Le Gers peine à se relever après les violents orages du 31 août, qui ont fortement touché la vigne juste avant les vendanges. Ce territoire subit fréquemment de tels épisodes en raison de sa situation géographique. Explications.
Le département du Gers est régulièrement le théâtre de violentes intempéries. Les dernières en date ont occasionné de gros dégâts dans les vignes. Cette météo extrême est amenée à se reproduire dans les prochaines années. On vous dit pourquoi.
Des inondations, des arbres arrachés, des grêlons dans les vignes, le département du Gers et plus particulièrement sa partie ouest a été une nouvelle fois frappé par de violents orages ce dimanche 31 août. La viticulture est lourdement impactée à la veille des vendanges.
« Ces phénomènes extrêmes se multiplient : canicules, sécheresses, grêles », s’inquiète David Taupiac, député renaissance de la 2ème circonscription du Gers, sur son compte Facebook. « Le réchauffement climatique menace directement l’appellation Côtes de Gascogne et, avec elle, tout un pan de notre économie locale et de notre patrimoine ». L’élu va demander la mise en place du dispositif des calamités agricoles.
À chaque passage de vague orageuse, le Gers semble comme « ciblé » par la météo. Mais pour les spécialistes, cette situation n’est en rien due au hasard mais bien à sa position géographique : « Le Gers est pile sur la trajectoire des masses d’air chaudes qui remontent du haut plateau espagnol jusqu’au Massif Central, explique Jean-Frédéric Bondet, météorologiste conseil chez Météo France.
⛈️ Des orages supercellulaires circulent entre Gers et Tarn-et-Garonne. Vents violents et déluge de grêle observés à Gondrin ! 💨 (© Jean-Louis Duberger) pic.twitter.com/yUt6maoKSH
— Météo Express (@MeteoExpress) August 31, 2025
« C’est ce qu’on appelle un flux de sud, et cela favorise le risque d’orages. », poursuit-il. Le département, comme pris en sandwich entre l’Espagne et le massif central. Mais il connaît également une forte disparité, entre sa partie ouest, sous influence océanique, et Est, sous influence méditerranéenne. Un cocktail détonnant, qui le place en première ligne.
« Il peut 30% de plus dans la partie ouest que la partie est », note le météorologue « Sur l’ouest du département, on est en moyenne à 1000mm de précipitations par an, alors qu’à l’Est, les normales climatiques ne dépassent pas les 700mm. ». La situation devrait même s’aggraver dans les années qui viennent.
📈🌳 Si le réchauffement ne ralentit pas, le climat de France sera totalement redéfini d’ici la fin du siècle. Climats aquitain et méditerranéens gagneront une bonne partie du pays, modifiant les paysages et les espèces végétales. Notre article ➡️ https://t.co/5qDyBJI1KT pic.twitter.com/wgl11pFwD3
— Guillaume Séchet (@Meteovilles) August 28, 2024
Grêle, vents violents, pluies torrentielles, et même tornades pourraient faire partie du quotidien des habitants de ce département en raison du réchauffement climatique, qui aggrave les phénomènes. Selon Clément Albergel, chercheur au bureau du climat de l’ESA. « Le changement climatique impacte particulièrement les événements hydro-climatiques extrêmes.« .
Cela ne veut pas pour autant dire que des événements similaires vont se reproduire dès l’été 2026, avec la même répétition et la même intensité. Mais le rapport du GIEC est clair : ces intempéries violentes seront plus fréquentes et les habitants du Gers vont devoir s’y habituer et s’y adapter.
