écosse ?

Il y en a mais au sein d’une structure de jeu. En Écosse, on aime le jeu de mouvement mais tout est très organisé. En France, j’ai l’impression que l’on joue plus spontanément, en fonction de ce que l’on a en face de nous. Tout le monde s’adapte au choix de l’autre. Et je trouve ça cool.

Ali Price face au RCT pour ses débuts officiels avec le MHR. Icon Sport

Vous avez également participé à une tournée des Lions britanniques. Qu’est-ce que cela représente aux yeux des joueurs anglo-saxons ?

Chez nous, c’est vraiment le top. Rien ne surpasse les Lions. Pas même une sélection en Coupe du monde. Je n’ai même jamais osé en rêver ni me le fixer en objectif tellement cela me paraissait inaccessible. Mais quand cela m’est tombé dessus, je n’en revenais pas. Je l’ai appris en même temps que tout le monde, devant ma télévision. J’étais très très ému. Puis une fois que l’émotion est retombée, tu passes à un autre sentiment…

Lequel ?

Certains anciens te disent que la convocation est la partie la plus facile. Et ils ont raison. Car maintenant que tu es appelé, tu veux jouer. Et pour chaque poste, tu as quatre, cinq ou six des meilleurs joueurs d’Europe. Tout le monde se tire la bourre pendant des semaines pour jouer les trois derniers matchs, les vrais tests. Donc c’est une drôle d’aventure. Quand j’ai été sélectionné, Mike Blair qui était mon coach m’a envoyé un texto qui m’a marqué et que j’ai gardé. Il m’a donc dit qu’être appelé était la partie la plus facile, mais que je ne devais pas y aller en spectateur. Que je ne devais pas me laisser impressionner par les autres, ou me dire que je ne méritais pas ma place. Il fallait que je sois acteur de mon aventure, et que profite à fond de chaque instant pour ne rien regretter. J’ai finalement connu une tournée un peu particulière car en 2021 le Covid faisait rage partout dans le monde et spécialement en Afrique du Sud où nous étions. Nous avons finalement perdu 2-1, mais désormais j’ai ma cape, mon numéro des Lions, quelques maillots que j’ai précieusement gardé et j’ai réalisé ce que je voulais réaliser.

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En préparant cette interview on a découvert que vous êtes né en Angleterre, à King’s Lynn une ville située dans l’est du pays et finalement assez loin de l’Écosse…

Ma mère est écossaise, et mon père anglais. J’ai pris la décision de jouer pour le XV du Chardon quand j’avais 18 ou 19 ans. Avec mon frère et mes parents, on a longtemps vécu en Angleterre, j’ai grandi là-bas. Mais je voulais rendre hommage à ma mère, la rendre fière en jouant pour son pays de naissance. Cela s’est donc réalisé quand j’ai joué pour les U18, puis les U20 et c’était vraiment génial de la voir aussi heureuse. Mon père est tout aussi fier de moi d’ailleurs, même s’il est Anglais.

Votre père n’est pas déchiré pendant les Angleterre Écosse ?

Non, pas du tout. Il a choisi son camp et il supporte son fils ! Donc il est un supporter de Montpellier maintenant !

Vous portez également de nombreux tatouages, faites-vous une compétition avec Stuart Hogg ?

Non pas du tout ! Ce sont des tatouages faits un peu au hasard, il n’y a pas vraiment de cohérence entre eux. Celui-là (il montre des papillons) évoque le développement personnel, d’autres parlent d’autres trucs… Mais le plus spécial est celui-là (il montre l’intérieur de son avant-bras droit) : il représente ma partenaire Annie et notre petite fille Luna. Je suis romantique, c’est mon côté français ! (rires) Comme ça, elles sont toujours avec moi. Mais je n’exclus pas la possibilité de faire d’autres tatouages.

Vous êtes-vous fixés des objectifs personnels ?

Je veux être à mon sommet. Je veux aider l’équipe à atteindre son objectif, qui est de se qualifier en Top 14 et aller le plus loin possible en Challenge Cup. Je pense que j’ai encore beaucoup à apporter. Et en dehors du terrain, je veux vivre l’expérience à fond, apprendre le français. Ma fille va maintenant à la crèche et il est hors de question qu’elle parle mieux français que moi ! (rires)

https://www.rugbyrama.fr/2025/09/08/top-14-antoine-dupont-ce-mec-est-terrible-hein-ali-price-se-livre-sur-son-arrivee-a-montpellier-12913338.php

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