Si tout n’a pas été parfait face à l’Italie, la mêlée du XV de France féminin a tenu son rang en emportant le pack adverse. Une des clés du succès bleu.
Chaque entraîneur, amateur ou professionnel, le dira : lorsque vous n’arrivez pas à concrétiser, il faut se concentrer sur les choses simples, le jeu de base. C’est ce qu’ont réussi à faire les filles du XV de France ce samedi sur la pelouse du Sandy Park. En gros manque de réalisme durant le premier acte, les Bleues se sont évité la crise de panique en maîtrisant la mêlée, secteur aussi symbolique qu’important dans le rugby. Il a d’ailleurs fallu se mettre les cervicales en place rapidement puisque c’est dès coup d’envoi de Carla Arbez que la troisième ligne italienne Alissa Ranuccini a commis la première des nombreuses fautes de main de la soirée.
Le seul secteur de confiance
Avec la puissance du trio Brosseau-Bigot-Khalfaoui, la mêlée française a toujours fait reculer son opposante, pour mettre dans les meilleures conditions possibles la ligne d’attaque et faciliter les nombreux départs de Teani Feleu. Même à la sortie de l’entièreté de la première ligne (58e), la différence de niveau entre les deux équipes a continué d’exister, avec notamment une poussée défensive ravageuse (75e). La mêlée a aussi été une façon de garder la maîtrise du territoire, en mettant une lourde pression sur l’Italie, dans un match où les imprécisions en touches et la faiblesse sur les ballons portés (comme face à l’Angleterre en match de préparation) n’ont pas manqué. « Clairement, sentir qu’on prend vraiment le dessus sur les mêlées nous met en confiance, confiait après la rencontre la co-capitaine Marine Ménager. On sent que nos avants sont fortes et ça transpire sur l’ensemble du collectif. Ça a d’ailleurs dû leur faire du bien à la tête car c’est l’une de nos forces et on avait eu du mal à le montrer sur nos dernières sorties. On avait envie de passer un message fort sur ce premier match de Coupe du monde. » À la 5e minute, l’effort du pack français a permis à lui seul de récupérer proprement le ballon sur introduction adverse, à cinq mètres de la ligne italienne. Une action qui a obligé, trois minutes plus tard, les Transalpines à précipiter leur sortie de camp suite à une nouvelle mêlée.
En point d’orgue, il y avait surtout cette incroyable épreuve de force à la 18e minute, lorsque le pack français a marché pendant dix mètres sur le huit de devant italien pour obtenir une pénalité. Une action qui a amené une énorme occasion d’essai pour Ménager. Cela a d’ailleurs été une récurrence. Toutes aussi dominatrices ont elles été en mêlée, et malgré un ratio de 100 % de ballons conservés sur leurs propres introductions, les Bleues ont été frustrées par le manque d’efficacité qui a suivi ces efforts. Jamais ou presque, le pack tricolore a été récompensé par ses trois-quarts pour avoir martyrisé les Italiennes. Plus qu’un gros point de satisfaction (peut-être l’un des seuls), la mêlée a surtout permis aux Françaises de garder la main sur le match.
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