Arrivé cet été en provenance de La Rochelle, Teddy Thomas prend ses marques avec sous ses nouvelles couleurs toulousaines. L’ailier international (31 ans, 28 sélections) ne manque pas d’enthousiasme au moment de commencer sa nouvelle aventure avec les champions de France en titre.
Comment se passe le début de votre aventure à Toulouse ?
Pour le moment, ça se passe très bien. J’ai été super bien intégré par le groupe. J’ai la chance de connaître quand même pas mal de joueurs depuis de certaines années maintenant, ça facilite les choses. Je suis très ravi d’avoir rejoint cette équipe et très content de mon choix.
Vous avez pu profiter d’une longue période de repos cet été après votre dernier match avec La Rochelle (7 juin) et la reprise avec le Stade toulousain (11 août). Comment avez-vous géré cette intersaison ?
C’est la première fois que j’ai eu autant de vacances. Ce n’est pas forcément déplaisant, surtout quand tu as deux enfants (rires) mais c’est également assez bizarre. J’ai pu profiter de mes proches et prendre vraiment un temps pour moi. Il y a également fallu préparer le déménagement, ce qui prend toujours du temps. Et à côté de ça, je me suis pas mal entraîné pour arriver avec pas trop de retard sur cette présaison. On va dire, grosso modo, sur les deux mois de vacances que j’ai eues, j’ai vraiment coupé trois à quatre semaines.
On peut dire que vous êtes en pleine forme donc…
Oui, je me sens très bien. Pas du tout en retard par rapport à mes coéquipiers, mais pas non plus hyper en avance : le bon juste milieu. Je n’ai pas trop voulu en faire en présaison parce que tu peux te dégoûter très rapidement. Je commence à être expérimenté (rire) donc j’ai tenté de gérer mon corps de manière idéale.
Durant votre carrière, vous n’avez jamais caché à quel point les blessures vous pesaient sur le plan psychologique. Ces pépins physiques sont-ils derrière vous ?
Malheureusement, ce sont des choses qu’on ne peut pas anticiper. Je le souhaite en tout cas. Les blessures font partie de notre métier. Je sors tout de même de deux dernières saisons pleines, ce qui est positif. Aucun pépin physique ne m’a éloigné des pelouses très longtemps, j’espère continuer sur cette lancée dans les prochains mois. Malgré mon âge avancé, je me sens bien dans mon corps et surtout très bien suivi et très bien accompagné. Je compte bien jouer le plus de matchs possibles sur mes années toulousaines.
Vous êtes réputé pour vos qualités en attaque et l’amour que vous avez pour les espaces. Il semblerait que le jeu toulousain vous corresponde…
C’est un style de jeu qui, je pense, me correspond. Dans ma carrière, on m’a plusieurs fois demandé pourquoi je n’ai pas signé à Toulouse plus tôt. J’ai fait des choix différents, que je ne regrette pas du tout. Mais effectivement, je me sens à l’endroit où je dois être, où je me sens bien, où je me sens compris. Je sais quand même que jouer au Stade toulousain demande beaucoup d’exigence et de rigueur si tu veux être performant. Comme je l’ai dit auparavant, j’ai la chance de connaître beaucoup de monde dans cette équipe. Les automatismes, qui font que tu peux fulgurer en attaque, devraient arriver assez rapidement. Sur le papier, c’est excitant.
Vous êtes engagé jusqu’en 2028, vivez-vous ce passage à Toulouse comme le dernier défi de votre carrière ?
Je n’y pense pas forcément, mais ça reste des maths. À la fin de mon contrat, j’irai sur mes 35 ans. Je ne vais pas être éternel. Je le prends en tout cas comme un dernier gros défi. Je crois que je n’ai jamais été autant excité dans ma carrière d’arriver dans une nouvelle équipe avec un nouveau challenge comme ça. Avec mon expérience et mon vécu, fait de hauts et de bas, je pense arriver au meilleur moment de ma carrière dans ce club pour produire le meilleur rugby que je puisse proposer. Ces trois ans vont passer très vite. Et puis, on verra par la suite ce que mon corps me dira de faire. C’est lui qui choisira pour moi.
Vous débarquez chez les triples champions de France en titre, ressentez-vous de la pression ?
Non, pas forcément. Tous mes choix dans ma carrière n’ont pas été faits afin d’aller dans un club où je peux jouer facilement. Je trouve que la concurrence amène énormément de choses positives dans un effectif et aussi dans un titre personnel. Donc de la pression, franchement, maintenant, je n’en ai plus trop. C’est plus de l’excitation et de la motivation. Et encore, je me répète, mais j’ai quand même la chance de connaître les trois quarts de l’équipe. Je pense que quand tu arrives dans un effectif où tu connais très peu de monde, ça t’amène une certaine pression. Par contre, si on se met à perdre, effectivement, je me poserai des questions. Parce que je me dirais que ça marchait quand je n’y étais pas et que ça ne marche plus depuis que je suis là. J’espère que ça n’arrivera pas.
La saison dernière, vous avez évolué à plusieurs reprises au poste de second centre avec La Rochelle. Avez-vous discuté de cette polyvalence avec le staff ?
Effectivement, on en a parlé. Ma priorité, c’est de jouer le plus souvent possible et produire le meilleur rugby possible. Maintenant, que ce soit au centre ou à l’aile, je pense que ça ne change pas grand-chose. Dans le jeu du Stade toulousain, il n’y a pas réellement de poste qui prime. Tout le monde peut jouer à n’importe quel poste, le poste où on m’alignera m’importe peu pour tout dire.
Il y a deux ans, lors du sacre en Champions Cup avec La Rochelle, vous aviez avoué dans Midi Olympique « ne pas vous sentir champion » car vous n’aviez pas joué la finale. Avez-vous en tête l’ambition de débuter une finale de cette compétition avec Toulouse pour avoir l’occasion d’effacer cette déception ?
C’est encore trop loin pour le moment. Je n’ai pas encore joué un match officiel avec Toulouse. Mais en tout cas, j’essaie d’avoir une mentalité de champion et j’ambitionne de gagner le plus de titres possible. Donc oui, j’ai fait partie du groupe qui a gagné le deuxième titre de champion d’Europe de La Rochelle en 2023. Mais par contre, moi, personnellement, je ne me considère pas champion. Je n’ai pas touché le trophée, je n’ai aucune photo avec. Je suis très honnête à ce sujet. Je suis très content d’avoir fait partie du groupe mais je ne peux pas me considérer champion. Moi, je veux être sur le terrain. Je veux… Comment dire ? Je veux « mériter » ce titre-là en jouant et en rendant service au collectif. On verra de quoi demain est fait. Mais j’espère évidemment pouvoir disputer des finales avec le maillot de Toulouse.
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