Réputé pour sa magnifique architecture, ses ruelles pentues, ou encore sa proximité avec le Caroux et l’Espinouse, Olargues possède également un important patrimoine historique comme en témoigne son label Pays d’art et d’histoire. Explications avec Jean Greslé, guide touristique pour l’office de tourisme Minervois-Caroux.
Beaucoup connaissent Olargues pour son architecture particulière et sa beauté à couper le souffle. Toutefois, nombreux sont aussi ceux qui ne connaissent pas l’histoire de la commune. Car oui, en plus d’être classé parmi les cinq plus beaux villages de France par le quotidien britannique « The Times » en 2025, il faut savoir que la commune possède un important passif historique.
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Le castrum comme berceau
Fondé au XIIe siècle durant le Moyen-Âge, Olargues est apparu en pleine période de prospérité pour le Languedoc. Au croisement entre les routes reliant Béziers à Rodez et Agde à Toulouse, sa position stratégique entre ces puissantes villes de l’époque faisait de l’endroit un lieu déjà fréquenté. « La zone était très riche en matériaux, ressources minérales et or. Elle connaissait ainsi pas mal de passage. Pons Ier d’Olargues, fils de Guillaume de Minerve, en a alors profité pour construire le premier castrum et officiellement créer le village« , explique Jean Greslé, guide touristique pour l’office de tourisme Minervois-Caroux.
Si les origines de la fondation de la commune sont assez unanimes, l’origine de son nom, l’est quant à elle beaucoup moins : « Personne ne sait vraiment. Il y a tout un tas de théories qui tournent à ce sujet. L’une d’elles serait qu’il proviendrait du nom d’un seigneur germanique, mais cela n’est absolument pas avéré« , souligne celui qui est guide depuis 2023.
Le pont du Diable, la pièce maîtresse
Les charmantes maisons visibles en se baladant dans les ruelles du village datent du XIIIe, XVe, et majoritairement du XVIe siècle. Suite à la destruction des forteresses du castrum, ordonnée en 1629 par le cardinal de Richelieu, les Olarguais ont décidé de construire de nouvelles demeures et l’église Saint-Laurent, inaugurée en 1688, avec les décombres présents sur place.
Mais parmi tous ces édifices chargés d’histoire, l’un d’eux, encore plus ancien, donne à Olargues une saveur particulière : le célèbre pont du Diable. Construit au-dessus de la rivière du Jaur aux alentours de 1150, avec du marbre local, il s’agit du deuxième pont le plus grand de cette période avec 32 mètres de diamètre pour l’arche centrale.
« D’après la légende, la construction aurait duré une seule nuit, raconte Jean Greslé avec le sourire. Il a été nommé ainsi car le Diable aurait accepté l’édification du pont et assuré sa solidité contre l’âme du premier qui le franchirait.«
Une tradition de commerce
À Olargues, se perpétue une tradition de commerce. Celle-ci a commencé lors de l’Antiquité, alors que le castrum, et donc le village, n’étaient pas encore bâtis. La zone étant riche en matériaux, ces derniers étaient acheminés jusqu’à Agde, ancien gros comptoir qui s’occupait de commercer avec l’Est méditerranéen.
Fort de cette richesse, le lieu a également bénéficié d’une localisation et d’un climat avantageux pour voir fleurir des cultures variées.
Les Grecs ont introduit cette culture viticole en plantant les premières vignes dès le Ve siècle avant JC. Le secteur viticole a ensuite été largement développé par l’Empire romain, qui multipliait les récoltes pour exporter le vin dans tout le bassin méditerranéen.
La diversification des cultures
Au fil du temps, d’autres plantations se sont ajoutées, comme celles d’olives, châtaignes, ou encore marrons. « À partir du XIXe siècle, l’apparition du chemin de fer a permis aux marrons d’Olargues d’être acheminés à Paris en peu de temps. Ils ont connu un succès fou et une renommée nationale« , relate le guide touristique.
Finalement, les raisons de la popularité d’Olargues sont diverses. Pour Jean Greslé, en plus d’être une « petite localité, mais très dynamique dans un superbe écrin de verdure« , la commune a su « vivre et évoluer avec son temps. Ici, le patrimoine est géographique, historique, architectural, mais aussi humain.«
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