Alors que tous les voyants étaient au vert pour le CAB, qui menait 17-0 et qui évoluait à 15 contre 14, une erreur briviste a permis à Vannes de revenir dans le match. Retour sur une action qui a sonné comme un tournant dans ce match.
Nous jouions la 28e minute de ce premier choc du Pro D2, les Brivistes évoluaient en supériorité numérique après le carton rouge reçu par le centre vannetais Francis Saili, ils menaient 17-0 après deux beaux essais de John Cooney. Tous les voyants étaient au vert pour le CAB. Jusqu’à ce que le machine déraille en un grain de sable. Sur le renvoi, les Noir et Blanc se décidaient de se lancer dans une attaque lointaine, en écartant le ballon dans leurs 22 mètres. Une volonté de faire vivre le ballon, de déplacer les Vannetais qui avaient un joueur de moins derrière. Mais une « erreur individuelle », comme l’a qualifiée David Darricarrère dans cette partie du terrain s’est avérée fatale. Le centre Eto Bainivalu a pris le risque de tenter une chistera pour son compère Nic Krone. Une transmission hasardeuse récupérée finalement par l’ailier adverse Eliott Roudil. Deux temps de jeu plus tard, les Corréziens, pas suffisamment replacés, étaient surpris par le demi de mêlée Mikheil Alania autour d’un ruck. Le RCV revenait à 17-7 et reprenait le « momentum », expression à la mode.
Des intentions à louer, un tri de ballons à effectuer
Cette attaque des Brivistes de leur camp était-elle justifiée ? « Sur le terrain, on s’est dit qu’on devait la tenter, répond le troisième ligne Samuel Maximin. Au final, ils ont marqué, c’est de notre faute. Nous étions un peu euphoriques. On venait de marquer et de prendre un peu le large au score. Je pense qu’il y a eu un peu trop d’euphorie et nous nous sommes peut-être un peu relâchés à ce moment-là. Tout le travail, maintenant, c’est de trier ces ballons, de ne pas être trop dans l’euphorie justement. Ce sera un travail de la charnière et des arrières de voir si on peut jouer ces ballons ou s’il faut taper loin. »
Car les intentions de jeu sont à louer du côté briviste. Sous la houlette de David Darricarrère, le CAB a pris un virage qu’il assume : embarquer le public avec lui, en développant un jeu différent des dernières années. On a d’ailleurs vu le technicien faire de grands gestes et parler à sa charnière expérimentée irlandaise composée de John Cooney (35 ans, 11 sélections) et du capitaine Stuart Olding (32 ans, 4 sélections) dès le début de match après le premier renvoi tapé par Maxime Lafage quand l’ouvreur, dans ses 22 mètres, avait pris la décision de se dégager au pied. Le manager corrézien aurait sûrement préféré tenter quelques temps de jeu supplémentaires pour essayer de déstabiliser le solide édifice breton. Ce qu’ils auront fini par faire quelques minutes plus tard, avec la mésaventure que l’on connaît…
« L’intention de départ est très bonne, souligne David Darricarrère. Julien (Tisseron, l’arrière du CAB) peut taper aussi, mais s’il décide de faire la passe de plus, on fait la passe de plus. Après, il faut conserver ou jouer au pied mais ne surtout pas se débarrasser du ballon et le perdre de cette façon-là dans cette zone du terrain. Pour le coup, il (Eto Bainivalu) le jette. C’est un petit péché de gourmandise. C’est ça qui les remet dedans alors que nous avions le match en mains et qu’ils étaient 14. C’est dommage, mais il faut aussi apprendre. On va tâcher d’être un peu plus propres sur ces situations-là. » Ce grain de sable n’efface ni les intentions louables, ni l’élan nouveau insufflé au jeu briviste. Le CAB a osé, et si l’audace comporte des risques, elle est aussi porteuse d’avenir.
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