« Former les citoyens de demain », « Ma vocation depuis la 6e »… ces enseignants qui vont vivre leur première rentrée en Occitanie

Alors que la profession est frappée par une profonde crise d’attractivité, qui sont ceux qui suivent cette vocation ou décident de quitter leur métier pour embrasser celui d’enseignant ? Galerie de portraits parmi des profs stagiaires du Gard et de l’Hérault.

A quelques heures de leur première rentrée, ils sont sans doute aussi nerveux qu’un élève de CP ou de 6e aux portes d’un nouveau monde qui va s’ouvrir à eux. Ces professeurs stagiaires incarnent les nouveaux visages de l’enseignement, vocations toutes tracées ou destins réorientés, à contre-courant de la crise d’attractivité qui frappe le monde éducatif.

Découvrir La Tenue des Pros

« Je les ai félicités d’avoir choisi cette voie et embrassé cette noble mission car c’est aussi une lourde responsabilité », glissait il y a quelques jours la rectrice de l’académie de Montpellier, Carole Drucker-Godard, à l’heure de les accueillir.

« J’ai toujours aimé rendre service aux autres »

Affecté dans un collège nîmois en tant que professeur de SVT, Christophe Valentin raconte un parcours qui coule de source, « une passion pour ce métier que j’ai toujours eue, parce que je suis altruiste et que j’ai toujours aimé rendre service aux autres, que ce soit dans la compréhension des cours ou la vie de tous les jours. »

Une attirance pas même rompue par ces bruits de fond de classe où il est souvent question de bas salaires, de manque de respect des élèves et des parents et d’injonctions du ministère. « Je me suis dit au contraire qu’il y avait besoin d’enseignants », assure Christophe.

PLUS INFO  EN DIRECT Feria de Béziers : un 15 août brûlant et du monde attendu partout dans les rues… Suivez la troisième journée avec nous

« Revenir à mon rêve de jeunesse »

La même étincelle éclaire le regard juvénile d’Antoine Carlier, nouveau prof d’EPS au collège Paul-Valéry de Roquemaure : « C’est quelque chose que je veux faire depuis que je suis en 6e. J’ai toujours eu des profs d’EPS qui m’ont passionné. J’ai toujours aimé le sport et apprendre des choses aux autres, même si après cinq ans d’études, on aimerait être un peu plus rémunéré. »

Antoine, jeune professeur d’EPS affecté au collège de Roquemaure Midi Libre – Richard Gougis

Et puis il y a ceux et celles qui embrassent la profession comme on retrouve un amour de jeunesse perdu de vue. Typhanie Gallibert est de celles-là. Professeure d’arts plastiques au collège de Bouillargues (Gard), c’est le retour, à 40 ans, à ses rêves d’étudiante. « Je suis finalement devenue architecte d’intérieur puis pâtissière mais j’avais fait le tour. Je voulais passer à autre chose, revenir à mes fondamentaux. »

Typhanie, du métier d’architecte à celui de professeur d’arts plastiques. Midi Libre – Richard Gougis

« Partager mes connaissances avec des jeunes »

Après avoir été à son compte pendant dix ans, avec des hauts et des bas financiers, la question des salaires ne la taraude pas spécialement : « Là, au moins, c’est quand même plus stable et, à 40 ans, mûrement réfléchi. »

Même sourire mais parcours différent pour Marie Hernandez, future prof de SVT dans les collèges de Quissac et Saint-Saint-Hippolyte-du-Fort. Cette ingénieure territoriale, chargée de mission ressources en eau sur le bassin-versant du Vidourle, a elle aussi décidé de remonter le courant de son histoire à 38 ans : « L’envie de changer de travail et de partir dans l’enseignement pour partager mes connaissances et former des jeunes ».

Marie, professeur de SVT dans deux collèges du Gard Midi Libre – Richard Gougis

Onze jours de formation dans l’année

Elle a Bénéficié du détachement dans la fonction publique qui lui permettait d’accéder à un poste de professeur sans concours. « En tant que doctorante dans le domaine de l’eau, j’avais déjà enseigné à des licences et des masters, précise-t-elle. Cela m’avait donné l’envie de transmettre et enseigner. » Sans perdre en salaire et « en gagnant en nouvelle expérience professionnelle »

Du rêve à la réalité, il y a souvent un fossé que la formation s’efforce de gommer : « Onze jours dans l’année pour moi », précise Marie, également chapeautée à Saint-Hippolyte par une tutrice « qui m’a aidée à préparer les cours. »

« Aider les élèves à devenir les citoyens de demain »

Laurenç Trichot, qui sera professeur stagiaire à mi-temps en histoire-géographie au collège Les Aiguerelles (Montpellier), brandit, lui, un Capes fraîchement obtenu. Le Catalan s’est naturellement dirigé vers l’enseignement après des études d’archéologie aux contours un peu flous : « Dans le secteur de l’archéologie il est difficile de trouver un poste stable et des revenus, donc je me suis destiné à l’enseignement pour le moment. Ça va m’apporter une expérience enrichissante et aider les élèves à devenir des citoyens. C’est important dans notre société. »

Laurenç, nouveau professeur d’Histoire-géographie à Montpellier. Midi Libre – Richard Gougis

7 % des profs stagiaires jettent l’éponge la première année

Entre cours et formations, un métier qu’il va surtout falloir apprendre au quotidien. En espérant ne pas faire partie des 7 % de professeurs stagiaires qui jettent l’éponge dès la première année.

PLUS INFO  Hérault : l’élite du BMX débarque à Sérignan pour un show taille XXL

Réforme : recrutement dès la 3e année de licence

Alors que les concours de recrutement d’enseignants ne font toujours pas le plein, en particulier dans les matières techniques et scientifiques, le ministère de l’Éducation annonce une mesure forte pour répondre à cette crise d’attractivité.

Il sera désormais possible pour les étudiants de s’engager dès leur troisième année de licence (contre bac + 5 actuellement). Une licence dédiée (licence LFP) préparera d’ailleurs spécifiquement au professorat des écoles.

Les lauréats du concours bénéficieront d’une formation statutaire rémunérée durant les deux années de master. Le Ministère de l’Éducation précise que, dès cette rentrée 2025, des modules d’accompagnement de 60 heures seront proposés dans les universités pour aider les étudiants à se préparer à cette nouvelle voie d’accès.

Le concours en master restera ouvert en 2026 et 2027 pour ceux qui s’y préparent. Avec, donc, un double canal de recrutement pendant deux ans.

https://www.midilibre.fr/2025/09/01/former-les-citoyens-de-demain-ma-vocation-depuis-la-6e-ces-enseignants-qui-vont-vivre-leur-premiere-rentree-en-occitanie-12899626.php

.

S'inscrire

spot_imgspot_img

A découvrir aussi
Toute l'info à Béziers

Près de 4 000 spectateurs dans les arènes : Roberto Alagna signe un retour triomphal 38 ans après avoir chanté à Béziers

Le ténor Roberto Alagna a retrouvé Béziers pour un concert caritatif au profit de la lutte contre le cancer du sein. Près de 4 000 spectateurs ont salué son retour, trente-huit ans après son premier triomphe local.

Près de 4 000 spectateurs dans les arènes : Roberto Alagna signe un retour triomphal 38 ans après avoir chanté à Béziers

Le ténor Roberto Alagna a retrouvé Béziers pour un concert caritatif au profit de la lutte contre le cancer du sein. Près de 4 000 spectateurs ont salué son retour, trente-huit ans après son premier triomphe local.

Près de 4 000 spectateurs dans les arènes : Roberto Alagna signe un retour triomphal 38 ans après avoir chanté à Béziers

Le ténor Roberto Alagna a retrouvé Béziers pour un concert caritatif au profit de la lutte contre le cancer du sein. Près de 4 000 spectateurs ont salué son retour, trente-huit ans après son premier triomphe local.

Près de 4 000 spectateurs dans les arènes : Roberto Alagna signe un retour triomphal 38 ans après avoir chanté à Béziers

Le ténor Roberto Alagna a retrouvé Béziers pour un concert caritatif au profit de la lutte contre le cancer du sein. Près de 4 000 spectateurs ont salué son retour, trente-huit ans après son premier triomphe local.